‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 2)Chapitre 81 sur 150 · Arehives, W 479, n* 550, pièce · texte numérisé non relu

Arehives, W 479, n* 550, pièce

Et l'auteur du récit leur prête des paroles qu'assuré* ment il n'a pas entendues.

a Ces discours, ajoute-t-il 9 prononcés au milieu de tous les symptômes de la rage, ne faisaient qu'augmenter l'horreur qu'inspirait leur présence; la marche du cortège fut souvent et longtemps retardée par l'empressement de la multitude : le fils leur redemandait son père ; l'épouse, encore couverte des signes de sa douleur, semblait renaître à la consolation en voyant les bourreaux de son époux marcher au supplice. Une femme jeune et belle s'était comme attachée à la charrette qui traînait Fouquier : là, malgré les flots de la foule qui venaient la presser, et quelquefois l'exposer au danger d'être étouffée, malgré la fatigue extrême d'une marche si pénible, elle ne cessa, les larmes aux yeux et le désespoir sur le front, d'accabler de ses malédictions l'assassin de son époux infortuné.

€ Ce n'étaient pas des cris d'allégresse qui retentissaient autour d'eux, c'étaient des cris d'indignation et de douleur; leur aspect semblait rouvrir toutes les plaies qu'avait faites leur cruauté barbare.

c Enfin le moment fatal arriva : le glaive de la justice trancha la tête de ces assassins de l'humanité ; Fouquier fut exécuté le dernier; le peuple demanda sa tête; le bourreau la saisit par les cheveux et l'ofirit aux regards de la multitude\»

Ceux qui ont insulté les condamnés sur la route de l'échafaud , ceux qui par leur récit même se sont associés ù ces outrages ne pouvaient pas les épargner après la mort. Fouquier faisait oublier tous les autres dans cette

1. Place de Grevé, 18 floréal an UI, i 11 heures du malin (procès-verbal d'exécution), Archives, W 527. Des Essarta, Procès fameux, t. UI, p. 241-342.

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terrible expiation, et les pamphlets s'attachèrent plus particulièrementà sa mémoire. On lit dans le Club infernal :

Fouquîer entra. La salle était éclairée par des lampions posés dans quarante-cinq crânes de fermiers généraux. Au fond sur un trépied ardent était assis mollement Maximilien Robespierre, tenant sa mâchoire d'une main et traçant de l'autre avec un poignard le vaste plan d*un cimetière universel. A gauche on voyoit Lubin qui pleuroit, Henriot qui grin* çoit les dents, Payan qui se les curoit, Lavalette qui prenoit du tabac, et CofBuhal qui lisoit le Joinmal universel d'Andouin.

A droite FIcuriot se mordoit les ongles, Chaumette récitoit un rosaire, Hébert chauffoit ses fourneaux, Dumas prenoit des mouches, Sijas démuseloit un tigre, Coulhon méditoit un crime; SaintJust écrivoit un rapport, et la canaille derrière.

A la vue de Fouquier-Tinville, tout le monde se leva, tout le monde sauta de joie. C'étoit à qui Tembrasseroit. Le voici, le voilà, c'est lui, c*est Fouquier ! Où est donc Barère? Où est Billaud? que fait Collot? tout le monde parloit à la fois*....

Collot ne devait pas tarder à y apporter lai-même de ses nouvelles. Déporté à la Guyane avec Billaud- Yarcnnes, il y voulut reprendre ses allures révolutionnaires, soutenir contre les blancs une insurrection des noirs : ce qui le fit enfermer au fort de Sinnamary. Pris de la fièvre, on le rapportait à Thôpilal deCayenne; mais, sur la route, comme il souffrait de la soif et demandait à boire, on lui donna une bouteille de rhum qu'il avala et il mourut dans des douleurs atroces. fiillaud-Varonnes, demeuré à Cayenne, eut tout le temps d'y voir arriver ses anciens adversaires, les nouveaux déportés du 18 fructidor. Il refusa Tamnistie offerte après le 18 brumaire, et, quit-

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