SG4 CIUP. LU. — LES SUITES MJ 9 THERMIDOR
tique^Tami de Marat et de RobespieiTe qui, le 8 au soir, voulait boire la ciguë avec Robespierre, mais qui le 10 ne se souciait plus de le suivre à Téchafaud. Son enthousiasme de la veille pour le tribun ne fait que rendre plus pitoyable la platitude avec laquelle il le renia le lendemain de sa chute '. Quant à la liste des membres du tribunal révolutionnaire, ce ne fut pas sans surprise qu*on y trouva maintenu dans ses anciennes fonctions Fouquier-Tinville. Fréron se fit l'interprète de ce sentiment dans la séance du 14 thermidor (l^^'août 1794) :
Vous avez envoyé, dit-il, au tribunal révolutionnaire, Tinfàme Dumas et les jurés qui, avec lui, partageaient les crimes du scélérat Robespierre. Je vais vous prouver que Fouquier est aussi coupable qu'eux. Car si le président, si les jurés étaient influencés par Robespierre, Taccusateur public Tétait également, puisqu'il rédigeait les actes d'accusation dans les mêmes vues. Je demande que Fouquier-Tinville aille expier dans les enfers le sang qu'il a versé. Je demande contre lui le décret d'accusation.
Mais comme on allait le mettre aux voix :
Je m'oppose, s'écria Turrcau, au décret d'accusation. Ce serait faire trop d'honneur à ce scélérat. Je demande qu'il soit mis simplement en arrestation et en jugement, traduit au tribunal révolutionnaire.
i. Séance du 13 therixiHor (31 juillet i79i), Moniteur du 15. Il fut néanmoins mis en arrestation par déci*et du 15 (Moniteur du 17). Courtois, dans sa Bépome aux détracteur» du thermidor (note p. 37) qui sert de préface i non rapport imprimé ne le ménage pas plus qu'il ne le mérite.
Dréard, Eschassoriani l'aîné, Laloi, Thuriot, Trcilhard et TalHen furent (léflignéa pour compléter le comilé de salut public. (Séance du 13 thermidor, 31 juillet 1794, Moniteur du 15.) — Le même jour, la Convention avait décidé que David, Jafcot et Lavicomterie seraient remplacés au eomîté de fureté géné« raie. I.e 14, elle nomma, pour compléter aunsi ee comité, Legeodrc (de Paris), Goupilleau (de Fontcnay), Merlin (de Thionvtllc), André Dnmont, Jean Debryet Remard (de Saintes). (Moniteur Avl 15 tliermidor.)
ARRESTATION DE FOUQUIER-TÎNTIU.E. SCS
El le décret Tut voté aux applaudissements de Tassemblée*.
Celte fois, ceux des terroristes qui, en renversant le triumvirat, avaient cru rester les maîtres, se trouvaient eux-mêmes débordés.
Fouquier-Tinville était au palais quand y arriva la nouvelle du décret rendu par la Convention. Quelqu'un vint Ten instruire. Il sortit : grand émoi! On craignait qu'il ne se fût échappé et Ton ouvrit une enquête qui motiva Farrestation du nouvelliste trop empressé. Mais Fouquier n'avait point cherché à fuir. Et où aurait-il fui? Il vint se constituer prisonnier.
Fouquier-Tinville deYnnt la Convenlion (SI thermidor = 8 août 1704).
Fouquier-Tinville ne pouvait pas être à la Conciergerie comme un prisonnier vulgaire. Trop de ressentiments s'étaient accumulés contre lui. Il fallut donc prendre des précautions pour l'en préserver. Celait pour lui une gêne de plus, et il était trop peu habitué à ce régime nouveau pour ne pas tâcher de mieux concilier son bien-être avec sa sécurité. Déjà le 17 thermidor il écrit à Louis (du Bas-Rhin), membre du Comité de sûreté générale :
Citoyen représenlant, Moyennant les nouvelles précautions prises par le con-
i. Sëonce du 14 thermidor s=i*' août 1704 (AfomVmr da 15). Le lendemain, 15. sur la plainte d'une dépulalion de Cambrai» appuyée par Dumont, Jo#eph Lebon fut mis en arrestation proTiaoire. Furent arrêtés ce même joor, en même temfie que David, Héron, agent du comité de sûreté générale, ei Rossignol [Mouiteur du 17). Herman et Lanne avaient été arrêtés le 12 (Mofitï^tir du 14).