‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 4)Chapitre 112 sur 178 · CE QU^A FAIT, CE QUE FERAIT LA TERREUR · texte numérisé non relu

CE QU^A FAIT, CE QUE FERAIT LA TERREUR

poursuivait de mort de simples délits, un écrit, une parole, une pensée, il ne faisait encore qu^appliquer la loi. Qu'est-ce autre chose que l'assassinat légal? et il y a d'honnêtes gens qui, aujourd'hui encore, lui trouvent en cela son excuse!

C'est contre un lel aveuglement que j'ai voulu protester; c'est contre le renouvellement possible de pareils excès que j'ai entrepris d'élever une barrière. Non que j'aie la simplicilé de croire que je puisse arriver à détourner des procédés révolutionnaires les héritiers des hommes de la Terreur. Ce parti est incorrigible, il cesserait d'être le parti j:icobin, s'il était susceptible d'amendement : il lui faut des tribunaux d'exception, une magistrature sans indépendance, comme ce terrible et plat tribunal, servi le instrument de Robespierre jusqu'au soir du 9 thermidor, qui, le 10 au matin, se présentait h la barre de la Convention, disant : « Nous venons prendre vos ordres pour le jugement des conspirateurs* ». Une justice obéissante, comme Tétait celle de notre tribunal, est la dernière arme dont ces hommes consentiraient à se priver. Tout entiers à la passion de dominer, ils sont trop convaincus de la vérité de ce principe, formulé ironiquement par Camille Desmoulins, sous le nom de Tacite, et que j'ai pris pour épigraphe de mon livre : Ce sont les despotes maladroits qui .»e sentent de baïonnettes ; l'art de la tyrannie est de faire les mêmes choses avec des juges. — Ceux-là ne se convrrtissent pas; mais il est bon d'avertir ceux qui répugnent h ces procédés et qui ne veulent pas en devenir les victimes Qu'ils y avisent lorsqu'ils le peuvent encore. Le temps

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m CHAP. LX, - CONCLUSION.

presse. Si nous n'usions pas de tous les moyens que le droit public laisse entre nos mains pour y faire obstacle, c'est à nous-même que nous aurions à nous en prendre de tous les maux que notre indifférence coupable nous aurait causés.

9 octobre 1881.

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