‹ Histoire du siège de MissolonghiChapitre 15 sur 21 · SI78 . HISTOIRE DV SUÉ6E · texte numérisé non relu

SI78 . HISTOIRE DV SUÉ6E

inents devaient bientôt s'épuiser. Tout ce qu'avait à faire leur ennemi était d'empéchèr la flotte grecque de leur en fournir de nouveaux. Pour remplir ce d^ein, il résolut de s'emparer des

le service! funèbre de la garnison, célébré, nous a-t-on dit, par la garnison elle-même , et la communion générale dont tout le monde parie encore chaipie jour. Mais j'ai dA n'admettre dans mon récit que des Aûts oerudns; et cette imposante scène, inventée sans doote par quelque Gwe des iles Toaîeiines , ù l'imitation du service funèbre des trois cents ^ n'est pas plus vraie que l'entrée de Constantin Botzaris dans Missolongbi, que ^arrivée de Gouras et de Fabvier aous les nttTs de la pièce « que la bleasuM d*IiMraliim , etc. etc. La garnison a toujours pensé qu'elle résisterait à tous les assauts des Arabes , pourvu qu'on lui donnât des vivres. Elle a espéré jusqu'aru dernier moment que Miaouli pourrait lui en foamir; et lorsque enfin cette espérance s'est évanouie, les. héros de la Grèce Occidentale se sent flattés que la Tictoire les conduirait à travers les hordes d'Ibrahim. Quant ft la population qui, sans armes , ou affaiblie parles blessures et la maladie, ne pouvait suivre les «guerriers, elle a fa.it sans appareil les apprêts de son martyre. Le 20 février, jour où lV>n veut <^ cette communion funèbre ait eu lieu, la vilie, âinsi que mes lecteurs viennent de le voir, bien loin d'érre à l'agonie y n'avait pas encore été attaquée parles Arabes, elle possédait au moins pour un mois de vivres , et ses défenseurs, au lieu de songer à célébrer leurs funérailles, ne doutaient point qu'ils ne parvinssent à détruire l'armée du sa* trape égyptien.

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princîpalés positions qoi défendaient teBlagoaetr. Sa flottille de cfasionpes canonnières sôf^t'tiu: port d'Aspris A.likis, et rompit la communication, entre Anatolico et Missolonghi.* Le 6niaps un vaisseau à vapeur arriva de Patras, traînant à sa suite plusieurs petits bâtiments^ Aussitôt neuf chaloupes et dix -huit lanizonià (a) entrèrent dans le bassin par le canal de Yassiladis. Trois jours après/le reste de la flottille sVvança- contre le fort bâti dans cet îlot ; et le faible poste grec qui s*y trouvait , se vit entouré de tous côtés. Les boulets et les bombes que tant de barques armées lançaient sans relâche contre ces guerriers^' ne purent les intiniider. Privés de tout secôjurs^ ik n'ignoraient point qu'ils devaient finir par succomber; mais ils sentaient comlMen, il était important pour Missolonghi qu'ils prolongeassent leur défep$e. Effrayé de leur résolution, l'ennemi n*osait tenter un débarquement^ et tout sânblait leur promettre un succès momentané , lorsque, vers le soirs une bombe tomb^ sur leur magasin à poudre qu'on n*avàtt pas en lé soin de bKhdofv et le Bt sauter à l'instant. A cette vue, les I;>ar-

bares s eiaticeat de toutes parts parviennent à prwdre terre* Une ^grande partie des soldats

grecs avaient péri dans Fexplosion. Ceux qui restaÎADt^ne pouvaient espérer qu'une mort gioliense, ils rôbtkHrent^ et tombcrent presque loua, les armes à la maia, après Vêtre vengés d'avflinoe. Qiiek)UQB*ttiis seulement, se voyant seuls au milieu d'une foule d'ennemis, et craij^Qant/dfétre pris vivants, se précipitèrent dans les fiels et ràùssireDt i rentrer dans Misso* longbi. < •

• Ia prise de Vasailadis devait avoir' pour Ibrahim les résultats les plus heureux. La flotte turque avait désormais, un point d appui pour ffés•sterlall«^raBsséatlX gi^ecs, et les petites barques ottomanes pouvaient parcourir sans obstacle «une. parlie du bassin» • Espérant d'en- • ooeiipsr bientôt toute l'étendue, lé féroce Égyptien résolut d'attaquer d'abord les lies de Mtoulma, de Pofos-et d'AjBSlolioQu 'Tandis que soixante Amtzpnia, dont les plus petits portaient de cin* quAntâ« à Soixante bonmes, et Us pkis grands dequatre-vingt»àqu£itre*vingt*dix, se<firig[eaient sur Ntoulma du côté de la mer, il ordonna que deux mille soldats s'avançassent contre cette ile du côté de la terre;, car, ainsi que j.e Val déjà dit^ Wmkr si peu proAiade une grande

on MI8S0I)0]|6HI.. a8i

partie deft lagwes, qu'où peut trav^niser à^ué. Sur le bord Viusin, les Turcs avaient cobBtruît trois JbatterieSy chacune de six canons, çour écra- ^ ser les frétée tetrancheitienta élevés daos Mtoul«> ma. Ils amenèrent aussi quelques mortiers. Lé leu commença vers les dix iieitrjes .du matin. 1^ ga]ciiiSon grecque n'était oomposée que de trois peots hommes. Ils montrèrent le même courage les défenseurs de Vassiladisr et périrent pa? le même accident. Au bout d'une heure de combat, une, bombe mit le feu à leur magasin à poudrei Os résistèrent cependant encore à la double attaque qui les menaçait. Déjà même la colonM. qui s'était avancée de la terre fer^ne reculait en désordre; mais tout-à-coup. tm. es-r cadron de Mamelucks s'élance au devant des fuyards, et mekiape de la iiM^Tt tous ceux qui ne retourneraient pas à la charge. Cette menace, «séquCée ftur queiques-uns, force les autres à obéin la ^onne se reforme et s'avanoe avee une nouvelle ardeur. Les barques > dont la plu* pari reeMlaîsBtaussi, s'arrêtent. Les jplus grande! se tiennent à quelque distance, en redoublant le feu 4e Iw airtiUene ; les plus légères.se portent sur le flanc des retrancbements. Assaillis detous côtés, les Grecs se virent forcés de quitter ieur^ positions, et .de cheircber un .refuge , à . Podos.

Mais ce ne fut pas ^ans aivow causé une perte sensible à f ennemi : sept cents cadaTre» musulmans flottaient sur la mer autour de Ntoulma. Les chrétiensperdirént deux cents hommes, dont la plupart périrent en s'efForçant de gagner Pc. ros. Ceux qui atteignirent cette ile, suivis par Fennemi, et ne Toyant aucun moyen de s'y défendre , se hâtèrent de passer dans Anatolico. Là se trouvaient quatre cents hommes sans armes, et quatre mille femmes on enfants. Les ceiit soldats échappés de Ntoulma auraient désiré d'attendre la mort en combattant; mais ils n'osèrent entraîner dans leur tombe toute cette population sans défense^ et ils acceptèrent une capitulation, c'est-à-dire, le supplice ou Tescla^ vage.

Pendant qu'ils subissaient la loi du vainqueur,

leurs frères de Missolonghi vengeaient leurs infortunes. Une partie de la garnison s'élança sur les lignes des assiégeants, égorgea teurs postes avancés, et, pénétrant dans leur camp, fit tomber soufsses coups cinq cents Égyptiens, parmi lesquels se trouvaient plusieurs officiers. Elle rentra dans les murailles chargée de riches dépouilles , et sans que les ennemis osassent inquiéter -sa retraite.

Cette nouvelle preuve de la supériorilé des

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chrétieiis sur leorsadrersaires ne fit qae cohfirriier Ibrahim dans la résolution de n'attendre ses succès que de la iamiae, et de mettre^ tout en usage pour empêcher rârrnrée des moindres provisioos dans les murs de Missoloughi. Une fois maître de toutes les lagunes, il ne craindrait plus rien. La flotte grecque fut - elle victorieusè des navires ottomans , la ville ne pourrait être secourue; il l'entourerait du coté de la -mer comme du côté de la terre. La possession d'Anatolico, de Poros et de Yassiladis l'établissait forte* ment sur toute la partie occidentale du bassin : il conçut le projet de sé fortifier de même vers Vorient par la prise de Clissova.. Dans cette: vue, il fit construire de nouveaux bateaux plats, pour augmenter sa flottille, et n'oublia rien de ce qui pouvait rèlevèr l'audace de . ses • troupes et les disposer à de plus grands efforts.

Les Grecs avaient prévu ses desseins. Aussitôt après la prise de Vassiladis, ils avaient eu la précaution de fortifier l'église de la Sainte-Trinité qui se trouvait dans llle des. Gliasova. * Portant dans ces travaux la même activité que dans les batailles, rien ne pouvait ralentir.leur. ardeur. Alors même que, vers la fin de mars, la famine cotoimença de se faire sentir dans la ville, lorsqu'ils n'avaient pour réparer leurs forces que la

^84 umoiAK ms sifos

moitié) que le quart d'une ration, ils continuèrent itenir d'une knaia Fépëe et de Tantre le marteau. De frêles barques leur apportaient encore aiora, par intervalles, qudques alin^ents envoyés par les Grées des iles Ioniennes. Ces légers secours ne faisaient point cesser la disette, mais du moins ils la rendaieht supportable, et ADaooli ne pouvait tarder à paraître.

Averti de l'approche des vaisseaux grecs, Ibra* him pressa Texécntion dé son plan. Il réunit, le S avril (i), dans le bassin de Missolonghi, cinq grandes chalou|yBS et quatre-vingt-treize îantzonia. Vers les deuk heures après midi , il fit embarquer sur ces bateaux deux mille cinq cents hommes d'élite. La garnison ne pouvant savoir d'une manière positive sur quel point ils allaient, se diriger, passà toute la nuit stms les armes à épier leurs mouvements. Le lendemain, à la pointe du jour, la flottille s'avança vers Clissova. On voyait en même temps, du côté de la terre, d'autres ennemis qui s'étaient approchés de File et se trouvaient disperséssur différents îlots voisins, se réunir, au nombre de deux mille , et marcher dans la mer pour seconder l'attaque des dfaloupes (2).

(i) \je 24 mars.

(a) Cette afïaire si brilUate, presque entièrement incon-

DE MlâSOU^UGHJ. . a85

Ijcs Grées n'ayaient dans Cli$so va qiie cent soldats et quelques officiers ; le iieuteiiaut-géneral Ghrtatodoulos Hadgi Petcou , ^cbef de ce poste, était malade à Missolonghi. Heureusement, KitaoB TaàyeUas commandait eu cemomeiU^uxicerr tain iiombeede guerrîefs tirés des différents corps de la garnison, et cbargés de garder tout le ri- ▼âge. Dà» qu'il aperçoit le mouveiûent de l'eunemi, il se jette^dans un bateau, suivi du petit nombre de braves qui se trouvaient auprès de lui Ils étaient dix toat au plus. Mais, sans son^ ger au péril, ils s'avancent vers ille menacée. Get- exemple enflamme l'émulation des guerncra qui en sont témoins. Les premiers qui l'imitèrent furent les deux officiers souliotes Kitsos Paulou et George Navancou. Environ orat cinquante hommes, de différents corps, se réunirent à eux.

A peine étaient-ils parvenus dans l'ile, qoe les barbai, pouÀsafat leurs dameurs accoutumées^ se préparèrent au cofnbat. Il était cinq heures du matin.' . - - \.^ \

Entourant Clissova de ses barques armées ,

nue en France, où tons les récits la triifsfonnaieut en un assaut général , est ràconiée ici d'après une lettré' inéclite du

général grec Boutsicas, écrite de Missolonghi, le lendemain du cpmbat. ■ ' , , ' •

286 HIBUOIRE DU SliGE

Reachid, chargé par Ibrakim de condiiupe Tàt-

taque, fit commencer une vive canonnade pour protéger leur approche. Ce cercle de feux dévorants 86 rmenrait sans cesse; au bout d'une heure, les ennemis étaient assez rapprochés du rirage pour qu'on pût les combattre à coups de pierres. Alors le signal de la descente est donné; cinquante-deux porte-étendards s'élancent avec assurance des barques dans les jBots : toutes le» troupes^ et du côté de la mer et du côté de la terre, s'avancent vers les retranchements grecs.

Qui n'aurait 'cru que de telles forces réunies contre deux ou trois cents hommes, les détruiraient en un instant, et que toute résistance serait inutile? Mais Tsavellas était d'un pajs où la force de l'ennemi n'empêche jamais de.oombattre, et -d'une famille que le nombre n'empedia jamais de vaincre. Il se souvenait des exploits de son père et de son aïeul. Après avoir compté sa faible troupe, après avoir assigné à chacun le poste le plus convenable, il ordonna,. d'un air tranquille et fier, de ne tirer que lorsque l'ennemi parviendrait aux palissades. Ses soldats exécutèrent cet ordre avec le même sang-froid qu'il l'avait donné. Ainsi, les barbares s'approchèrent sans obstacle. Déjà ils touchaient les retranchements. Soudain, un feu terrible et i bout por-

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tant renverse les plus hardis. Ils s'acharnent toutefois, et pendant deux beures un carnage épouvantable inonde de sang lesniuvaiiles^Geux des assaillants qui, épargnés par les balles, parviennent étir les murs, en ^sont renvméfii par Tatagan ou le sabre souliote. Enfin , les Turcs cèdent et fuient. Heschid s avance pour les en^ conrager; il est blessé. Leurs autres che& les ramènent à la charge. Repoussés une seconde fob^ ils reviennént une troisième, tinequati^iéiae; Ils commencfènt dtaque nouvelle attaque avee une nouvelle rage;. ils la finissent avec une honte nouvelle. Ce ne fut qu'à midi qu'effinayés dekurs pertes etxlésespérant de réussir, ils s'éloignèrent hors de la portée du mousquet, continuant toujours le feu de leur artillerie»

Ibrahim, qui possède au moins une des qualités du politique, l'opiniâtreté, ne se laisse point dé« conrager. Il ordonne que deux mille cinq cents hommes de ses troupes disciplinées attaquent du côté de la terre. Il se met à leiâr téte« Sur les deux heures, cette nouvelle colonne s'approche de l'iie, et, réunie au reste des premiers oissaîl* lants, recommence le combat. La poignée de héros que dirigeait Tsayellas accueille Ibrahim comme elle avait accueilli Reschid. Les Grecs * visent surtout aux o£Qciers. L'un [des renégats

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les plus marqoant&asttué fkir i^nagiotki fiiolirov

poulos,que nous avons vu conduire avec adresse et succès les oiiii^ dirigées contre in digw d'umotu Lesemiraiis faieat dé nouyeaii. S'il n^y avait eu que des Turcs, le combat finissait des- ' km* Mais les Arabes discipiiDéa, TeUnm par leurs chefe , se reforment à FinstaUt: Sans cesse repoussés, ils renouvellent sans cesse leurs ei£orts«. Les Grecs, «coaUés de fiitigue, pouvaienti k pm» tenir leurs fusils, et le jour était près de s'éteindre^ losaque les bariMuret Tompîre&t mfinieiiraiiaiigs etsedispersèrentsans écouler Je comlnandemeiil de leurs officiers. La flottille s'éloigna lentement èten désordre» ne ramenant de tmt de.lnmpea que quelques débris sanglants et consternés.

Les vainqueurs purent dé la perte: de^ enkiemis par les dépouilles qui courraient 4é rivage. Us ramassèrent plus de seize cents f usiJs, dmit. les diverses fiimes îndiquaieat les dtffé-i reiils pays de ceux qui les portaient. Les uns, garnis de baïonnettes,, avaient été. abandonné» par les Arabes; d'autrés appartenaient à des Ak banais; d'autres à des Turcs de l'Asie. Qu rem*> plii: sept barques.. d6& petites annes trout^éa^ dans le champ du combat. On ne découvrit que dousM cents cadavres, ennemis; mw Ibrahim aviôt réeUemént perdu . plus de deuK mille '

hommes de ses meilleures troupes ; deux des régiments ' formés par ses officiers* français v avaient été détruits. Une grande partie de ses morts était cachée dans la mer, que tant de sang versé aTak teinté d'un rouge sombre jusqu'à une certaine distance de File. Les Grecs auraient pu faire beaucoup de prisonniers: mais, dans l'ivresse du combat, ils n'épargnèrent que trois Cosaques.

Cette mémorable affaire où , pendant treize

heures, ils luttèrent contre des troupes vingt fois plus nombreuses et soutenues pàr une'

artillerie formidable, ne leur coûta que IrcnUcinq hommes tués, ou blessés. Au nombre des morts se trouvaient les deux ofiQciers souliole& dont j'ai parlé , Kitzos Paulou et George Navaricou. * / »

Parmi les traits de bravonre qui signalèrent cette journée, il en est un que l'histoire ne doit point laisser dams Toubli. Au plus fort du combat, le chiliarque Constantin Drianis et neuf autres Grecs montèrent dansdeux petits bateaux i pour porter de l'eau et des cartouches aux défenseurs de Clisspva. Ils s approchaient à travers la foule des chaloupes ottomanes; tout-à-coup ^ un boulet renverse les (juatrc soldats qui se trouvaient avec Drianis dans l'un des bateaux ,

290 HISTOIRE DU SIIIgE

et lautre barque recule. Drianis continue à s'ayancer sans crainte au milieu des ennemis. Sa barque touche le fond de la mer, et s'arrête. Loin de se déconcerter, il se jette dans les flots; tandis que les balles sifflent de tous côtés autour de sa téte , il tire de ses mains son bateau sur le rivage, il dépose à terre les corps de ses quatre compagnons , il porte aux troupes de Tzavellas les munitions dont elles commençaient à manquer , Feau dont tant de fatigue leur faisait •vivement sentir le besoin, et, se mêlant dans leurs rangs , combat avec elles jusqu'à la fuite des Turcs (1).

Ij'enthousiasme fut général dans Missolonghi. Ses habitants accoutumés à d'héroïques exploits étaient cependant étonnés. Toutes les bouches célébraient la valeur et Thabileté de Tsavellas, la constance de ses compagnons. Des hymnes pieux, retentissant dans les temples, reportaient la glôire de cette journée au Dieu protecteur des chrétiens. Exaltés par un succès presque incroyable, les soldats et les citoyens se âat-

'(i) Ces détails, que le général Boatsicas n'a pu donner dans une lettre , sont extraits d'une relation mannscrite envoyée de Napoli, par M. Démétrius Ainian, littérateur distingué. •

DE MISSOLONGUf. 29 1

taient de voir bientôt l'entière ruine de leurs ennemis. Hélas! c'était la dernière victoire que la plupart d'entré eux devaient apprendre , la dernière dont on pût se réjouir au pied des autels de Missplonghi. Cette ville que remplissaient des chants de triomphe, chancelait sous les coups d'un ennemi plus terrible qu'Ibrahim :

ces héros, dont on célébrait la gloire, n'avaient pu, après treize heures de carnage, trouver un morceau de pain pour réparer leurs forces , et il ne devait plus entrer d'aliments dans Missolonghi tant que ses murs seraient habités par des chrétiens. Pendant que chacun dé nous apportait son offrande pour nourrir les héros de la religion et de la liberté, pendant que des hommes vraiment pieux chargeaient dans les ports des îles Ioniennes de légères barques qui pussent tromper les croisières des Turcs; des t officiers sortis de nos rangs parcouraient les lagunes de Missoionghi, signalaient les moindres canaux qui pouvaient donner passage à nos secours , et , plaçant sur le bord des canons venus, dit-on, de France , engloutissaient dans les flots nos présents et ceux qui les portaient. Ils étaient enfin parvenus à intercepter les moindres nacelles.

Si les Grecs, profitant de la consternation

sga uisxoiR£ ou siège

qu'avait répandue parmi les barbares la victoire

de Giissova> s'étaient décidés à sortir de la ville pendant la Huit qui suivit ce combat héroïque, il est plus que probable que toute la population aurait traversé, sans perte, le camp des Égyptiens. Mais lé généreux désir de ne point abandonner Tua des boulevards de la Grèce, Tespôir de consumer devant ses murs toute Tarmée ennemie , empêchèrent les chefs de saisir une occasiop si favorable. Déjà Missolonghi avait deux fois manqué de vivres; ses habitants avaient vu de près la faim. Ils attendaient la flotte grec- * que, et ils semblaient , en l'attendant, se nourrir de leur gloire et des bénédictions du monde;

La flotte chrétienne parut. Ibrahim ayant échoué dans Tattaque de Glissova, si les marins grecs n'avaient eu que des Musu 1 mans à combattre, Afissolonghi eut été ravitaillé. Mais, au premier abord , Miaoïdi reconnut Tindustrie européenne. Cette ûotte turque qui n'était auparavant qu un amas coiifiis de vaisseaux, lui apparut rangée en ordre sur trois lignes , et appuyée par Jes batteries dés lagunes. Ces canoàs des navires ottomans dont le feu si mal dirigé faisait na-> guère sourire les Grecs, tiraient alors rarement en vain. Canaris, k qui le ciel semblait avoir U« vré les amiraux turcs, s avança sur son brûlot et

DE MISSOLOJHGUi. aQO

demeiiiHi immobile. D*immen$es radeaux étendus devant le front de la ûotte ennemie lui en interdisaient l'approche.

. Les marins grecs furent glacés d'horreur. Cependant le souvenir de tant de succès leur rendit Tespoir. Un frêle canot se glissant à travers ce dédale de navires, de pontons, de batteries, porta dans Missoloughi des lettres rassurantés^ écrites par JMiaouli et par les chefs des troupes qu'il avait à bord. Ces lettres soutinrent le courage de la garnison. Au milieu de tant de privations et de souffrances, elle se soumit à en supporter de plus cruelles encore, dans la persuasion qu'elle recevrait enfin des vivres. On commença à se nourrir avec la chair des chevaux, des chiens , des souris et des autres animaux qu'on put trouver dans la ville. Quand cette ressource manqua, on recourut aux crabes, qu'il fallait pécher sous le feu des barques ennemies. Enfin, on en vint à manger les almyrides qui crois^ sent dans le bassin : mais ces herbes salées (i), produisant un effet purgatif, augmentaient encore la faiblesse de ceux qui y dierchaient un aliment (2). Chaque jour les habitants, rassem-

(ij Coramc l'indique leur nom.

• (2} ReUlioii insérée dans le journal officiel du gouvernement grec.

HISTOIRE DIT SliGE

blés sur le rivage, sans faire attention aux boulets dirigés contre eux par les chaloupes otto*

mânes, suivaient des yeux, dans le lointain, le pavillon de la Croix. « Il nous a sauvés trois fois, disaient-ils, il nous sauvera une quatrième. Cette épreuve est la plus dure; mais Dieu ne nous abandonnera pas. » Non-seulemeutle mot de ca*pitulatian ne fut jamais prononcé, même par ceux qui voyaient leur famille entière expirante; mais l'idée seule d'abandonner la ville, en traversant les camps ennemis , désolait tous les ha*^ bitants de cette malheureuse cité. Ils y avaient tant souffert , et ils y avaient éprouvé tant de joie! Chaque pierre leur rappelait un souvenir; la terre, comme ils disaient, y était partout pétrie avec leur sang; deux mille de leurs com* pagnons étaient ensevelis dans cette enceinte; les plus fortes émotions de l'ame humaine les. attachaient à ces remparts. Ils en aimaient jusqu'aux dévastations , jusqu'à ces débris de ca-^ banes écrasées, jusqu a ce sol bouleversé par les bombes, monuments de leur constance et de leur vertu.

Les che& s'étaient engagés par serment à tenter de se faire un passage à travers Farmée ennemie. Ils avaient déjà tracé le plan de cette audacieuse entreprise. Mais ils ne voulaient y avoir

DE MISSOLOKGHI. agO

recours qua la dernière extrémité, et l'état où se trouvait la ville ne. leur paraissait pas encore mériter ce nom. Cependant la mortalité croissait d'heure eu heure. Il ne restait plus de médicaments pour les malades , ni pour les blessés. Des guerriers périssaient de faim sur ces remparts où ils avaient tant de fois bravé les balles et les boulets ; d'autres tombaient évanouis en s'efTorçaut de ressaisir leurs armes trop pesaates pour leurs bras épuisés. Des malheureux à demi nus gisaient sans force dans les places publiques.- L'espoir de recevoir des .vivres s'évanouissait comme un songe. La flotte redoublait en vain ses tentatives. Aucun secours n'arrivait jusqu'aux, remparts. Un seul canal étroit et caché sous des roseaux avait échappé aux recherches des ennemis. Une barque grecque, chargée de quelques sacs de farine, essaie de s'y glisser. £llè est aperçue, et ce dernier passage est fermé comme les, autres.

Dans de pareilles circonstances, Ibrahim fit proposer à la garnison la capitulation la plus avantageuse. Un de ses officiers européens, chargé de cette mission , renouvela plusieurs fois ses instances , tout fut refusé. On assure que les bateaux anglais pénétraient, sans obstacle « à Missoloughi, et que le chef des iles Ioniennes^

HISTOIRE 1>U SIIÉCE

qui, bien différent de Maitlaud, parait sincère^ment attaché aux Grées , retenu , sans doute , par les ordres de son cabinet, se bornait à couseilier aux assiégés de livrer, avec la ville, la gl(jii e (i'inie année d'héroïsme. Un jour qu'il les en pressait les larmes aux yeux , Moti Botzaris lui répondit : « Je vous remercie de l'intérêt que vous nous témoignez ; mais vous feriez mieux de nous apporter du pain que de venir tenter notre constance. Si pour avoir voulu vivre chrétiens et iilires, nous sommes devenus criminels aui& yeux des rois de l'Europe, si vous craignez d'attirer leur vengeance en nous donnant des secours, conseilles -nous, du moins, de mourir au pied de la Croix, et non de reprendre des fers arrosés du sang de nos frères. »

En compkrant Tëtat où ae trouvaient alors les Missolonghiotes , à leur position dans le mois (le juillet 1 8a5 , et en rapprochant de Thésitation ma-, nîfestée par quelques chefs au sujet dés proposi* lions de Reschid, l'inébranlable fermeté que tous, ont déplojée contre les promesses d'UMahim , on sentira combien leur caractère avait encore acquis de vigueur dans les neuf moisqui séparent ces deux époques ; et peut-être les nations européennes qui semblent n'être plus capables que ^d'admirer le patriotisme, pourront-elles revendiquer une

DE MlSSOLONGHf.

part dans ce perfectioiiiienieiit de l'héroïsme et

de rhonneur. Les défenseurs de Missolonghi gavaient que r£urope entière avait les yeux fixés sur leurs combats, que tous les coeurs sln^i téressaient à leurs souffrances, et qu'en échange de faibles et inutiles secours, on attendait d'eux des prodiges.

Le moment arrivait de remplir cette attente.

Les assiégés ne pouvaient plusr ricin espéra de la flotte ; et , s'ils retardaient encore la sortie , l'ipanition ne leur laisserait plus la £orce de l'entreprendre. Ils cherchèrent les moyens de provoquer une diversion contre les ennemis.

Tandis que tiint de lettres , reproduites dans tous les journaux , nous représentaient des corps considérables s'avançant sous le commandement de (vouras et de Fabvier, au secours de la garnison, les chefs du gouvernement grec, se croyant surs que Miaouli pourrait lui porter des vivres, se reposaient sur elle du soin de détruire entièrement une armée qui venait, de parcourir toute la Grèce, sans, qu'on eût le courage de l'affronter (1). Fabvier tentait une expédition dans

(1) Le 18 avril, lorsqu'on sut à Épidaure que la floUe n'avait pu réussir à ravitailler Missolooghi,. rassemblée nationale décida qu'une commission composée de généraux

298 HlàTOIRE DU SliGB

FEubée , Gouras restait à Athènes , et Coustaotin Botzaris à Salona. Il ne se trouvait près de Missolonghi qu'un corps très -peu nombreux oommandé par Karaïskaki , qui lui-même manquait de vivres. Je suis loin d'accuser aucun de ces généraux. Ils avaient tous devant eux des ennemis à combattre, et d'ailleurs ils ne pouvaient qu'exécuter les ordres du gouvernement. Mais s'il se fut trouvé un grand capitaine à la tète du Pouvoir Exécutif ( et l'on n'est jamais politique qu'à moitié quand on ne connaît pas la guerre ), il auràit su, je n*en doute pas, prévoir l'inutilité des efforts de la flotte, et, malgré toutes les difficultés que pouvait présenter la pénurie des vivres, déployer, pour sauver Missolonghi, cet art, presque toujours décisif, de réunir la masse de ses forces sur le point le plus important. Que seulement six mille hommes de bonnes troupes eussent secondé les efforts de la garnison, et le siège était levé^ et Tarmée d'Ibrahim était détruite.

Les assiégés qui le sentaient, et gémissaient de

donnerait ses vues sur les moyens les plus sûrs d'envoyer par terre quelques troupes au secours de cette place. Mais, avant qu'on eût adopté nn projet , Missoloi^hi n'avait plus besoin de secours.

m MISSOLOKGHI. 299

se voir ainsi abaodoDDés , s'adressèrent au seul corps qui fut à portée de les secourir. Ils écrivirent à Karaïskaki et aux généraux de sa division de se porter le as (i) sur les derrières du camp ennemi, et de donner avis' de leur arrivée par une dëchargedemousqueterie tirée sur les hauteurs de rAracjrnthe; ajoutant que la garnison sortirait aussitôt et réunirait ses efforts aux leurs pour tenter d'ouvrir uu passage à la population désarmée. Malgré la vigilance des gardes égyptiennes, cette lettre parvint aux généraux de ÏEtolie ; et les défenseurs de Missolonghi attendirent avec fermeté le jour de cette audacieuse tentative , quoiqu'ils ne se dissimulassent point combien il leur serait difificile, avec des malades, des blessés, des enfants, de franchir une triple enceinte de retranchements défendus par des tours , des batteries et les rangs des baïonnettes de i'Égypte. Voici le plan que les chefs avaient tracé.

Ils avaient choisi pour le point où devait se &ire la sortie, la partie des remparts qui s'éten* dait depuis le côté méridional de la lunette de Guillaume d'Orange, jusqu'à la dernière batterie du flanc oriental. On devait descendre par

(1) Le 10.

3oO HISTOmfe BU SliGE

quatre ponts eu bois construits à cet effet, et se i^iiDir devant les batteries île Rigas et de Montalembert. Là , les soldats devaient se coucher par terre, et attendre , dans cette position, le 'signal de se porter contre les deux tours quibrabim avait fait construire vis-à-vis de ce coté de la place. Pour y parrerar, .il fallait traverser Fancieu fossé qui faisait partie des fortifications pendant le. siège de 1822, et qui, partant de la mer deux cents pas au-delà du nouveau» se dirigeait à -peu -près parallèlement à ce dernier, jusqu'à ce qu il le joignit près de la lunette. Dès qu'on aurait entendu le bruit de Tattaque formée par les troupes de secours , la garnison devait se diviser en deux corps. Tous 1^ soldats des postea compris entre la lunette et la dernière batterie du côté du couchant traverseraient le camp de Reschid : les autres , avec la plus grande partie de la population sans armes , chercberaient à se faire jour à travers le camp d'Ibrahim. Ensuite ou se réunirait à une lieue et demie de Missolonghi , dans un endroit appelé la Fignede Kotzica^ sur le chemin du monastère de Saint t Siméon, situé au pied du mont Aracynthe (i).

Ce plan qu'il était si important de tenir secret j

(i) Jo»rnal général de la Grèce,

fut connu des soldats, et un Bulgare passant à

renuemi courut le découvrir à Ibrahim. .

Le sa avril arriva. On fit le recensement de la population. Il restait trois mille soldats, en y comprenant ceux qui^ quoique blessés ou malades, pouvaient encore marcher, soutenus par leiu^ camarades; mille ouvriers ou autres hommes inhabiles à combattre, et environ cinq mille femmes ou enfants. Les Grecques, qui se croyaient assez de force pour braver les fatigues et les dangers de la sortie, revêtirent pour la plupatt des habillements d'homme, afin que, si elles ne pouvaient échapper à rennemî, il les tuât du m'oins sur-le-chan)p , les prenant pour des guerriers. Plusieurs attachaient au cou ou sur la poitrine de leurs enfants, comme un talisman èapable de les défendre , les reliques révérées de leurs aïeux et conservées dans leurs familles, en même temps qu'elles ceignaient le glaive pour en frapper Pennemi, ou pour s'assurer du moins un moyen de ne pas tomber vivantes entre ses mains. Celles à qui leur faiblesse interdisait l'espoir de suivre les guerrier, se i;éunissaient aux blessés,, aux malades-, aux vieillards, aux jeunes enfants, qui avaient résolu de s ensevelir sous les ruines de la ville.

Ce fut là le moment le plus terrible. Presque

3oa HisTOiBB nu SliGB

toutes les familles se divisaient en deux parts; ceux-ci restant pour attendre la mort, ceux-là courant à la vengeance à travers de nouveaux dangers. Dans ces adieux éternels , les larmes inondaient le visage des plus &rouches guerriers; les plus grands courages étaient sur le point de fléchir. Des femmes, des hommes même qui, possédant toutes leurs forces, devaient espérer d'échapper à Fennemi, ne purent se résoudre à quitter ce qu'ils avaient de plus cher. Vainement un père, une mère, accablés par Tâge, ordonnaient à leur fils, au nom du ciel, de conserver à la patrie sa jeunesse et sa valeur; il leur désobéissait pour la première fois. Vainement un frère blessé criait à son frère : Si tu restes, qui me vengera? Ses prières n'étaient point écoutées. On remarqua surtout l'un des primats de la ville, Ghristos Kapsalis , qui , pressé de toutes parts de sortir avec la gsirnison, refusa obstinément, et, conduisant une foule de femmes et d enfants vers le grand magasin des poudres, leur dit : Venez, et soyez tranquilles; j'y mettrai moi-même le feu.

Animés des mêmes sentiments, quelques soldats, tous Missolonghiotes, se renfermèrent dans la tour d'Auémomyle (i), pour s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité, et se faire sauter en-

(i) Des moulins à vent.

DE MxssoLoxcGai. 3o3

fin. D'autre* se logèrent dans les maisons les plus fortes, où ils portèrent assez de poudre pour réxécution du même projet. Un vieillard blessé s'assit près de la mèche d'une mine creusée sous le l;>astion Botzaris, attendant , pour l'allumer , que cette partie des remparts fut couverte d'ennemis.

Ces dispositions n'étaient pas encore tèrroi*

nées, lorsque, vers les six heures du soir, on entendit une salve de mousqueterie partir du mont Aracjmthe. A ce signal , les chefs se rassemblé- • rent près de la lunette de Guillaume -d'Orange. Ils envoyèrent une ronde chargée de parcourir toutes les batteries, et de prévenir les soldats et les habitants de se tenir prêts à quitter la ville à huit heures. On recommanda de garder jusque là le plus profond silence et de s'abstenir de tirer. Les gardes seules devaient , par intervalles , pousser des cris et faire quelques décharges.

£u même temps, on construisait les quatre ponts en planches, sur lesquels on devait descendre des remparts; on détruisail; tout ce qui aurait pu servir à l'ennemi; on achevait de transporter la poudre et les cartouches dans les maisons où s'étaient enfermés ceux qui restaient dans la ville. Les caractères de Timprlmerie qui avaient été employés à tracer, dans le journal

3o4 HISTOIRE BU SIÈGE

de Missolonghi, les défaits d*tiii siège si mémorable, à répandre parmi les peuples les exploits de la garnison et les noms de tant de héros, furent dispersés et enfouis dans la terre avec les presses brisées, pour qu'après avoir servi à un usage si saint , ils ne fiisscfit point souillés par la main des barbares (i). Les canons furent disposés de manière à ce qu'on pûi les précipiter dans un instant au fond du fossé. On proposa de les enclouer; mais les canonniers étaient presque tous Missolonghiotes, et ils se flattaient encore de l'espérance de rentrer dans la ville. Les succès qu'ilsavaient obtenus toutes les fms que, même en petit nombre, ils avaient attaqué les assiégeants, leur faisaient croire que, secondés par les troupes du dehors, ils pourraient détruire le camp ennemi, et remonter victorieux sur leurs remparts. Lue telle confiance convenait à de tels soldats. Malheureusement , ce haut degré d'héroïsme ne se, trouvait alors que dans Missolonghi.

T*i; çpoupà; , xaU rà êAwm Myk%ra TOffOÔttw iip«M»v, itç )wi «ÔTol

DE HISSOLOKGHf. 3o5

Cependant l'heure de la sortie approchait. Une nouvelle ronde, parcourant lés bâtîmes, rassembla les soldats, et les fit passer, avec le moins de bruit possible^ du côté ou se trouvaient les ponts. On laissa seulement encore les gardes, pour que la fusillade qu'elles faisaient de tecpps en temps servit à tromper Ibrahim^ Elles avaient l'ordre de r^st^r jusqu'au dernier moment, et de suivre enfin le mouvement des. autres troupes. A huit heures sonnantes, on commença dé sortir ^es rempart^. Les Missolonghiotes seuls ne paraissaient pas; ilsv étaient enco^/dispei!3és dans la ville pour accompagner leurs femmes et leurs eufantSy auxquels on avait réservé le pont le plus rapproché de la mer, et par conséquent «le moins exposé au feu des ennemis.

Bientôt ce feu devint terrible. Ibrahim, instruit par le transfuge , avait Reconnu le signal de la* sortie. Voici quelles furent ses , dispositions. U cffdomia qu'un corps nombreux d'Albanais^ se plaçât sur le mont Aracynthe pour s'opposer aux troupes de secours. L*e reste de ses soldats prk les armes pour arrêter la meurche des assiégés. Si, ne laissant que de faibles pjostes dans le. camp de Reschid, il eut porté le gros de .ses foroes sur le point que le Bulgare lui avait indiqué, les chrétiens auraient peut-être rencontré dans leur eo-

^ ao

3o6 msTOiHE DU sites

treprise des obstacles insurmaiitableft. Mais il craigirit que les généraux grecs n'eussent désigné publiquement un cpté des fortifications pour j attirer ses troupes, tandis qu'ils sortàvaieDt par un autre point. En conséquence , il ne voulut dégarnir aucune de ses positions; il se contenta d'augmenter le nombre des soldats qui gardaient les deux tours, et d'y faire porter de nouYeaux canons. Sa cavalerie, rangée dans le fond de la plaine, attendait de savcnr sur quel point elle devrait agir. Mais le bruit qu'on ne put s'empèdier de £dre en établissant les ponts, les cris des femmes et des enfants au moment d'abandonner leurs foyers, ne laissèrent bientôt plus de doute aux barbares sur le Heu- de la sortie^ Soudain ime grêle de balles et de boulets partit des deux châteaux d'Ibrahim «t de toute la ligne de ses ouvrages opposée -4 l'extrémité orientale des remparts. Cependant les soldats grecs sortirent «ins que lèurs sidversaives s'en aperçussent, et, se réunissant en silence dans l'espace compris entre-'l'aneien et le nouveau fossé, se coudièrent contre «erre pour éfiter le feu des Tun».

Pendant une heure entière ils attendirent, dans cette jposition, que les troupes de Karaus*- ^àkt attaquassent les camps ennemis. X^a lune éclaiiait déjà la plaine; elle pouvait les faire dé-

DE MISSOLONGHf. 007

couvrir. Les coups dks Égyptiens, dirigés contre les remparts, passaient en général au-dessus d eux sans les atteindre; eependant, de mcMnent en moment, quelques braves étaient frappés. On peut ae faire une idée de Timpatience des soldats. Vainement précaieiit4l5 rcnreille; tout était tranquille au pied des montagnes : le secours promis n'arlÎTait pas. Les ch^ n'en persistèrent pas moins dans la Heokrtion d^acoomplir leur projet. Uordre de se mettre en mouvement fut donné à demiycNK de irang en rang. Soudain tôt» les Grecs se lèvent, 8*écrient : En avant] Mort aux barbares! et a'élancent contre les deux forts égyptiens.

Les habitants de Missolonghi , qui sortaient seulement alors avec un grand nombre de femmes et d'enCmts, crurent que les troupes de sepà(ùÊ% étaient arriérées; ils pressaient la marche de leurs tristes compagnes. Tout-à-coup un cri a'élfive «t circule dans la feule \ En arrière! en arrière! Dans la ville! dans les batteries! <ïe ch, dont on n'a pu découvrir la cause, trompe cm BiaUieiimix. Tandis que la garnison leur préparait, le sabre à la main, une route à travers le camp d'Ibrahim , ib reviennent tous sur leurs pas. L'ennemi était déjà dans la ville. L*explgsion du Botzaris et les coups de fusil qui partaient des maisons fortifiées les en aver-

3o8 ' HISTOIRE DU SIÉGB

tirent trop tard. Les MissoloDgbiotes rentraient d'un côté, les Turcs se précipitaient de Fautre;

ils se rencontraient dans les rues, et là, commençait le combat le plus afBreux entre la rage et le désespoir. Dans ces premiers moments, les Turcs égorgeaient tout ce qui tombait sous leurs mains, sans distinction de sexe ni d'âge. Mais les femmes craignaient avec raison que cette fureur ne se calmât , et qu'on-ne leur refiisat bientôt la moit. Que faire cependant? Tous les édifices mioés étaient remplis; plus d'espoir dy obtenir une place. Gomment échapper aux barbares?

Au milieu de ces femmes désolées, une voix se Édt entendre : Dans la mer| mes eniiaints, dans la mer! suivez*moi! D'autres se précipitent Vers le grand puits, y jettent leurs enfants, et se pendent auprès. Maisbientôtlespuitsfurentcômblés, et il y avait loin des remparts aux endroits du bassin où ï^ix est assez profondic pour mettre en sûreté.- Les vainqueurs, qui déjà cherchaient des esclaves, suivaient de près leurs victimes. Quel- . ques femmes, quelques en&nta, eurent asses d'adresse et de bonheur pour s'affranchir, en se précipitant sur les glaives nus des Arabes; d'autres s'élancèrent dans les flammes des maisons incendiées; douze cents, qui ne trouvèrent aucun moyen de se donner la mort, tombèrent au pouvoir de l'ennemL

m- MissoLORtïHi. 3o9

L'attention des vainqueurs ne tarda pas à se porter sur le magasin des poudres. La grandeur et la solidité de cet édifice leur faisaient croire que les richesses des habitants devaient y être renfermées. On sût qu'it ne s'y trouvait que des femmes, des enfants, et Capsalis. Là,on ne pleurait plus : on n'avait plus de séparations à craindre; k- tombe et le ciel allaient tout réunir. Les mères grecques pressaient tranquillement leurs fils contre leur sein; elles comptaient sur Capsalis. Cependant les ennemis s'étaient rassemblés en foule autour de cet asile : ceux-ci tentaient d'eu briser lesporteSy ceulL-là d^escâlader les fenêtres; quelques-uns étaient déjà parvenus sur le toit, et s'efforçaient de le démolir pour pénétrer dans Tintérieur. Alors Capsalis, qui les voit réunis en assez grand nombre, employant une prière familière aux Grecs, Souviens -toi de tnoij Sei-^ gneur! s'écrie-t-il. La détonation fut si forte que les maisons voisines s'écroulèrent, que de larges crevasses s'ouvrirent dans le sol qui les portait, et que la mer, repoussée de son lit, inonda tout un quartier de la ville. Deux mille barbares sau-* tèrent avec Capsalis.

Ce bruit, dont la garnison connaissait la caiise^ fit tin moment fiîssonner les héros, engagés alord au milieu du camp ennemi. Après avoir passé-

3lO MI^TQiRE DU SlÀQE

entre les deux forts d'Ibrakûm , Us «ontinuèrcnt

k marcher euse^ible, ne jugeant pas convenable, piiis<pi*ils se trouvaient seuls contre toute Tarmée turque, de se séparer comme ils l'avaient projeté d'abord. Leur conteuance, le $ouvei»ir de la sortie du a8 février et de ceUe du i9r uuos, ré.tQnaement que causait leur audace « parurent frapper leurs ennemis de stupeur* Les Arabes n'osèrent croiser leurs baïonnettes devant oe petit nombre de guerriers, qui n'avaient d'autre arme blauehe que le sabre; ils se bornèrent à fiisiller de loin. Parvenus à une demi-lieue de la ville, les Grecs virent paraître un corps de cavalerie égyptienne, fort de plus de cinq cents homines^ qui accourait de Bochori pour leur fermet le passage. Ces Hamelucks n'atteif^^mrent que Fatrière-garde, où se trouvaient plusieurs malades et entre autres le générai Stournaris; ils ne^ pu^ rent arrêter la marche des ohféliMSw Un Soii- Uote, après avoir tué im des cavaliers, s élança sur le cheval de FArabe^ et poursuivit quelque temps les ennemis qui se retirèrent bientôt, les uns vers la montagne, les autres du côté de la mer. Ceux-ci rencontrèrent dans leur retraite cent cinquante. Grecs qui, sortis de Clissova, se dîr^eaieuty comrn^ 1^ autres, vm le monaiî^ tère de Saiut*Siméon. La lutte fut plus longue.

umohdsiQm. 3ii

Beaucoup de Mamelucks périrent; mais la plu- ]>art des Grecs tarent tués ou dtspevséë. Quel* ques-uns seulement se joignirent à leurs frères- (le Missolonghi^

Arrivés au «ooiiaslere. de SainlnSiméoii» les chrétiens se croyaient hors de danger. Ils aperoeyaient sur le p^cbant de VAraoyothe des troupes qu'aux anbes et au langage ils prenaieiit pour des concitoyens. Tout-à-coiip , une fusil* lade habilement dirigée porte la mort dans leurs» rangs ; ils reconnaissent les Albanais. Exténués^ par un mois de lamine, lassés par un combat de^uatro h^uiss, ils sembhieut devoir succomr ber sous ces nouveaux, ennemis. Cependant, malgré Tayantage de la positicoi, les Albanais ue purent arrêter Fimpétuosilé de l'héroïque phalangeé Mais chaque pas quelle faisait était marqué par la chute de l'un de ses guerriers. Déjà plus de deux cents avaient péri y ou étaient tombés, couv^ts de blessures, enire les mains de Fennemi, et leurs compagnons- oomiQençaientà croire que le signal entendu^surces rochers avait été donné par les troupes d'Ibrahim pour les tromper. Mais au moment où ils étaient parve^ nus à la moitié de la hauteur, et où le général Démétrius Macris venait d'attaquer avec succès le flanc de leurs adversaires, ils virent enûn des

3ia HISTOIBE DU SIEGE

Grecs accourir à leur secours. Ce faible corps n© comptait que trois ceats hommes. Cependant son arrirée* redoubla Tardeur des braves de Missolonghi. Les Albanais, écrasés par une nouvelle attaque et sHmaginant que tout le éamp de l'Étolie allait fondre sur eux, abandonnèrent TAraqmthe et cessèrent d*inquiéter la retraite des dirétîens. Les troupes du dehors étaient conduites par Évangélis Contoghiannis , comman-. dant de NéopaUras, qui s'empresskit de venir au secours de son père Mitsos , âgé de'soixante-dîx ans, et de son cousin Nicoiakis. On comptait parmi les officiers J. Panomara , Pharanglis, Sjo^ racas et N. Capélis. Karaiskaki, alors malade , n'avait pu marcher avec eux.

Du sommet de rAracyntbe, les nobles restes de l'immortelle garnison contemplèrent un moment, aux premiers rayons du jour, les dérbris des remparts qu'ils avaient défendus avec tant de gloire, et que la faim seule avait pu leur arracher. Ils jetèrent ensuite un regard sur leur troupe. Plus de cinq cents d'entre eux avaient succombé. Dans ce nombre on remarquait le général Stouroaris , le général Sadiroas , Papadiamanto»

poulos, membre de la junte de gouvernement (i\

(i) Démétrius Théo^étis.étajit mort de maladie daosles derniers' jours du siège.

DB MISSOLOITGHI. 3l3

Athanase Rasis chef politique de la ville, Tiagënieur Koccint^ le rédacteur eh chef des CAroniques Maïer , et rëvêque Joseph qui , pour ne pas tomber vivant entre les mains des infidèles, avait imploré d*un soldat grec la fin de ses souffrances et la palme du martyre.

Quoique harassés de fatigue, tes chrétiens continuèrent leur retraite vers le petit bourg de Dervékista , situé à huit ou dix lieues de Missolonghi. Ceux qui conservaient quelques forces soutenaient les malades et les blessés. Tous se traînaient ainsi d'abimes en abîmes, et de tor* rents en torrents, au milieu dtme solitude effrayante. Les maisons qu'ils apercevaient étaient en ruines ; ou si quelques-unes restaient debout, elles n'avaient plus d'habitants. Nulle part un morceau de pain , nulle part un homme qui put les guider. Lés uns arrivèrent en deux jours à Dervékista; les autres n'y parvinrent que vingtquatre heures phis tard. A l'aspect des toits *de ce village, ils espérèrent un peu de repos. Vain espoir ! Le village était abandonné , et les troupes de rÉtolie qui l'occupaient, manquant ellesmêmes de vivres, ne pouvaient leur être d'aucun secours. £lles ne pouvaient même leur offrir aucun moyen de soulager les douleurs des blessés. Il fallut donc se remettre eu marche pour tâ-

3i4 HisToims DU tttes

cher de gagper Salona. I^a route était encore

déserte. La famine qu'ils avaient voulii fuir, les suivait partout. Dans les longues joiunées de cette effiroyable retraite, à chaque instant, l'ua d'eux , accablé de souffrances , se laissait tomber sur la terre, en disant : « Mes frères , je ne puis aller plus loin; c'est un camarade de plus que vous aurez à venger. — Que ta mémoire soit éternelle, généreuit patriote (i)! « liu répondaient ses coiiipagnoDS. Ils lui donnaient le baiser de paix, et ils continuaient leur route. Six cents braves moururent de cette manière avant que la colonne parvînt à Salona (2). £nfin, ceux qui survivaient à tant de p^its aperçurent les tours de cette ville et les drapeaux de Constantin Botzaris. Les soldats de ce général les reçurent avec une vénération religieuse. Ils pleuraient à la fois de pitié et d'admiration. Le peuple partageait ces sentiments.; et de même que Missolonghi avait été nommée la ville sainte , on donna le nom de troupe sacrée au reste de ses défenseurs. Us étaient alors réduits à dix - huit cents. Je u ai pas voulu interrompre le récit de leur

(1) La plupart étaieiil déjà nutkuli!' ^toat de quitter Missolopghi.

m MISSOLOKGlil* 3i5.

retraite. Je dois maintenant revenir à Icfurs frères qui s'étaient enfermés dans quelques maisons de Missolonghi et dans la tour des moulins à vent. Chacun de ces postes fit la plus longue résistance possible. .Chaque fois que les Turcs en approchaient, un feu dirigé avec adresse édaircissait leurs rangs et vengeait leurs victimes. Lorsque les Grecs croyadent ne pouvoii:

plus se défendre, ils ouvraient les portes; les Turcs se.pi^écipitaient en fouie dans Tintérieur, et à nnstaat le fea mis aux poudres engloutissait à la fois les vaincus et les vainqueurs. Quelqu^wes de ces maisons restèrent debout jus-, qu'au soir du avril, d'autres toute la journée suivapte, et la tour d'Anémomyle ne sauta que le a5. •

Ces diverses attaques coûtèrent encore à Ibrahim un gprand nombre de soldats. Il avait perdu la moitié de son année pour s'emparer de Missolonghi, et n'y trouvait . qu'un monceau de ruines. Épouvantées du courage des assiégés , MS troupes, au lieu de porter sur leur front la joie de la victoire , semblaient glacées de craiotis et d'horreur. Elles jetaient des regards sinistres sur ce sol bouleversé de tous côtés par le salpêtre, et se croyaient sur un vplcan tout près de les engloutir. Eiifiu, quaud les barbares sefurept assu-

3l6 HISTOIRE DU SIÈGE

rés qu'il n'existait plus un seul Grec dans la ville, quand ils n'y entendirent plus que le bruit de leur» pas, ils reprirent assez de courage pour exécuter les nouveaux ordres de leur chef.

A sa voix, ils se réunissent, sabîssent la pioche au lieu du ftisil% et commencent à remuer les décombres sanglants des édifices qu'a renversée la poudre. Que cherchent- ib dans ces ruines? Comme des bêtes féroces, ils fouillent la terre pour trouver quelques débris humains que 1 explosion n*ait pas complètement défigurés: et ce n'est point que la faim les pousse à dévorer ces tristes restes; non ; ils les salent, les entassent dans un navire pour en réjouir les yeux d'un despote qu'iront féliciter de cet heureux spectacle tous les ambassadeurs chrétiens.

Pendant qu'on chargeait un vaisseau des têtes destinées à décorer le pdais du sultan, les Grecsqui avaient perdu la liberté-sans pouvoir perdre la vie, étaient conduits enchaiués à Janina^ à Prévésa et dans les antres villes marchandes de' ITÉpire. L'Europe a revu dans ses marchés des citoyens d'un état libre, leurs femmes, leurs enfiints, étalés et mis en vente, à côté des plus vils animaux, et pour le même prix.

Le jour même où Missolongfai enTuines tombait au pouvoir d'Ibrahim, des citoyens propo-

DE MISSOLONGHI. Siy

sûent, dans Napoli, à L'assemblée nationale, de

Êdre frapper une médaille qui représentât, d*on coté, une forteresse et la Victoire planant sur ses tours; qui porlftt, de Taiitre, pour épigraphe, ces mots : A la garnison de Missolonghi, la patrie reconnaissant^ (j). La poésie célébrait les triomphes de ces héjN>s (2). Toutes les feuilles publiques de l'£urope annonçaient leur déli'> vraoce. Nous répétions avec ivresse que Miaour U avait chassé Topai de leur port et la femine de leurs murs. Bientôt un bruit se répandit que le drapeau du Croissant flottait sur leurs remparts. On refusait de le croire : on y fut forcé. Alors on pensa qu'ils avaient tous péri. On savait qu'ils étaient incapables de se rendre , et l'on ne croyait pas possible qu'ils eussent franchi le rempart de fer qui les entourait. La sensation fut profonde dans toute l'Europe. Tous les hommes généreux semblaient avoir perdu des amis; toutes les nations, un de leurs boulevards.

(i) .... «à X*?*I^ v^|M«|ftii» hk lt9iv(«j««?oc Tiic iOvudic «uvtXtûaiwc f'povy ành (itv roO Iviç p^ipouç, fpoûptov, xal

. (a) Ode de M. Démétriiu Ainian.

3i6 HnronuE du siégb

Qu'on juge de la douleur des Grecs. Six jours après la sortie des défenseum de ia villa sainte^ et pendant que quelques-uns d'entre eux traîoaient eocore leur £siim et leurs blessures à trawrs des rocs déserts, rassemblée des représentants de ia Grèce leur offrait, en se séparant, les actioiM de grâces de la patrie, sans savoir qu'un grand nombre de ses couronnes ne pareraient que des tombeaux (i). Cette prucla- TDation retentissait encore dans NapoK, oh le peuple se livrait à la joie de voir établir un gou- ▼emement [dus actif et plus fort. Un messager arrive. On n'a pas besoin de lire ses dépêches: à son air seul, on s'écrie de toutes parts : Misso^ longké n^esi plus! « Oui, répondent les chefs, quelques guerriers en sont sortis , le fer à la main : tout le reste s'est jeté dans les flammes, pour ravir k Tennemi la gloire d'entrer dans ces murs, tandis que des Grecs y vivaient encore. » Le premier sentiment fiif la cbustemation; mais, en un instant , elle fit place à ce courage que donnent les revers aux ames fortes. Les citoyens désespérawnt de la patrie; mais ils voulaient tomber comme les héros de Missolonghi, et cha-

(i) Proclamation du président de la troisième assemblée nalionale, donnée à Épidaure le i6 avril iSoS-

m MISSOLOlfGBI. 3f9

euD d'eux amassait sa provision de poudre.

Bientôt, toutefois , en songeant que la Grèce avait conservé ses plus intrépides défenseurs , qu'il existait encore des Botzaris et des Tsavellas, et qu'une poignée de soldats, sans nourriture depuis vingt jours, s'était frayé un passage à travers me armée, les esprits se calmèrent.

L'étonnement*et l'admiration succédèrent au désespoir. On crut voir quelîiiie dbose àé surnaturel dans ces hommes qui triomphaient des besoins de la nature aussi bien que des .armes de Fennemi; et la Grèce, qû'on avait regardéè comme sur le point de périr , parut se relever plus redoutable sous l'égide de cette légion sa- Crée.

* Dans les premiers jours du mois de mai, deux cent cinquante BUssolonghiotes, les seuls qui eussent échappé au désastre de leur ville, arrivèrent à !Napoli. Des souscriptions ouvertes dans cétta capitale et iàn$ la plupart des tles , servirent à donner quelques secours à ces infortunés , qui n'avaient plus de vêtements pour co{ivrîr leur corps exténué par la fUm, et que le désir de la vengeance pouvait seul attacher à la vie, après la perte de tous leurs parents. Quarante canonniers , noble reste de ceux qui avaient servi pendant un an l'artillerie du premier bou-

3aO W&TOIBE DU &i£G£

levard de la Grèce , furent chargés de la défense du fort de Bourtzi, dont le commandement fut confié à leur digne chef Mitros Deligeorgopou-

los (i).

Tandis que les autres débris de la garnison se

remettaient de leurs fatigues au-delà de Tisthrae de Corinthe, où le général Démétrius Macrîs était aussi retenu par la maladie^ les généraux Noti Botzaris, Kitsos Tsavellas, George Ritsos, Diamanti Zerva, et George Valtinos, la plupart des chefs secondaires, et quelques soldats, furent appelés auprès du gouvernement, ils traversèrent la Morée au milieu des acclamations imiverselles. On accourait de toutes parts sur leur passage pour les bénir. Le jour de leur arrivée dans la capitale , cette ville était déserte : tous les habitants s'étaient portés en foule à leur rencontre. Du moment où les sentinelles des remparts les aperçurent, une décharge des canons de Palamide, cinq fois répétée, salua leurs drapeaux. Malgré leur séjour à Salona^ les traces de leurs privations n'étaient pas encore effacées de leurs traits. Leur visage pâle et desséché » leurs yeux gonflés et rouges, leur chevelure en dé*

(i) Journal officiel de Napoli.

DE mssoLOirGHi. 3a I

sordre, leurs vêtements noircis de poudre et tachés de sang, rappelant à la fois leur courage et leurs souffrances, enflammaient dans 'tous les cœurs Tadmiration et la pitié* Chacun les serrait dans ses bras en pleurant , et des sanglots interrompaient les louanges qu'on donnait à lelij(^6ur.

AnOAElKTIKA.*

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AnOAEIKTIKA.

OPOIOPIINH AIOlKimS TH2 £AAAA02.

To uicoupyeiov tou icoXe^ou IIpoç Tov ymocufraTOv orpaTiQY&v jciipiov renSpyMV

ApOQCOV.

JËiueiÂiQ xal 1] 2eëa?Yi AïoixYiaiç p.flcvôay£i Tuapà iro^â>v,

xal ÀvttToXixov, £X7riC(«>v và xaTopOotaip èxelvo to oiro&bv Ôôev

p(t>v xal e^aTcéçËiXev ei; èxeiva toc (A^pYi Taç àvayxaiccc Tpo^àç xal iroXepLCfo^ia * miçifaaffa xat èirirpoiniv h

PIÈCES JUSimCATlVES.

GOUyËRN£M£NT PROVISOIRE D£ LA GRÈCE.

Le. ministère de la guerre au vaillant général

George Dracos.

No^a£ auguste gouvernement a été instruit que l'anneqû, méprisant les redoutables armes des Grecs, et favorisé par des événemens fortuits, a passe rAchéloiis et s'approche dçja de Missolonghi et d'Anatolico, dans l'espoir de mettre à fin une entreprise que, jusqu'à ce jour, il a vainement tentée.

Le gouvernement, veillant, comme un tendre piâre (i), à la sâreté et au repos de ses peuples, avait. déjà pris des mesures, et envoyé, il y a quelques jours, dans cette parjtie de notre territoire, les

• . (i) L'origiiial porte nomme une t^mdre mèré^ parce que le mot grec qui signiûe gouvernement est ISmiiiin.

MeeroXoyyiw , ioiksa «ut^ xai j^p-fl^ara Trpo; Jieu6uvciv Tôv cévaYxaia>v, ypatjfocffa xai toi^ exf i ^lopi^év-

e^Opûv, XGCi «xoXoud«d( ÔeXei icé{A(|iei xal âpxeTàxapàSia, Tflt Sirota icapairX^ovTa fiç exeîVft tJ (jLgpyi ÔAouv è|XTCoSii^ei xaôe icXolov è^^pucov pLexfli^pov Tpofàç oXXo «vocyxoûbv €Îc TOi»ç è^Opouç.

ov ( oiuep Y^^^^'^^ ) ^Xo^ô^Vi^ avay^D eic exeiva Ta

xoci va TpÊ^DTt icpdç ^(Mi^iav.avtpiâM [xà oXou^ to&ç • T^v â^Ttyiov fJoç éfrXapjç^nyoùç xai çpatuâraç , xal [w tyiv ^povTieriv «oc, ov^peiov xat icoXepiudiv «(tiretpiov caç^ ^tfTdu&Mte ^ SXK]pia xcv^i&ixirix t25v è/Opûv, ^(^vreç eî( ciÙTûùc TYjv (XTcoTcXiopcociv Tflç aufia^fiiaç aÙTt^v, Sût

ÊXXiffvuiv.

«*5f wTTOiipyaoi» toutou kî 2cê«ç^/i AtoixTici; Trpoç TYjvywajJioiSàç TÔy rfvîpoyaÔTïUL^ttwv caç îtà va <r^^|/'^ r^v avÎT-

JUSTIFICATIVCS. 35^7

vivras k& imaiÛQm sécemif^ Il mit. it9bh

une junte dàns Misspibngbi , et lui 9Wl imusi]^ Vwn gent pour subvenir aux besoins les plus pressants. Il a écrit aux génératix qui oonuBaddent éuoB ces provinces tfêtre attentifs aux mouvements de l'ennemi ^ et il doit envoyer incessamment un certain nombre Je vaisseaux qui, croisant sur les cotes, empécberopt tp^t b&tiji^nt étranger de porter des vivres ou d'autres provinons aux mfidèles« '

Il vous Nifef^ -en même temps (i) que, si (ce qu'à Dieu ne plaise ji fette partie de la Grèce vient h avoir besoin de votre aide, vous devez mettre la plus grande attention à vous concerter avec les généraux qui s'y trouvant, conduire à leur secours tous les officiers et soldats sous vos ordres, et par votre prudence, votre valeur, votre expérience de la guerre, rendre vains les efforts de Teonemi, le

(i) Mot à mot: il informe voire valeur. Cette expression qui, en français présenterait un autre sens, est souventemployée par les Grecs modernes, comme un titre honorifique. Ils éorivent à un général votre valeur j de la même manière que nous disons à un minbtre votre exceUencef à un prince votre altesse. Ces derniers mots sont aussi en usage dans la Grèce. Il serait à désirer que les Hellènes rayassent de leur dictionnaire ces locutions qui ont Tair trop étranger dans la langue des Spartiates et des Athéniens.

3a8 PIÈCES

AAAM A0ÏKA2:

AimHTPlOS 2AAT0AH2.

JUSTÎFIGATTOS. 3!I9

punissant de son insolence, de manière à ce qu'il n^ose plus tourner sês annes contre les Grecs.

Notre auguste gouvernement vous annonce, par Tentromise de ce ministère, ce salutaire dessein, et attend la nouvelle de la prompte destruction des ennemis. Sur ce, il vous souhaite des victoires et des trophées; préparimt encore des récompenses à vos exploits, et disposé à parer votre tête invincible des lauriers immortels de la gloire dûs à vos combats pour la.fioi et .pour la patrie.

A Sfapoli, lê 17 avril i8a5.

Le nUmstre de la guerre ^ Adam Doucas.

Le secrétaire'général f D^ifériiins SaltOus.

33o ^ -.vito»

Te>«(av Xowcèv ipXDpo9op4«v aa^ <barf^.i^\<^uy^ 5ji^ ToXpnTMCÇ oStoç Apa<|/ , âweXm<ïOeiç icX^ov to5 và li^ rèf

sâiîcdv TOU, Yi xai tou aùôévnî tou louXTavou tàvç^ov,

<rav etç SoS^ov, turvfXtev eîc rè xivrp'ov tîîç lîeXowoWT^-

cou , îcat è)ceti9ev tc^qç Ta wepi tïjv ^louoiaiv ^U^in ' x«towço- Xe(AD0el( icoevra/ou , «iccaX^ffac T^epiTTOu ïio^iXtouc tx Twv èîdfiXTOTépwv TOU , xal 6 i^ioç aÙToç ^Xifiycadel^ rnv Âe^iàv xaipîittç^ icapajcaOnToi el< TpiTroXitÇàv ^ ^ouç TOU Toùç Apaêaç , âjjLTi^avwv xepl tôv TçpaxTecav tou.

Twv, va Tov 7uepi3cuxX&)ffCÉ>Gtv £ic TptTuoXiTÏ^àv, içavToi

o u7uep-/i9avo; outo; ij^ôpoç eivat çevà xXeiGji^vo;, îtal çepi9(iiivoç TP09ÛV xtti iroXe|JC€9o juAv.

j i! sTi ne A.T1 V ES. 33i

Fragment (Tune lettre adressée du quartier-gêné' ral du Péloponèse aux chefs de la garnison de ÂÊissotongki.

Vous aurez certauramcnt afkpriâ qoe TEgyptien s*e$t avance dans Fînterieur da Péloponèse; maïs il est probable que vous ignorez comment, c est-àdire quels ont été ses succès et ses revers. Pour dissiper voire iocertitude, notais toos «nnotirons que cet audacieux Ar^be , désespérant de i^yoir ou sa propre flotte ou celle du- sultan, puisque la plupart des vaisseaux de Tune et de l'autre avaient été ou brûljés, ou pris dans diverses batailles, et que le reste était bloqué dans le port de Suda , pénétra dàns le centre du Péloponèse , et de là voulut se porter vers les lieux qu'babite le gouvernement. Mais, partout attaqué, ajent perdu environ deux mille de ses meilleurs soldats, blessé lui-même dangereusement à lé main droite, il reste maintenant dans TripoUtza avec tous ses Arabes, ne sacliant plus que tenter.

Les Grecs, depuis qu'ils sont parvenus, selon leur désir, à le bloquer dans Tripolitza, restent à leur poste avec une résolution inébranlable; et déjà cet

33a piteBs

xal èçï peëaioi oti eùOùc àp^ ou xaTa7p£^ù>p.6v tov (x.avuiiii ToCrrov ÀfoiSa OiXofuv ««( «popAcwei (&' Skv$ t^v â«aiTov»(xivif)v ^ovfQeiav IleXoiuovviiviaxûv ^uva|ie(av«

jrUSTIHCA.TITS8. 333

orgueilleux ennemi est étroitement resserré, et privé de vivres et de munitions de guerre*

Vous , illustres frères , repoussant toujours avec courage et avec grandeur d'ame les assauts des barbares, ne laissez point s'afibiblir votre enthousiasme patriotique; et soyez certains qu aussitôt que nous aurons détruit oe^ Arabe ûiriemK, nous nous bâterons de cQ!nduiEe4 vptre sepoifiv.das.liK)upes PélopoQésien9es. - ^ - - tx /

Lévidi, le 20 juin 1825.

lies patriotes, Th. Gologotroiti, Jean No- TAQiAS, André ZaJlmis, DiM. Papatzonis André Lundos.

334 Bli£CS

' ^MNtitVlv tfîç ^pcyoraç rx; À. A. B. M. tott

Tn^ ï. Èv j> <ii È^Qj^éTaToi awjpiot àictçûtXp.évot tt,;

eiçiçûtTTiv et; to va îo6^ «tco jç^Ôeç axo piri to TeXeu-

>éyovTeç, oti éTcetSY) 'ôpiepav Trap' TQp.épav -îreptiiéveTai ô ËXXiQvixoc çoXoç, ûtc' oùÂevi Xdyi^ 2iv oof&fépei stç toc Aù^piaxà TCoXepiixà Tc^oîa voc p^voatveiç tov evTaOÔa Xi-

ÈiretSy) Sà oi uiroçaivo^.evoi sTupoÔ'jjioroiYiÔriffav và âicoxpiôôiat vapfltuTa , ^èv â|if lëaXXouv dri to lyypdfov TOUTO uir' otpiô. io5o éve^etpwôy; yiSti â:ro itiv ^ôè; upoç Toi»c Kupiouc«êipeçotX(A^vouç Tniç. Èv TjdaouTCA, xctTa^éoç

ûtiîapatTYjTov yvwçoicûiouv tyiv Y. È. , du cctwO TCTjyviv

. ÎT* 3. -

Letire de la Junte ofiargée du gouyerfiement de . ia- Grèce -Occidentale à l'honorable chevalier

Boiiratovits y commandant de la J régale de S. M. A, la Carolinis. . .

Monsieur^

Les soussignés ont l'honneur de représenter à votre, .exceiience que ses envoyas ont vivement iu- •islé «qnte ih rins^ectear*<géiiérâl.d«R^ttfie^^ pour qu'on leur donna dans la journée d'hier, une réponse définitive sur l'afi^im ftu na|HtaÎ9«^£« Yiaf nello, disant que, puisque la flotte grecque était attendue d'un jour à l'autre, il ne convenait, sous aucun rapport, aux vaîsseaui^ de guerre autrichiens de rester dans notre port.

Les soussignés s étant empressés de satis&ire surle-champ à cette demande, ils ne doutent point que leur réponse (sous le n° io5o) n'ait été remise , dès hier, aux envoyés de votre excellence. Ainsi, remplissant un devoir impérieux ,^ ils font connaître à votre excellence qu'ils ont reçu d'unê^' source certaine la nouvelle de la prochaine arrivée de la flotte grecque dans ces parages. Coijime on

336 piiicBS

fltXovôaçov Êtvat irXTipoçopiai PeêaK^raTai ircpl t^ç çty-

eicei$)i TCiÔavwTaTov va 7rape|JLTCÊ(ni tI |UTaÇi» tôv &ia-

yaTa, x,al ^ yoX6Ta La Vigilante , è^axoXouGoucai va {xlvuili irpQmp(U9|A^vai tov XipUva toutov, clvos iv^ Se^oftevov Si' ayvoiav và 7cepiic>ex9ô«v âxou(rba>ç 6t$ âwpoff&oxKi'nJv Ti &uçtîx^ * » cgc^ touto, va icapaêiaffG^ ^ luapà t^ç A. B. K. ML ^MtxKïpuxOeMara lAim-

Épuv îè/riiv TifAiW và 'Svflci, ictA*- x.t«X.

Ô Tev. rpflcfift.. . nXitrâc.

doit s'attendre k un combat entre les vaisseaux des deux nations belligérantes ; si la frégate que vous commandez, et la goélette la Vigilante continuaient à rester à l'ancre dans le port , il serait à craindre qu'elles n'éprouvassent par inadvertance quelque fâcheux accident, ou du moins que leur présence ne fût contraij;e à la neutralité proclamée par S. M. !• et R* A*

En mettant ces réflexions sous les yeux de votre excellence, les soussignés ne doutent point qu'elle ne prenne dés^ mesures pour obvier aux inconvénients que nous venons d'indiquer.

Ils <mt l'honneur d'être, etc., etc.

Le 2 (i4) juillet i8a5, à Missolonghi.

Jean Papadiamantopoulos.

Démétrius Thémelis.

Le secrétaire 'général y Ph. Plitas.

33d PIÈCES

EniSTOAH TON nPOKPITON TH2 NH20Ï

YAPA2,

ËXXa^oç ÉmTpomfv.

f^pa, 7 Aexe|i.Sp(ou.

2aç eyive yvc«)çov on rà xapàêià j^aç ^ à^' ou ei; rà

và éinçpét|«ouv , og^i ^u^ti ^àv toùç èçc&flciAev ev xoipcp xai

Tpoçàç xal 7ÇoXe|ie^oSia , aXXà StOTt cctto toÙç èvav- TiotK xaipoùç Ti irpj'ao iqfapûv âipoçaXèv irîloibv (te toc

eîç T^v axpav âvttYX7)y <yaç , xol àvaXyoiï|uv etç toÙç (ao-

Ta 3iapaSià p.aç (AeTa oiïou^tiç ^lopOovtSfuva oXC^ov Ti xal éfoâiai^opLeva, (^st' oXi'yaç iQpipaç èxicXiouv • èv TOOoiiTij» TrpoeÇ^ir^uffov ai (xoipai tSv â&<>9«Sv (laç SiceTaiwTÛv xal ^^aptavûv. SxaÔ^Te Xoiitov Y^vvouaç, 8(x.\|;u^fft«aTe (Aè icapà^etyiAoe aaç t^v flcetjj&vmç'ov 9pou-

Lettre des primats de iUle d'Hydra^ à la Junte

de Missolonghi, chargée du gouvernement de la Grèce Occidentale.

Vous savez que nos yaiss^ux , après avoir fait, dans leurs combats sur vos côtes , tout ce qu'il leur était possible de faire se trouvant, seuls ont été forcés enfin , par le défaut de vivres, de revenir dans notre port. Ce n'est point que nous ne leur eussions envoyé à temps et des vivres et des munitions de guerre: mais, malheureusement, des circonstances contraires ont empêché le bâtiment que nous avions fait partir, il y a vingt jours, avec de nouvelles provisions, de les rejoindre assez tôt. Frères, ne pensez point que nous puissions vous négliger daiis vos dures nécessités , ni que nous voyions sans douleur vos souffrances et vos périls.

Nos vaisseaux réparés avec empressement et approvisionnés de nouveau, remettront à la voile dans peu de jours. Déjà sont parties les divisions de nos frères de Spezzia et de Psara. Résistez donc courageusement. Animez par votre exemple et la garnison de Missolonghi, digne d'une éter-

34o vi ècis -

«ivoi oupLiroETpiATon (Aaç )èv eêpyouv và SXOofiv «al aO- TOI và ouva^uviodouv |ù Toiij; ippotxxXeuaovTocç ce ^cXf ouç

jusnviciTm». 34 1

nelle mémoire^, et les habitants de cette ville, si remplis de patriotisme. Sofez certains que Dieu et la patrie vous réconfjîïenseront de vos héroïques combats. /I)o8 ia£iti|;ab]es marins s'ejnfwes^eront de mettre en mer afin , de combattie pomr votre dé* iivrance et pour celle de la Grèce entière, avec leurs frères partis avant eux*.

Les pkijbats de i!Ile x>'Htj>&a.

342 PlèCES

nPOinPINH A10IKH2I2 TH2 EAAAA02.

O IIPOEAF02 TOI fi]iT£\£;:(TJ(]|LOÏ

Eîvoi YVCdçoç eiç ^ouc 6 xiv juvoc toS MeooXoYytov,

«tov ^uva(&iv * ôXXà xocTà ^uçuxiov irpo dXiycfW lifce-

pwv 6 8)^ôpixoç 70X0Ç axoxXeiet èXeuGepwç Ta TTopaXia toO

icoX£[j(.69o^i(o^;, Ta ÔTCOÎa eJaTràvyiffev etç toç ^la^opouç voupu^Mç, çepuptivD xoi âito Tpo^àç, ijvayxoaOi) và linçp^ij/yj* xal ïi^T) ^là va èxTrXguav), ocTwatretTat tJcaviQ tco- <'^'n}c xP^pL^^uciq, T^v 6mi»f to T«pL8tbv &èv ^uvarai im Tof? wap<?VToç và e$oi)covo[iTfff7|. Ô piovoç iropoç , dçiç 6ipoXeimTai, eîvat 6 irpooiperixoc Ipovoç tÔv 6pioYevûv y dffoi «ivOavovTaei tôv xtv^uvov t^ç IlaTptîo;.

Ta yLÙjn ToS BouXeuTixoG Giâpbaroc ^uvst^lpepov xar' «ÔTÀv Tov TpfJicov ôwèp ràç oYÎonfjcovTa îuo ^i^iaîâç ypoGia, xal àvaXoya»; ôéXouGi ouveia^pdi xat Tcc Xotirac XioixDTtxot ^Dcn,

JUSTIFiCATlV£S. '

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