‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 185 sur 333 · DISCUSSION SDR LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

DISCUSSION SDR LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Le lendemain (11 thermidor), Élie Lacoste, reprenant la pensée de Thuriot, remontra qu'une partie des juges et des jurés du tribunal révolutionnaire étaient à la dévotion de Hobespierre; qu'il fallait épurer ce tribunal ; et il demanda qu'on le supprimât tel qu'il était, en le remplaçant par une commission provisoire.

Thuriot rappela en termes amers comment, dans cet odieux prétoire., sur la désignation de Robespierre, le juré prononçait et le juge condamnait. Il ne demandait pas qu'on le supprimât, mais qu'on y appelât des jurés pris de tous les départements et choisis parmi les plus honnêtes. Un membre dit que ce n'était pas à Paris seulement qu'oui voyait de pareils juges et une semblable justice; qu'à Lyon, à Nimes, les commissions établies pour juger les ennemis de la révolution ne se composaient que des amis de Robespierre; que dans tout le midi l'assassinat était à l'ordre du jour; et il fut appuyé par Rréard. Mallarmé ne recueillit que des murmures, quand il osa demander qu'on ne suspendit point précipitamment le tribunal révolutionnaire :

Il est d'autant plus nécessaire, dit Turreau, de suspendre sur-le-champ le ti*ibunal révolutionnaire que Catilina-Robespierre scellait de son approbation les listes que lui présentaient les jurés (Mouvement d* indignation).

— Il n'est pas possible, ajouta Lacoste, que la Convention nationale puisse hésiter un instant sur la suspension du tribunal.

Et la suspension fut décrétée au milieu des plus vifs applaudissements.

Mais on n'entendait pas supprimer l'institution ellemême. Sur la proposition de Lacoste (Mallarmé s'y était rallié h l'avance), la Convention décréta qu'une commis-

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sion provisoire remplaœraii le Iribnnal, et les comités réunis furent chargés de dresser, séance tenante, la liste des citoyens qui devaient la composer. On voulait si peu la suppression du tribunal, que, sur la motion de Turreau, rassemblée donna à la commission le nom de tribunal révolutionnaire provisoire. Toutefois cette mesure alarma ce qui restait de terroristes dans les comités. Billaud-Varennes, averti sans doute, accourut à la séance, et, prenant l'assemblée par la peur, il afDrma que si le projet de Robespierre et de ses complices avait réussi, soixante mille hommes eussent été forgés la veille : or, c'était au moment où on allait achever d'immoler ses complices, que le tribunal, prêt à les frapper, était suspendu ! On voulait Tépurer : c'était aussi son avis ; mais, dans quelques heures on allait apporter à la Convention le projet qui le réorganisait. Jusque-là, il ne fallait pas interrompre le cours de la justice. L'ajouraement fut décrété', et le soir Barère vint lire son rapport.

C'est surtout là qu'on voyait bien que le comité de salut public, débarrassé de Robespierre, de Saint-Just et de Cou thon, voulait garder son instrument redoutable. Après avoir fait le tableau de ce qu'eût été la République si Robespierre et ses complices avaient pu réaliser leur plan de domination tyrannique, le rapporteur ajoutait :

Je n'aurais pas rempli entièrement le devoir qui m'a été imposé par le comité, si je ne vous parlais du tribunal révolutionnaire, de cette institution salutaire qui détruit les ennemis de la République, et purge le sol de la liberté. Il pèse aux aristocrates ; il nuit aux ambitieux ; il déblaye les

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