‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 77 sur 333 · Bouclier, Procès Fouquier, n* 39, p · texte numérisé non relu

Bouclier, Procès Fouquier, n* 39, p

4. Procès Fouquier, n* 22, p. 2 : « Des hommes qu*on appelle moutons dans let prisons faisaient des listes à Saint-Lazare. J*ai été i la première liste ; Jobert l'avait écrite ; Robinet son secrétaire me l'a montrée. Je l'ai fue. J*y étais inscrit le 4*; elle contenoit les noms det soixante-huit prisonniers qui ont été guillotinés. J*ai été effacé de dessus cette liste pour une bouteille d'eau-de-vie que j'ai donnée à Robinet après qu'il eut effacé mon nom. Je dis alors à Robinet : c Je sais que Jambony et sa femme sont aussi portés sur la liste. > Il me répondit : c Tais-toi, car je t'y mettrai. » Ils devaient être traduits au tribunal le 11 thermidor. >

106 CHAP. XLVUI. — CONSPIR. DES PRISO.NS : SAINT-LAZARE.

de sa main\ Lui et Jobert disaient que do tous les détenus de Saint-Lazare il n'en resterait pas plusde trente.

Ce Jobert, surnomoié le Belge à cause de son pays, était, si on en croit nos témoins, un des plus compromis dans cette affaire des listes. Il chercha plus tard à s'en défendre et publia un récit où, convenant des faits généraux, ajoutant même plusieurs détails à ce qu'on savait d'ailleurs, il déguise sa participation à ce crime odieux et voudrait faire croire qu'il ne s'y est trouvé mêlé que pour sauver plusieurs victimes':

a On me (it aussi appeler, dit-il, dans la chambre du concierge Semé; j'y vis deux citoyens ; l'un d'eux, m'adressant la parole, me dit :

«t Je sais que tu es bon patriote; je connois ta probité, ce j'espère que tu jusliGeras l'opinion que j'ai de toi. Voici c( un ordre ducomilé de salut public de rechercher dans « les maisons d'arrêt les ennemis de la Révolution. »

« Je pris l'ordre et le lus en entier.

<r II me demanda ensuite si j*avois connoissance d'un complot d'évasion tramé à Saint-Lazare.

« Je répondis que non ; que si ce complot avoit exislé, il eût été difficile qu'il eût échappé à la ^connoissance des patriotes qui éloient dans cette maison. »

On lui demande si les prêtres et les nobles n'étaient pas les ennemis de la révolution (question que l'on ne posait guère d'habitude), s'il connait Manini; — il ne le connaît pas! et (sans plus de défiance, s'il n'est pas du

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