Hitt. des prisons, L III, p
TALARir, BOUTIN. LABORDE. 75
Charles-Emmanuel Lafont des Essarts, ex-chef d'escadron, Nicolas Samillard (71 ans), et son ûls Augustin Samillard, âgé de vingt-quatre ans, dénoncés pour propos contre-révolutionnaires par un confident qui crut faire acte de bon patriote en livrantcesdeux tètes* ; un boucher, Nicolas GusTiNE, accusé de fraude dans les fournitures, et une paysanne, Jeanne-Florentin Poyar.
Tous, de près ou de loin, étaient rattachés à la fameuse conspiration de Dillon :
1. Yoiei la dénonciation de ce c patriote pur > mais peu lettré : Comme il est du devoir d'un bon patriote de dénoncer toua les propos qui lui paroissent contre-révolutionnaires.
Le citoyen Samiar père ne saissent de se mettre à genoux arec son fils, tenant chacun un livre i la main en se répondant alternativement. Les ayant trouvés dans cette attitude dans sa chambre, me trouvant un jour dans le logement des Belges je leur racontay ce que j'avois vu. Alors lun deux dit que le père Samiar Iny avoit dit que la Rein était une sainte (souligné au crayon rouge). Une autre fois je promenois en compagnie de Mercerot encien administrateur et de Cayen, aussi ancien administrateur; un des Belges saprochat de nous. Comme je leur racontai ce que Samiar père avoit dit, je le fis repeter au belge en présence de ces deux citoyens. Il nous dit plus, car il dit : Oui, mon camarade a entendu tous sas propos et il ma dit k moy encore en parlant de mon payis : la religion est-elle bien établie? A quoy le Belge luy dit que oui. Il lui répliqua : est-ce que les prêtres ne prendront pas les armes contre les Français? Le Belge lui dit qui (qu'il) ne le savoit pas. Voila citoyen ce que j'ai crus dénoncer comme patriote pur.
A. TiBAlf.
(Archives, W 408, dossier 063, pièce 16).
Ces deux propos sont confirmés par la dénonciation des deux Belges, 3 thermidor (pièce 20).
Joignons-y, sur Tslani» une déclaration du même »tyle :
(Sic) De claration du citoyen Baffy contre Talaru du 22 messidor Tan 2* de la Rép. fr. une ei indivisible.
Le ci-devant marquis de Talaru, anciain cordon rouge et cidevants maitres d'hotrl de la Reine demeurant rue de la Loix dans la maison daraia de la section Lepellelier tous le temps que la cidevant Reine a été aux Thuillerie ille ne la point quité jusqna dix aoust. Ile étolt un de cals grand de fenceurs. Jait signé cette déclaration dans mon auie et contiance.
RAfFT,
commissaire du comité civil de la section Lepellcticr. [Ibtd., pièce 32).
Il y • au numéro précédent (31) une déclaration du même RafTy contre Bouttn au sujet de son royage en Angleterre. Voyez en outre (pièce 34) son interrogatoire.
76 CHAP. XLYII. — CONSPIR. DES PRISONS : LES CiRMES.
Les Noailles, d'Apremont, Daguesseau, La Rocbelambert» Samillard père et fils, et autres complices de tous les crimes de toutes les conspirations de Capet contre la nation française, etc.
Talaru ex-marquis, maître d'hôtel de Tinfâme Antoinette, a été aussi Tun des complices de ses trames contre le peuple français, et Tun des assassins qui ont échappé par la fuite dans la journée du 10 août à la vengeance nationale.
Boutin, ancien trésorier de la marine, a entretenu des correspondances et intelligences avec les ennemis de la République et notamment avec l'Angleterre oii il prétend avoir voyagé jusqu'en janvier 1793. Il est évident qu'il tramoit avec Pitt et Georges contre la République française.
Laborde [ex-fermier général adjoint, engraissé de la substance du peuple^] a entretenu des intelligences avec les ennemis de la France pour leur fournir des secours en numéraire, pour les mettre en état de s'armer contre leur patrie. On sait quelles ont été ses manœuvres à Londres; Facquisition qu'il a faite en France des plus beaux tableaux pour les exporter en Angleterre, les vendre et par là se procurer des sommes immenses destinées aux conspirateurs *.
Le ûls aîné dii marquis de Laborde avait, on se le rappelle, employé une partie de sa fortune à Tachât de tableaux qu'il avait transportés en Angleterre, et c'est pour avoir indirectement participé à cet achat que le père avait été condamné'. L'accusateur public en a gardé la mémoire, et ce fait qui n'a aucune application à ce Laborde, étranger à l'autre famille, contribuera à le faire périr.
Les témoins étaient ceux que l'on avait entendus pour les précédentes fournées du Luxembourg : en tête
1. Ces mots sont ajoutés à l'acte, de la main de Fouquier-Tinville.