‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 250 sur 333 · CHAP. LV. - LES QUATRE-VINGT-OUATORZE NANTAIS, ETC · texte numérisé non relu

CHAP. LV. - LES QUATRE-VINGT-OUATORZE NANTAIS, ETC

gâtent tout ce qu'elles touchent, attentoient encore à la pudeur des femmes, des filles qui venoient réclamer leurs pères, leurs époux : il falloit se livrer à la brutalité sensuelle de ces modernes sultans, pour les rappeler aux principes de justice et d'humanité, et obtenir de leurs caprices un jugement d'absolution. Une compagnie dite de Marat, créée soit parle comité, soit parle représentant Carrier, compagnie composée d'êtres immoraux, crapuleux, et pour ainsi dire l'égout de la ville de Nantes, étoient les instruments fidèles de la barbarie du comité ; ces hommes, sur le front desquels le sceau de la réprobation étoit empreint^ s'étoient introduits dans les sociétés populaires, où ils s'étoient fait nombre de partisans; ils y exerçoient la domination la plus tyrannique, et flétrissoient à leur volonté dans l'opinion des despotes investis du droit de vie ou de mort, les honnêtes citoyens qui avoient eu le malheur de déplaire aux agents suprêmes du comité^ »

Le procès, commencé le 22 fructidor (8 septembre), avait été marqué le 25 par la question que le président, après trois joui*s, devait adresser au jury : « S'il était suffisamment instruit? » Sur sa réponse négative', les dépositions de témoins continuèrent jusqu'au 27. Ce jour-là, les débats étant clos, l'accusateur public abandonna l'accusation à l'égard du plus grand nombre des accusés, la maintenant contre les principaux, mais évidemment sans une conviction bien ardente :

Vous examinerez le tout dans votre sagesse ordinaire, disait-il en terminant, et je ne puis mieux faire que de m'en rapporter à vous, citoyens jurés, dont les décisions sont

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