‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 101 sur 167 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p

144 CIIAP. LX. — CONCLUSION.

en parle, on peut en avoir l'assurance, avec la rigide inipartialité dont il a fait preuve en toute chose :

« Durant neuf mois, dit Daunou, depuis le 2 juin jusqu'en germinal, Paris consterné avait vu tomber environ six cents victimes sous le glaive de Tanarchie; le comité de salut public, une fois investi du pouvoir suprême, en fit égorger plus de deux mille en quatre mois. Un supplice inventé pour abréger les souffrances devint entre ses mains dictatoriales un moyen d'extermination rapide ; on était tenté de regretter les anciennes tortures, parce qu'il semblait qu'elles eussent été moins dévorantes. Dans Timmensité de leurs fureurs, les décemvirs ont promené leur glaive homicide sur tous les âges, sur tous les sexes, sur toutes les fortunes, sur toutes les opinions; ils l'ont dirigé de préférence sur les talents distingués, sur les caractères énergiques ; ils ont moissonné autant qu'ils ont pu, dans un temps si court, la fleur et l'espérance de la nation. Ils ont immolé des vieillards révérés dont la vertu avait commandé en quelque sorte le respect de l'Europe entière, et qui avaient honoré leur pays par cinquante ans de travaux et de bienfaisance ; ils ont égorgé des femmes vertueuses parce qu'elles n'avaient pu voir qu'on assassinait leurs époux sans donner un essor généreux à l'indignation de leurs âmes.... Les juges de Septembre avaient été plus éclairés, plus scrupuleux, souvent même moins scandaleusement expéditifs. J'ai vu arracher d'auprès de moi des infortunés que l'on traduisait soudainement au tribunal, que l'on entraînait trois heures après à la mort, avec quarante complices qu'ils n'avaient jamais vus. On taxait d'avance chaque prison à un nombre déterminé de victimes ; le sang était mis en réquisition, et il suffisait aux juges d'avoir le temps non d'interroger mais d'insulter chacun des proscrits. Les débats, la condamnation, In fraverséc et le supplice se consommaient au milieu des sarcasmes stupidement inhumains. Les circonstances les plus affreuses de ces auto-da-fé avaient reçu des noms ironiques que la tyrannie et le fana-

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