M., W 338, dossier 600, pièce 21. — 4. lbid.% pièce
5. Ibid., dossier 605.— 0. Ibid., pièces 9 et 10. — 7. Ibid., pièce 8.
aiO JOURNAL DU TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE.
Propos niés, mais qui ne les conduisirent pas moins à la mort.
— J.-B. Boissat, médecin, maire de Bourdeilles en 1791, à qui Ton reprochait d'avoir fait alors Téloge du roi, d'appeler les journées de la Révolu* tion « des journées parisiennes auxquelles la France s'enorgueillirait de devoir peut-être sa liberté, si elles n'avaient été souillées de carnage et accompagnées de deuil » ; de voir dans les piques un instrument économique que la fureur a trempé de sang humain ; et d'avoir mis en parallèle les fêtes joviales des villageois et les amusements , les délassements des coupe-tête, des porte4ête dont Vidée seule fait frémir la nature. Une scène qu'il eut avec les membres de la municipalité et du conseil général de sa commune (il paraît les avoir assez maltraités) fit revivre ces griefs et détermina sa mise en jugement et sa condamnation l.
— Pierre-Paul Saint-Paul et Charles Delalahi, le premier, chef de bureau, le deuxième, premier commis au ministère de la guerre, à qui l'on faisait un crime d'avoir connu les mesures prises pour défendre le roi avant la journée du 10 août1.
28. (18). — Marie-Anne Jourdaix-Berteaux, femme décharge qui avait connu Roland et dont le propos le plus familier, selon Fouquier-Tinville, était que Marat, Robespierre et Danton étaient des gueux, des scélérats, des hommes de sang ; qui s'était écriée à la mort de Marat : « J'ensuis bien aise, la France est sauvée ; » et « cherchait, autant qu'elle croyait en trouver l'occasion, à apitoyer ceux qu'elle fréquen-
i . Archives, W 558, douter 608.
2. lbid., dossier 60ô : — c Composé au tyran une garde contre-révolulionnaire, formé des plans pour assassiner le peuple, lequel plan a été exécuté le 10 août >, comme dit le juge en interrogeant Delalain [ibid., iiièceôr.
MORT. — VENTOSK. 521
lait sur le sort de la moderne Messaline1 ». Elle reconnaissait qu'elle avait connu Roland ; elle avait même diné une fois avec lui et dit du bien de lui quand il était au ministère; elle avait gardé son portrait tant qu'il fut réputé ami du peuple et l'avait brûlé ensuite. Quant à l'autre « ami du peuple», elle confessait avoir dit en apprenant sa mort que c'était un bonheur pour la France, puisqu'il demandait 60 000 têtes : mais elle niait tous les autres propos. Elle en avait avoué assez pour être condamnée *.
— Nicolas Dieudokné, prêtre, pour des propos qu'il aurait tenus(il les explique dans son interrogatoire'), et surtout pour des lettres écrites par un prêtre réfractaire émigré à sa sœur, lingère à l'hôpital de Saint-Dizier, lettres où il était souvent mis en cause : ce qui constituait le crime de relations au moins indirectes avec les émigrés et les prêtres réfractaires.
— Six personnes en une fois : JeanBABAUD-LAFORDiE, ancien secrétaire à la chancellerie royale ; Joseph Duruey, receveur général des finances ; Françoise Périgord, femme d'Adrien Texier, âgée de soixantedix ans ; Louise-Sylvie Chauborant-Villevert, femme de Jacques Blamont, âgée de vingt ans; Marcelle- Âimée James, ancienne religieuse, et J.-B. Goursaud- Merly, administrateur des domaines nationaux, tous parents d'émigrés, pour correspondances avec des fils, avec des frères, correspondances supposées, mais non constatées1. Mme Texier avait reçu des lettres de ses fils, mais on ne lui prouvait pas qu'elle leur eût écrit5. Jean Babaud-Lafordie avait de