Ibid.^ p
5. Ibid., p. 30, 42 et 62 : « 11 arrive à >'antes de jeunes brigands qui se rendent volontairement; cette jeunesse pou voit rendre de grands services à la République, si on eût eu pour ces brigiiids tous les égards que commandoicnt rimmanilé et les cireunstances dillicilcs uù nous nous trouvions. Ils promettoient d'ailleurs de convertir plusieurs connuiines au giron de la République, si on vouloit les laisser retourner dans le pays pour porter des paroles de paix; et dans le moment, il étoit avantngiMix, plus qu'en toute autre renconti*e, d'accepter leurs propositions. U l'ut question de consulter le représentant; nous sondons ses dispositions; Carrier l'ait semblant d'être de noire avis, et le lendemain il
50 CHÂP. LVil. — PROCÈS DE CARRIER.
Nantes et frappant indistinctement hommes, femmes et enfants*; et au dehors l'extermination de villages entiers prescrite aux généraux :
Carrier^ représentant du peuple^ au général Ha^o.
Il vous est ordonné d'incendier toutes les maisons des rebelles, d'en massocrer tous les habitants et d'en enlever toutes les subsistances*.
Carrier soutient encore qu'il n'avait fait qu'exécuter les ordres de la Convention ; et à certains égards, il n'avait pas tort; mais le décret de la Convention dont le
ordonne Hc fusiller ces brigands égarés qui sont venus se mettre à noire merci*
Alors nous faisons des représentations à Carrier; nous nous efforçons de lui faire sentir les conséquences funestes d'un ordre aussi cruel ; nous lui observons que le Morbihan menace d'une insurrection, et que des mesures outrées contre les brigands sont plus propres à en augmenter le nombre qu'à le diminuer : que beaucoup de rebelles sont égarés par leurs chefs, par leurs prêtres, qu'il faut pardonner quelque chose à Terreur, nous n'oublions rien pour faire rétracter l'ordre sanguinaire; enfm nouii terminons par dire à Carrier que dans le cas ou il trouveroit quelque inconvénient à déférer à nos représentations, nous Tinvitons à se concerter avec son collègue Francastel, pour déterminer le parti à prendre en pareil cas.
Carrier nous répond que si nous renvoyons les douze cents brigands venus à Nantes, ils grossiront l'armée des rebelles, et que si on les fait entrer dans Nantes, ils soulèveront cette commune.
Mais, lui répliquons-nous, si nous parons à tous ces inconvénients, consentiras-tu à nos demandes? Carrier se contente de nous répondre : J'ai des ordres, il faut que je les suive; je ne veux pas me faire guillotiner. Au moment où nous allions nous retirer, vient la lettre de Westermann, le sabreur, qui annonce avoir fait beaucoup de prisonniers sur les brigands; qu'il a cru de la bonne politique de ne pas les faire fusiller, afin d'encourager les autres à se rendre; et, par celte lettre, il demande à Carrier quel traifemcnt, quel sort il doit faire à ces brigands.
r^ous profitons de cette circonstance pour renouveler nos instances. Carrier paroit pendant quelque temps indécis, ébranlé par nos observations ; l'espoir de voir adopter nos mesures de clémence renaît dans nos âmes; mais il n'est pas de longue durée. Carrier déclare qu'il lui est impossible de rien changer à ses ordres. Quand on se plaignoit des commissaires de la Vendée, Carrier disoit que ceux qui blâmoient la conduite de ces commissaires étoient des contre-révolutionnaires, et qu'il falloit faire périr les généraux qui contrarioieiU leurs mesures (Déposition de Ilicqueau, adniinislraleur du département de la Loire- Inférieure).
1. Bulletin^ \)A'ù: même des lemmesenceintesl(Dépos.dePhclippes-Tronjolly.)