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Reprise des débats : faits particuliers à Carrier. Ses lettres aux généraux Avril, Haxo, Dufour. Ses ordres d'exécution sans jugement.
Dès le premier jour (8 frimaire), Carrier s'était trouvé en face d'un redoutable témoin, Vaugeois, l'accusateur public de la commission militaire. Ce témoin redit, en y ajoutant des traits nouveaux relatifs à Carrier, ce qu'il avait exposé déjà dans une audience antérieure : les pouvoirs donnés à Fouquet et à Lamberty pour extraire des prisons tous ceux qui, hommes, femmes et enfants, étaient destinés à leurs « expéditions* », c'est-àdire à la mort; la résistance du président de la commission et la menace dont il mourut ; les fureurs de Carrier contre lui-même, quand Fouquet et Lamberty, mis en jugement, au grand déplaisir des représentants qui succédèrent à Carrier, se réclamèrent de Carrier, et que Vaugeois vint à Paris pour lui demander un désaveu par écrit.
Carrier ne sut répondre qu'en déclinant l'imputation comme étrangère aux griefs contenus dans l'acte d'accusation, en réclamant les pièces authentiques et en récriminant contre la commission militaire ;
J'observe, dit-il, que la commission ne vient faire des dépositions aussi terribles que parce qu'elle a jugé tous les brigands de l'Entrepôt; parce qu'elle a outre-passé ses pouvoirs; parce qu'elle a fait fusiller plus de quatre mille brigands, tandis qu'il n'en est pas venu à Nantes plus de trois