CARRIER AU TRIBUNAL : CHICANES DE PROCÉDURE
d'un acte d'accusation particulier; que fout doit donc être renouvelé; il veut que les jurés soient tirés au sort devant lui, et qu'on lui reconnaisse, comme à tout autre accusé, le droit de les récuser; enfin, que ses réclamations soient soumises à la Convention ^ Mais le tribunal, sur le réquisitoire de l'accusateur public, passa outre : l'affaire était connexe; des témoins avaient, sans plus déformes, été rangés, séance tenante, parmi les accusés; il n'en aurait pas été autrement de Carrier, s'il n'eût été couvert par son titre de représentant du peuple; c'est ce titre qui avait motivé un décret ; le décret était rendu ; les débats devaient reprendre leur cours*.
Carrier objecta alors qu'il n'avait pas encore choisi de défenseur. La séance, sur sa demande, fut renvoyée au lendemain. Mais le lendemain il n'en avait pas trouvé', et les défenseurs nommés par le tribunal donnaient des excuses. Carrier, humilié sans doute par ce refus, déclara qu'il se défendrait seul. On aurait dit qu'il n'avait pas été défendu : ce fut le tribunal qui insista cette fois pour qu'il prit un conseil, et qui finit par décider un homme de loi. Vilain, à accepter cette rude tâche\
1. On trouve aa dossier (2* partie, pièce 26) cette note de Carrier : D'après le décret qui assura aux représentants du peuple des garanties légales
contre les dénonciations, on ne peut informer contre moi que sur les faits précisés dans Tacte d'accusation. On en impute beaucoup au comité révolutionnaire de Nantes qui n'y sont point insérés. I<rs deux alTaires ne peuvent donc pas se
cumuler, s'instruire ensemble.
Carriih.