Id., ikid
la noyade du 24 au 25 frimaire? Avez-vous su l'évasion de Leroi?
Carrier. Je le nie, et cela est si faux que l'acte d'accusation n'en fait aucune mention.
Le PRÉsu)Ei>'T. Je vous répète que vous éles accusé d'avoir ordonné ou toléré les noyades ; vous devez donc répondre sur la noyade du 24 frimaire, sur laquelle je vous interpelle.
Carrier. Je n'ai jamais donné d'ordres semblables, ni à Goullin, ni au comité; je n'ai ordonné que le transfërement à Belle-Isle, je n'ai signé aucune extraction, je n'ai pas donné de pouvoirs illimités.
— Carrier est démenti sur tous ces faits par l'accusé Goullin.
Le préside?(t. J'observe aux jurés que pour couvrir les noyades. Carrier a signé l'extraction des détenus deux mois après la noyade.
GouLLiff. Lorsque je demandai à Carrier un ordre écrit qui nous servit de garantie, Carrier me répondit que le comité ne pouvoit être inquiété pour la noyade du Bouffay, à moins qu'il n'y eût une contre-révolution ; qu'on n'avoit fait périr que des brigands.
Chaux. Il serait inutile à Carrier de contester les ordres de noyades; ils sont trop bien établis par la notoriété publique; je demande que Carrier soit interpellé sur les motifs qui l'ont déterminé à faire transférer cent cinquante détenus à Belle-Isie, et s'il étoit possible en ce moment d'aller à Belle- Isle. Carrier nous dit : « Faites l'autorisation, je la signerai, comptez sur ma foi, je vous soutiendrai » ; mais, contipue Chaux, je dis à mes collègues : « Ne vous y fiez pas, vous ne connoissez pas les grands ; vos corps leur servent de marche-pieds»; et le comité ne l'a que trop éprouvé. Carrier nous accuse d'avoir donné l'ordre de faire fusiller en chemin les brigands en présence de Vineux, de Bussirat; Carrier dit ignorer les noyades, lui qui, à l'issue d'un dîner, sanctionna la noyade du BouHay, en la masquant par les mots de transfèrement à Belie-Isle : c'est par ces détours artificieux que
NOYADKS ET FUSILLADES. 21)
Carrier parvient à déguiser la vérité, et à y substituer le mensonge ^
Les principaux faits allégués à la charge des autres accuses, oii Carrier se trouvait implique, furent repris conti'adictoiremenl avec lui : les noyades de prêtres, opérées et payées par ses ordres, et le banquet dans la galiotte qui avait eu son emploi dans la première, « la grande tasse des prêtres », comme on disait par dérision de la façon dont on les avait fait boire'; la réunion des corps administratifs de Nantes, tenue les 14 et 15 frimaire, et la mesure d'extermination qu'il avait voulu y faire adopter' ; la noyade du Bouffay, sur laquelle avaient déjà été produits lant de témoignages accablants, et toutes les autres qui n'avaient pu se faire assurément sans qu'il en sût quelque chose*; les jeunes Vendéens qui s'étaient rendus, au nombre de 80 cavaliers, offrant de servir la République, fusillés sans jugement : tout le débat était de savoir s'ils avaient éié pris uii s'ils s'étaient rendus; et les témoins affirmaient que le département insistait pour qu'on acceptât leurs services"; les fusillades journellement ordonnées ainsi à