‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 177 sur 333 · LES VINGT-DEUX MIS HORS LÀ LOI · texte numérisé non relu

LES VINGT-DEUX MIS HORS LÀ LOI

10. Antoine Gcnct, 33 ans, tonnelier et ex-membre du conseil général de la Commune.

11. Nicolas-Joseph Vivier, ex-avoué et juge du tribunal du troisième arrondissement, 50 ans.

12. Jean-Baptiste-Edmond Lesgot-Fleuriot, 43 ans, artiste, ex-maire de Paris.

13. Antoine Simon, 58 ans, cordonnier, ex-mcnibrc du conseil général de la Commune.

14. Denis-Étienne Laurekt, 33 ans, sans profession, oflicîer municipal.

i5. Jacques-Louis-Frédéric Wouarmé, 29 ans, ex-commis aux domaines, puis employé à la commission du commerce cl approvisioimements.

16. Jean-Étienne Forestier, 47 ans, fondeur, membre de la Commune.

17. Augustin -Bon-Joseph Robespierre, jeune, ex-député à la Convention nationale.

18. Nicolas Guérin, receveur à la ville, membre du conseil général de la Commune, 52 ans.

i9. Jean-Baptiste-Matthieu D*hazard, 36 ans, perruquier et membre de la Commune.

20. Christophe Cochefer, ancien marchand tapissier, membre du conseil général de la Commune de Paris.

21. Charles-Jacqucs-Matthieu Bougon, 57 ans, ex-garçon de bureau au timbre, ex-membre du conseil général de la Commune.

22. Jean-Marie Qucnet , marchand de bois , membre du conseil général de la Commune, administrateur de police.

Les vingt-deux (nombre fatidique et vrai celte fois), furent conduits à la place de la Révolution.

c Ceux qui ont assisté à ce spectacle, dit Bcaulicu dans ses E$$ai$f m*ont assure n'avoir jamais rien vu de plus odieux. Ils étaient dégoûtants de sang et d*ordurcs. Uanriot était encore chai*gé de la fange du cloaque où il

254 CHÂl>. LI. — 1!l RÉVOLUTION DU 9 THERMIDOR.

s'était cacliél Couthon, respirant encore, était étendu dans la charrette et foulé aux pieds par les autres. Les malédictions d'un peuple immense les accompagnèrent jusqu'à ^échafaud^ »

Les malédictions I chose tout autrement poignante que les insultes, misérables accessoires des exécutions de tous les jours. Un peuple immense I ce n'était plus le cortège habituel des condamnés. La rue Saint-IIonoré, qui avait demandé et obtenu de n'être plus le chemin de la guillotine, qui fermait ses portes et ses fenêtres au passage des victimes, les avait ouvertes toutes grandes cette fois, pour voir passer la fin de la Terreur. Malé^ dictions! mais ni les cris de : Vive la République! ni les outrages n'avaient manqué pourtant.

Un auteur rapporte (et il le dit sans une parole de blâme), que quand les charrettes furent devant la maison où logeait Robespierre, elle s'arrêtèrent, et « un groupe de femmes se mit à danser en rond*. » Un autre, qu'en ce moment aussi, un enfant trempant un balai dans un seau de sang de chez un boucher, en aspergea la maison'. Sur Téchafaud, Robespierre fut l'objet de nouvelles avanies. Le bourreau lui enleva l'appareil de sa blessure si brutalement qu'il poussa un cri; — et, dit Beaulieu, on applaudit! Beaulieu s'élève, lui, contre cette cruaulé, mais il relève un trait qui manifeste le sentiment de la foule endurcie aux exécutions de la Terreur : c'est que « la plupart de ceux qui assistaient à son supplice auraient voulu le voir souffrir- le sup-

1. Éêsais, t. V, p. 501. -• Voyez le récit du Journal de Perlet^ qui repr>duit les aenlimenls haineux de la foule» u* 675 (12 lliermidor), p. 470.

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