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Histoire du Théâtre-des-Arts de Rouen

L'Hislolii' du rhcdlrc-dcs-.l)is, ilcjuils sa recDiisInu-lloii cil iHHi^ csl Je rcsunic de l'ouvrdor Iri's développé que M. Cb. raucUu a cousaeré d ce sujel, uitiis doul Fiuipicsslou eût exigé cinq voliiuies et, par suite, des Irais considérables.

Heureuseuh'ul, le iiiamiscril de M. Fiiuclin sera déposé à la ''Bibliolbèque uiuincipale oii il pourra être facilenienl consulté par tous ceux qui voudront compléter mis indications ; ils v trouveront, notamment , la liste complète des ceuvres lyriques représentées avec, pour les ancieniws, le nombre des représentations depuis le commencement du XIX" siècle et les noms des créateurs, et, pour les nouvelles, l'analyse du livret et de la partition, d'après les comptes-rendus des journaux locaux; eupn des renseionenwnts très détaillés et toujours puisés à bonne source, sur le Tbédtre et tout ce qui s'y rattacbe. Des index alphabétiques rendent les recbercbes aisées et iu)us engageons nos lecteurs à prendre connaissance de cet ouvrage, persuadé que, comme nous, ils reluiront bomniage d sa clarté et à son excellente méthode.

Nous tenons donc à remercier M. l'auclin d'avoir bien voulu mettre, avec tant de bonne grâce et de désintéressement, ce précieux manuscrit à notre disjiosition. Notre tache a été

ainsi rendue très facile et très agréable et réduite à un simple extrait qin\ nous vouloirs l'espérer, ne sera pas jiioé trop aride.

Xoire plan, eoinnie on le verra, est emprunté dans ses grandes lignes éi Texeellent ouvrage du Docteur Bonteillcr qui s arrête malheureusement éi Tannée théâtrale i8)yi8)(\ mais présente néanmoins eneore tant d'intérêt. Se trouvera-t-il un patient ehercheur pour le continuer jusqu'il l'année 18/6, afin que notre première scène ait ainsi son histoire complète ?

Xoiis nous sommes e/forcé de relater fidèlement les faits, en nous abstenant, en général, de toute critique et de toute appréciation personnelle. Parfois, cependant, nous n'avons pu dissimuler notre sentiment et nous l'avons manifesté peut -être trop vivement. Ceux de nos lecteurs qui ne partageront pas noire avis, pardonneront et un vieil habitué du Théàtre-des-Arts de s'être rappelé le temps où l'on faisait connaitre sou opinion avec moins de forme et Inniucoup plus de bruit.

Le Théâtre de Rouen, situé au bas de la rue Grand-Pont, à ran<;lo de la rue des Charrettes, avait été inauguré le 20 juin 177(); il s'appehi Théâtre de la Montagne, du 18 novembre ITO.'i au 26 décembre 1794, et reçut alors le nom de Théàlre-des- Arts qu'il a conservé depuis.

Le mardi 25 avril 1876, au moment où les artistes et les choristes se préparaient dans leurs loges pour la représentation (Vllamlet, un jet de gaz communi(iua le feu au manteau d'Arh»quin sur le devant de la scène, et un incendie terrible s(ï déclara, faisant de nombreuses victimes parmi les artistes et les sohiats du 74'^ de ligne appelés à faire partie de la figuration. Heureusement les portes n'avaient pas encore été ouvertes au public!

Tout fut détruit, sauf la façade qu'on avait conservée soigneusement, chaque pierre ayant été numérotée; mais quand on la

reclierclia plus tanl, en vue d'une leconslitulion éventuelle, il fui iin|)o.ssii>le de la retrouver. Ktiani pcricrc ruina'. .

Après les premières émotions passées, le Conseil municipal eut à s'occuper de la reconslruclion, mais il fallait résoudre auparavant la question de l'emplacement.

On proposait en effet de placer la nouvelle salle :

1" Place de la Haute-Vieille-Tour;

2° Place des Carmes;

3" A cheval sur la rue des Charrettes et sur le cùlé Ouest de la rue Giand-Pont, ou plus haut, au-delà de la première de ces rues;

4'' Sur le côté opposé de la rue Grandiront, vers l'Est, soit à cheval sur la rue de la Savonnerie et la rue Grand-Pont, soit entièrement sur celle-ci ;

5" Au Nord-Est d'un houlevard à créer, partant du quai et ahoutissant au Palais-de-Justice ;

('(O Dans l'axe de la rue de la Comédie, au Nord de la rue des Charrettes;

7° Sur l'îlot compris entre le Vieux-Marché, les rues Rollon, Ecuyère et Guillaume-le-Conquérant;

8" Sur le cours Boieldieu |)roloni;é jusqu'à l'Hùtel de Paris, avec entrée principale sur la rue Grand-Pont;

9" Eniin, entre le cours Boieldieu et la rue des Charrettes, sur un emplacen)ent occupé pai- les maisons du couis. à l'Ouest de la rue de la Comédie, par cette rue elle-même et par une portion de l'îlot incendié.

Les projets visant l'ancien emplacement, la place de la Haute-Vieille-Tour, le nouveau houlevard du I^aiais et la plaee des Carmes retinrent seuls l'altenlion du Conseil mu!iici[)al et celte Assemhlêe, dans sa séance du I"' août I87(), |)ar 22 voix contre 10 et une ahstention, adopta l'ancien emplacement et décida la mise au concours du plan de reconstruction.

Quelques jours après, le Conseil volait l'emprise de 6 m. 25 sur la rue de la Comédie et le report de celle-ci vers l'Ouest, allii d'assurer 54 mètres de loni^ueur au terrain alfecté à la construction et d'ouvrir une place de IV) mètres de largeur devant la façade.

Vingt-sept architectes prirent part au concours et cinq

d'enlre eux reçurent des |iriines varianl de 5.000 à 1,000 fiancs. De son côlé, M. Sauvageot, arcliilecle delà Ville, avait présenlé le résultat de ses études, mais en restant en dehors du concouis, à cause de sa situation spéciale. Ce fut lui qui l'emporta, car le Conseil municipal s'était réservé la faculté de ne faire exécuter les projets récompensés que s'ils répondaient parfaitement au but recherché. Or, aucun d'eux n'avait pu triompher des dilTicullés que présentait la façade sur le cours Boieldieu ; parcontre, le Jury avait considéré l'œuvre de M. Sauvageot comme remarquable au double point de vue artistique et technique.

Le Conseil adopta donc le 16 février 1877 ce dernier projet prévoyant une dépense de 1,816,100 francs pour l'immeulde, le matériel et le mobilier.

Une nouvelle bataille s'engagea cependant au sujet du maintien des maisons donnant sur le cours Boieldieu, et ce fut seulement le 20 décembre 1878 que fut conlirmée la précédente délibération : le théâtre serait donc définitivement reconstruit sur l'ancien emplacement, débarrassé de toutes constructions et quelque peu agrandi.

Les foimalités d'expropriation purent alors être poursuivies, puis on démolit ce (|ui subsistait de l'ancien théâtre et des maisons voisines et l'adjudication des travaux eut Heu le lo mai 1879.

Le 13 décembre suivant, la première pierre fut posée solennellement et M. Barra bé, maire de Rouen, prononça, à cette occasion, un discours dans lequel, après avoir fait l'historique de l'ancienne salle et rappelé les projets et discussions auxquels avait donné lieu la reconstruction de la nouvelle, il annonçait l'achèvement de celle-ci pour le !'■•■ juillet 1881.

Les travaux ne furent cependant terminés qu'en septembre l!S82. Ils furent exécutés sous la direction de M. Sauvageot, par :

M. Julienne jeune, de Rouen, pour la maçonnerie;

MM. J. Obert et fils, de Paris, pour la charpente en fer et en fonte;

MM. ïhorel et Papavoine, de Lou\'iers , pour la charpente en bois ;

MM. J. Obert et lils, pour la serrurerie;

M. Leinel, de Rouen, pour la nienuiseiie;

M. Boisiiel, (le Rouen, pour la couverture;

MM. Noël et Vi|^né, de Rouen, pour la peinture.

M, Edmond Bonet. de Rouen, pour la marbrerie.

Le Conseil municipal avait voté en 1877 un crédit de 3,500,000 francs pour la reconstruction du Tliéàtre-des-Arls; la dépense totale fut de 3,454,100 fr. 12, y compris les acquisitions d'immeubles, indemnités locatives, décors, costumes et bibliotbèque.

Est-il besoin de dire que la Ville recula devant les frais qu'eût entraînés l'expropriation des immeubles faisant face au Tbéàlredes-Arts, et dont la démolition eût permis de créer en cet endroit une place de 25 mètres de larj^e ?

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