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ARÊTES HELLÉNIQUES

L’arête qui borde ie golfe de Lépante, et qui croise la ride du Pinde, forme le noyau de TAchaïe. Elle appartient au système de soulèvement des Pyrénées. Elle longe le rivage depuis Patras jusqu’à Corinthe, et vient se terminer à peu près à la route de Corinthe à Argos. Au premier abord, la péninsule de l’Argolide paraît dépendre de ce soulèvement ; il est probable, en effet, qu’elle a reçu, dans ce mouvement de couches, sa disposition première. Mais c’est le système du Taira qui , dans une époque plus récente, a donné à l’Argolide ses derniers traits.

Le soulèvement du Ténare a produit, en Grèce, des failles d’une grande hauteur, plutôt que des redressements de couches. On en voit des exemples à la crevasse de l’Aspropotamos, l’ancien Achéloüs; à l’escarpement abrupt duGargaliano en Messénie ; enfin à la fracture de Marathonisi au Lycovouno.

Le système du Sancerrois, qui est un peu antérieur, avait déterminé de son côté, non seulement la vallée et la haute chaîne de l’Erymanthe, qui ont servi à établir ce système sur le sol de la Grèce, mais aussi la vallée principale et la chaîne calcaire d’Égine, les îles d’Hydra, d’Amorgos, de Cos et beaucoup d’autres, enfin les Monts-Pangées de la Macédoine.

Dans le mouvement de terrains que détermina cette révolution, le sol bascula dans le sens de l’ouest-sud-ouest à l’estnord-est. Ainsi se formèrent les bassins du Pirée et de la Corinthie, qui nous offrent des dépôts pliocènes, et qui ne re-

vinrent au jour que dans le dernier entrainement du sol. Celui-ci releva la masse péloponésique, en général, de 200 à 250 mètres, suivant la commission scientifique de la Morée (1). Cependant l’isthme de Corinthe n’offre pas, entre les deux mers, une barrière élevée. Le point le plus favorable au percement ne présente qu’un seuil d’une altitude de 60 mètres.

Un entre-croisement remarquable de plis a donné à l’Hellade et aux protubérances qui parsèment la mer Égée, la figure compliquée que ces régions nous offrent. L’Attique s’était soulevée du sein d’une mer crétacée, suivant le système du Vercors. Nous comprenons dans l’arête Attique son prolongement en Béotie. Le système des Pyrénées vint ensuite remanier celte arête et celle de l’ile d’Eubée, mettre au jour le prolongement marqué par Andros etTinos, et dessiner en plis parallèles le canal d’Ægripos, la plaine de Thèbes, et celle d’Égine à Corinthe. De l’entre-croisement du système des Pyrénées avec celui du Vercors, résultèrent la dissémination des îles de l’Archipel, les sinuosités nombreuses du rivage, enfin un relief du sol en forme de réseau, comparable à une dentelle dont les montagnes seraient les fils et dont les vallées seraient les mailles (2).

Dans l’impossibilité de suivre pas à pas toutes les articulations de ce réseau, il nous suffira de jeter un coup d’œil rapide sur les deux principales arêtes de la Grèce orientale : l’arête Attique et celle de l’Olympe.

La première sort des flots à ce promontoire du Sunium affectionné par Platon; elle domine l’Acropole d’Athènes, et venant passer au sud de Thèbes, elle renferme successivement le Cithéron, l’Hélicon elle Parnasse. C’est au sein de ses roches crétacées qu’étaient creusés l’antre de la Sibylle de Delphes et la grotte de Trophonius. Cette ride est boisée de chênes et de hêtres; dans sa partie occidentale, il y a d’énormes forêts

(t) Expédition scientifique de Morée; Sc. phys., tome II, part, ii, p. 37.

(2) Gàudry et Lartet, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences de Paris ; tome XLIII, p. 318-321 .

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