Jean Coupery de Maisonneup, ex-garde du tyran
J'ai dit qu'à Texception de Yirolle, qui se tua, et de Champagnier, aucun n'avait été interrogé dans Tenquêle : ils ne le furent pas davantage avant d'être mis en accusation ; nulle trace d'interrogatoire au dossier : la loi du 22 prairial en dispensait, et on peut croire que le tribunal, selon son habitude, n'y suppléa guère. Il avait devant lui, avec plusieurs pauvres gens, il est vrai, des princes, des marquis, des comtes, d'anciens militaires, d'anciens constituants, des nobles et des prêtres dont les qualités seules étaient un titre à la proscription ; et le Comité de salut public avait signé.
Trois pourtantfurentacquittés : Jean-Pierre Gonfreville mercier cordonnier, Jean Jourdam dit BellepointCj adjudant aux chasseurs bataves, et Pierre Cuas^aigne, tapis^* sicr; les quarante-six autres, condamnés. Le général fieauharnais en aurait dû être moins surpris, lui qui écrivait, la veille de son jugement, à sa femme : « Dans les orages révolutionnaires, un grand peuple qui combat pour pulvériser ses fers doit s'environner d'une juste méfiance et plus craindre d'oublier un coupable que de frapper un innocent^ ; » Champcenetz, qui avait contre
i* Sorel, ouvrage citéy p. 2&5. Joséphine avait tenté en vain de prévenir Teinprisoniieinent et de sauver la tète de son mari (Voy. sa lettre à Vadier, tM., p. 256). Elle fui emprisonnée elle-même; et ses deux enfants (Eugène,
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lui son titre de noble et les souvenirs de son journal y était préparé, et, sous le coup de la sentence, il trouva encore un mot pour rire. S'adressant au président Coflinhal : c( Pardon, président; est-ce ici comme dans la garde nationale? peut-on se foire remplacer? » Devillers aurait eu le droit d'être plus étonné de sa condamnation, car il attendait toujours qu'on lui dit pourquoi il était là. Ancien employé au bureau de l'Assemblée législative, successivement détenu à la Conciergeries h Bicétre, aux Carmes (1 1 nivôse) ,à Saint-Lazare (28 nivôse) , il en était revenuauxCarmes, puisqu'il est compris dans cette fournée, pour être conduit une dernière fois à la Conciergerie. Il Cgure sur la liste des accusés et n'obtient pas même une ligne dans l'acte d'accusation. On ne trouvait à le classer ni parmi les nobles, ni parmi les prêtres, ni parmi les banquiers, ni parmi les étrangers a qui dévoient prendre et (selon l'acte d'accusation) ont pris en effet part à la grande conspiration*. » On l'envoya sans phrases à la mort.
Le procès-verbal d'audience' comprend les noms des juges, Coffinhal, Harny, Laporteet Lokiei*, de l'accusateur public, Fouquier-Tinville, des neuf jurés, des accusés. On a barré dans l'imprimé ce qui regarde les défenseurs
âgé de 1*2 ans, et llortense, de 11 ans) écrivaient i leur tour pour solliciter sa délivrance (19 floréal an II, 8 mai 1794). Elle ne fut sauvée que par le 9 thermidor.
1 . Sa famille conserve une lettre du 28 frimaire an II qui est écrite de cette prison.
2. Archives, W 429, dossier 965, 2« partie, pièce 89 (jugement). Voyex sur Devillerâ une note jusiiiicalivc intitulée : Compte moral de la conduite du cit, G. Devillert (Archives, W 121, pièce 56). Il se dit ami de la Révolution; il a approuvé la mort du Roi; il était absent de Paris le 31 mai, mais il était hostile au fédéralisme; jamais il n*a signé de pétitions anti-patriotiques; il a contribué à la Révolution. — Protestation inutile.
Z. Archives, W 429, dossier 905, 2« partie, pièce 95.