SON JUGEMENT
Mais ses témoins ne parurent pas. Le procès-verbal d'audience constate qu'un seul témoin fut entendu, Claude Habou ; et il ne connaissait que Philippe Égalité !.
À la différence des Girondins on entendit leurs défenseurs. Une chose aurait dû frapper les jurés dans la plaidoirie de Voidel, avocat du duc d'Orléans, c'est ce qu'il avança, que de tous les hommes de la Révolution, celui que les royalistes détestaient le plus, c'était lui. Hais on se détestait bien aussi entre révolutionnaires, et le ducd'Orléansavaitmaintenant contre lui tout le monde. Il fut condamné ainsi que Coustard, et il l'était avant d'être jugé. Fouquier-Tinvilleen avait fait la déclaration à la femme de Gamache trois ou quatre jours avant le jugement; et Payan jeune, un des jurés du tribunal \ après l'exécution, écrivait à son frère :
Le tribunal va bien. Il fallait que Philippe pérît, c'était un scélérat. Quand il eût été innocent, si sa mort pouvait être utile, il fallait qu'il fût condamné.
Or il gênait les Montagnards.
11 n'était nullement complice de Brissot, poursuit l'honnête juré. Il s'en est très-bien défendu, aucun témoin à sa charge ; mais il faut néanmoins le répandre pour faire cesser les calomnies contre-révolutionnaires \
C'est la justice révolutionnaire jugée par elle-même.