CHAPITRE XXII
L'anniversaire du 21 janvier (3 nivôse). — Mire-Etienne Quatremère, etc.
Le mois de pluviôse commençait, à un jour près, à l'anniversaire de la mort de Louis XVI. Ce jour-là 21 janvier (2 pluviôse), une députation des Jacobins admise à la barre de manda qu'on en fit une fête nationale, et le président Vadier, répondant à leur discours :
« Citoyens, dit-il , l'anniversaire de la mort du tyran est un jour de terreur et de deuil pour les tyrans et leurs suppôts.... La massue révolutionnaire est prête à écraser cos monstres.... C'est aujourd'hui, c'est à l'heure même, que la tête du tyran est tombée ; c'est devant la statue de la Liberté que va sonner la dernière heure des brigands couronnés et de leurs infâmes satellites, etc. > La fête fut décrétée et l'on voulut l'inaugurer dans l'heure même. Couthon, après en avoir résumé la pensée dans ce cri répété par tous : « Mort aux tyrans, paix aux chaumières ! > demanda qu'une députation de douze Montagnards se joignît aux Jacobins et à la Commune pour l'aller célébrer au pied de l'arbre de la liberté; et Billaud-Varennes, renchérissant sur cette motion:
c J'avais demandé la parole, dit-il, pour proposer à la Convention nationale d'aller, comme le demande Couthon, célébrer sur la place de la Révolution l'anniversaire du
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jour de la liberté, qui n'a daté que du jour de la mort du tyran. Je demande donc que la Convention se joigne en masse à ses frères les Jacobins. »
On applaudit, et la Convention se mit en marche, la musique exécutant l'air fameux : Veillons au salut de l'Empire1.
Il était trois heures. C'était l'heure où, le tribunal révolutionnaire ayant généralement accompli sa besogne, ses victimes s'acheminaient vers la place de la Révolution. La Convention s'y rencontra avec le bourreau qui amenait à la guillotine sa pâture journalière : sacrifice digne de la fête ; mais plusieurs pourtant furent choqués d'être appelés à y présider*.
Sur la fatale charrette se trouvait probablement5 un condamné de la veille, le fermier Jean-Claude Thibault, envoyé à la mort pour avoir parlé en termes grossiers de la Convention, du district, du déparlement, et particulièrement des sans-culottes \
Les représentants du peuple et les Jacobins purent laver leur injure dans son sang.
On y trouvait aussi les condamnés de ce jour même :