XIX. Avez-vous des individus qui aient entretenu des cor
respondances avec les émigrés, prêtres réfractaires ou autres personnes habitant les pays avec lesquels la République est en guerre?
XX. Les lettres parvenaient-elles directement ou par intermédiaire? et dans les correspondances interceptées existe-t-il des preuves ou au moins des indices qui puissent faire saisir les fils de la trame par laquelle ou a voulu perdre la liberté publique ?
XXI. A-t-il existé et existc-t-il des accaparements de blé, farine et autres objets de première nécessité, que les ennemis intérieurs ont faits, soit dans les vues d'affamer le peuple et de le dégoûter de la liberté, soit pour nourrir les armées contre-révolutionnaires que la scélératesse des conspirateurs voulait faire promener dans les départements?
Enfin, les fédéralistes et les enragés :
XXV. Avez-vous sur votre territoire des traîtres qui aient contrarié ouvertement le vœu national sur les événements des 31 mai et 2 juin.
XXVI. Y existe-t-il de ces faux patriotes qui, par l'exagération extraordinaire de leurs principes, veulent en imposer au peuple, soit pour obtenir des places, soit pour l'égarer sur le compte des amis constants et imperturbables de la Révolution, et faire triompher, par des écarts, la cause de la tyrannie?
(Dans ce cas, désignez ces faux républicains.)
Aucun cas n'est omis. La suite des jugements du tribunal va nous montrer qu'on n'en négligeait pas l'application.
Les Bollogne ; Mandrillon et la femme Laviolette.
Le 17 nivôse (6 janvier), trois noms beaucoup moins célèbres que plusieurs de ceux dont le procès a marqué
LES BOLLOGNE 331
la première partie du mois, mais qui nous donnent encore cet enseignement : c'est que lorsqu'on était prêtre et censé noble, eût-on passé à la Révolution, le moindre papier rendait suspect et menait loin.
Les prévenus étaient :
Nicolas-Vincent Bollogne, ci-devant vicaire à Bicêtre ; Camille Capisuchi-Bollogne, ci-devant marquis, et Jean- Baptisle Bollogne, ci-devant sergent aux gardes françaises.
On les accusait d'avoir échangé des lettres contre-révolutionnaires. Le marquis gémissait du 14 juillet, déplorait le 4 août; .il avait gardé son litre de noblesse. Le sergent aux gardes françaises avait pris le litre de chevalier : il était h Paris, sans doute pour servir les ennemis de la République; il avait brûlé ses papiers, donc il était suspect. L'ancien vicaire était un faux patriote, qui donnait à son parent le tilre de marquis et gardait la copie de plusieurs lettres anti-civiques1.
Outre ces copies de lettres, on avait trouvé chez l'ancien vicaire de Bicêtre des sermons et des prônes1, des pensées détachées*, une carte à jouer ramassée par lui, sans doute, sur le dos de laquelle on lisait :
Le 44 juillet est la journée A de grands changements destinée.
Malheureuse France plein (plains) la tienne Qui est à tous les malheurs réservée Etc.4
Vraie poésie de Bicêtre ! et un papier analogue où l'accusateur public a relevé ces mots :