ArchiTes, W 416, dossier 952, !'• parUe, pièce S
HUBT D'AMBRUN ET LYON, SON DOMESTIQUE. 35
De plus, on avait trouvé chez lui « un cœur peint en rouge », avec une couronne d'épines à l'en tour et ces mots pour légende : Cor Jesu misere[re] nobis.
A lui demandé quelle était la cause qui a pu le décider à garder aussi précieusement une image aussi dérisoire?
A dit que c'étoit un religieux qui [la] lui avoit donnée et qu'il l'a gardée pour [la] donner à ses enfants ^
Pierre-Jean Lyon, son domestique, était incriminé pour une cause analogue :
S'il sait quelles sont les sources où Pierre-Jean Lyon, son domestique, actuellement détenu à la Conciergerie, a puisé les principes du fanatisme dont on a trouvé des preuves dans sa chambre lors de la perquisition qui y a été faite ?
R. Que Lyon, son domestique depuis neuf ans, a aidé avec plusieurs autres à déménager les religieuses dites du Saint- Sacrement de la rue Saint-Louis-au-Marais, où le prévenu avoit une sœur religieuse, et que les religieuses, ne pouvant le récompenser en argent, lui ont donné, comme aux autres, différentes images et autres effets pareils.
On lit dans la suite de cet interrogatoire :
Observe le prévenu que dans le moment qu'il a été arrêté, on a mis les scellés tant sur les effets à lui appartenant que sur des dépôts pécuniaires dont mention est faite au procèsverbal dressé par le comité de la section ; qu'en conséquence il plaise au tribunal d'ordonner ce qu'il croira de sa justice et de sa sagesse en pareille circonstance; que cet objet devient d'autant plus urgent qu'il déclare que, partie de ce dépôt, sçavoir la somme de 12 000 livres en numéraire tant or qu'argent, appartient à la nation comme bien devant appartenir au bout de l'an à un émigré, ainsi que le prévenu l'expliquera plus amplement en temps et lieu*.