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NOYAU CENTRAL DE LA FRANCE

L’Auvergne était la patrie de ce Vercingétorix qui, selon l’expression de Chateaubriand, balança quelque temps la fortune de Jules. C’est en effet le sanctuaire de la France. Massif élevé, étendu, granitique, l’Auvergne est à la fois peu accessible aux invasions et aux idées. La population y est simple, active, un peu rude ; mais elle tient avant tout au sol qu’elle habite et à son indépendance. Si l'existence politique de la nation française était menacée, l’Auvergne serait encore, comme au temps des Gaulois, le dernier refuge de la patrie. C’est toujours un élément puissant, pour constituer l’individualité d’une grande nation, qu’un noyau granitique central, d’une certaine étendue, enveloppé de bordures et de bassins de sédiment.

Il est possible qu’une partie du sol de l’Auvergne appartienne à la consolidation primitive du granité, et n’ait jamais, à aucune époque de l’histoire de la planète, été recouverte par les eaux. Ces terrains seraient donc, pour une partie du moins, du granité primitif, (ayant appartenu à la première écorce. D’autres parties sont formées de schistes cristallins très-anciens, reconstitués sous l’influence de la chaleur, et accompa-

LA GAULE

gnés peut-être de nouveaux épanchements de granité liquide. C’est ainsi que dans le Limousin existent des bandes de terrains cristallisés, dirigées suivant le système de fracture du Longroynd.

D’autres additions de terrains primaires et d’épanchements granitoïdes se sont faites successivement; en se soudant comme des marges ou des annexes au noyau primitif, elles en ont accru l’étendue.

Ainsi, dans le système du Hunsrück, s’est élevé le promontoire du Pilât, qui domine Lyon. Peut-être formait-il deux croupes parallèles, d’ailleurs surbaissées, comme on le voit souvent à cette époque ; et c’est entre les deux que restait la flaque d’eau de Saint-Étienne et de Rive-de-Gier, où la végétation houillère s’est développée en eau douce, comme dans un marais.

Puis vient le soulèvement de la Margeride, au nord de Mende, dans le système des Ballons, qui constitua le front méridional de l’Auvergne. Puis, un peu plus tard, dans le système du Forez, s’allongèrent vers le nord deux promontoires : celui du Charollais, qui sépare la Saône de la Loire, et pousse son faîte primaire jusqu’en Bourgogne; et celui du Forez proprement dit, entre la Loire et l’Ailier. L’élévation de ces deux pointes parallèles a été accompagnée d’éruptions de porphyre.

Plus tard encore vint le soulèvement des Cévennes, qui dessinèrent un front sud-est, sur le prolongement de la longue arête du Jura. Mais les calcaires jurassiques sont surmontés ici d’un faîte de granité, qui se relie au noyau central, dont il forme seulement la marge élevée. Enfin, dans cette croûte asséchée de bonne heure, et par conséquent plus mince et plus facile à rider, l’action centrale s’est plus longtemps conservée. Après le soulèvement des grandes Alpes, qui en Auvergne comme ailleurs a entraîné l’écorce d’un certain mouvement, les anciennes failles ont donné passage à des éruptions vulcaniennes, qui ajoutent à la variété et'à l’inégalité du pays.

Composée de tant de soulèvements distincts, souvent peu étendus, l’Auvergne forme une masse irrégulière, d’une struc-

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