‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 323 sur 333 · archives, A F ii · texte numérisé non relu

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vin. LEHRES DE MITRE GONARD. 451

aussi triste la mort est pour le chrétien un bonheur, j^ose dire, un devoir:

Religion aimable et sublime, que nous présent^^-vous donc qui puisse révolter? En nous fesant une loi sacrée de nous aimer tous comme des frères, de nous regarder tous comme des égaux, de nous prêter dans nos besoins une main secourable, d'obéir aux lois humaines en tout ce qui ne contrarie pas vos préceptes, ne nous offr^s-vous pas tous les caractères d'une religion émanée de Dieu même et faite pour le bonheur du genre humain? Quels sont donc les projets de ceux qui ne tendent à rien moins qu'à vous avilir et à vous détruire? Que peuvent-ils attendre d'un peuple sans religion, le seul frein qui puisse contenir le méchant, la seule consolation qui soit capable d'adoucir l'infortune du misérable? ma chère patrie, toi que j'aime et que j'aimerai jusqu'à mon dernier soupir, que vas-tu devenir? Ah! mon cœur déchiré se refuse à en accepter l'augure. Tu vas être le théâtre de toutes les horreurs réunies.

Je m'arrête. . . Je viens de prononcer ma sentence de mort. . . Hais, citoyens, apprenc's que le plus grand malheur que j'aie à redouter n'est pas celui de perdre la vie, c'est celui de survivre à la perte de ma religion et aux maux de ma patrie. Qu'on me traduise donc devant les tribunaux, j'y paroîtrai digne de mon caractère. Qu'on me conduise à Técha^aud, j'y monterai et j'y mourrai en héros, couronné des mains de Dieu même des lauriers de l'immortalité. Mon dernier soupir sera pour le bonheur du peuple et pour la gloire de ma religion.

Salut et fraternité,

F.-J.-B. Mitre Gonard,

Prêtre religieux minime, actuellement volontaire dans le premier bataillon des Phocéens. (Archives, W 459, n® 35, pièce 12).

Aux citoyens président et membres de la Société des antipolitiques républicains, séante à Aix, département des Bonches-du-Rhône.

Ab'i APPENDICES.

Cette, le 19* mai de Tan de rincamation de N. S. J.-C. dans le sein de la Vierge Marie 179i.

Mes chers concitovens,

Je dois à ma religion, à ma patrie et à moi-même la déclaration solennelle des sentiments qui n*ont jamais cessé d'être gravés dans mon cœur. Je ne chercherai point à vous ap/>itoyer sur mon sort, en vous rappel/ant les commencements de cette révolution où le zèle de la religion étoit nommé patriotisme , où n'ayant d'autre désir que celui de servir la chose publique, en servant cette religion sainte, je ne plaignis ni veilles ni travaux pour la faire triompher dans ma patrie. Vous me voyi^^s alors avec quelque intérêt. Eh bien ! je suis le même aujourd'hui que j'étois alors : patriote et chrétien. La lettre que j'adresse au comité de salut public de la Convention et à ceux de survoillance d'Aix et de Marseille dont vous trouvères la copie ci-jointe, vous démontrera le véritable esprit qui m'anime.

(Vient alors la copie de la même lettre au comité de salut public, qu'il fait suivre de ces mots) :

a Si j'ai des vœux à former, mes chers compatriotes, c'est celui de mourir au milieu de vous. Puisse mon exemple vous inspirer le respect et l'amour que mérite la religion que je défends! avec elle la paix et le bonheur; sans elle les guerres et tous les maux! d (llnd., pièce 7.)

i. Le premier chiffre est mal formé- : mais les deux lettres (Kiraissent du même jour, et août tenues pour telles dans l'interrogatoire.

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