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CHAPITRE Y

LES ILES BRITANNIQUES

ARÊTE 0CHR1NIENNE.

La péninsule sud-ouest de l’Angleterre, qui comprend le Cornouailles, le comté de Devon et une partie de celui de Somerset, offre des analogies remarquables avec la Bretagne française. Elle présente une presqu’île à peu près parallèle, séparée seulement par le canal de la Manche, composée aussi de terrains primaires, et traversée de filons métalliques. Les peuples y ont parlé longtemps la même langue, un dialecte semblable du celte. Us ont passé facilement d’une péninsule à l’autre, même pour des émigrations. La première direction du mouvement fut sans doute des Gaules vers le Cornouailles et le Dcvonshire. Du temps de César, les Bretons du continent étaient le peuple le plus civilisé des Gaules; leur commerce s’étendait apparemment sur la Manche. Les mêmes restes druidiques couvrent la Bretagne française, le Cornouailles et le Pays de Galles, et portent les mêmes noms de cromlecks, de dolmens, de meinihirions. Mais plus tard le continent fut à son tour le refuge des colonies celtiques, lorsque la race saxonne vint faire la conquête de l’île. C’est alors, au ve et au vi' siècle, que saint Malo, saint Pol de Léon, saint Sampson, saint Magloire vinrent

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fonder, dans la Bretagne romaniséc, des églises wclclies, dont les traces subsistent encore (1).

La péninsule ochrinienne date de l’époque du Hunsrück; elle est formée de terrains siluriens et rhénans. Elle commence au cap Land’s-End, extrémité sud-ouest de l’Angleterre, et s’arrête à l’étranglement de la presqu’île entre Bridgewater et Sidmoulh. Cet étranglement correspond aussi à une dépression très-sensible, par laquelle passe le chemin de fer de Bristol à Exeler et Plymouth.

L’arête ochrinienne est une croupe élargie, dont le terrain onduleux se composedecollines arrondies et de petits plateaux, que séparent des vallées peu profondes. Son sol, assez ingrat, exposé de lotiles parts aux influences de la mer, est peu favorable à l’agriculture et même la végétation en général. On y voit des étendues considérables sans culture et sans arbres, recouvertes seulement de bruyères (2), d’ajoncs (5), de tourbes, et de distance en distance, de pâturages peu productifs. Des îlots de granité qui poussent leur tête au-dessus du plateau se font surtout remarquer par la stérilité de leur sol (4).

Le Cornouailles tire son nom de celte consitulion rude et accidentée. Cornwailis signifie en celtique la Gaule des pics, des montagnes de pierre. L’ile antique, qui s’arrêtait, comme nous l’avons dit, vers Excter, a été fendillée par l'éruption du porphyre quartzilere. Les métaux ont rempli postérieurement les fractures, où le mineur en exploite aujourd’hui les filons.

L’arête commence véritablement aux îles Scilly ou Sorlingues, qui forment un premier massif, au milieu de la mer. Le

(1) C’est aussi dans ce mouvement de retour que périrent, dans un naufrage, les onze mille vierges dont on montre tes ossements il Cologne. On connaît aujourd’hui le texte original de la chronique qui a fourni matière h cette légende, et dans laquelle les deux mots unie similia avaient donné lieu h cette méprise plaisante undccim millia.

(2) Calltma vulgaris ; Erica cinerea, E. letralix.

(3) Ulex europœus.

(4) Dufrénoy et Élif. de Beaumont, Voyage métallurgique en Angleterre; 2e édit., 1837-39; tome II, p. 178 et 179.

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