INTERROGATOIRE DE CARRIER
mille : je demande que le président soit tenu de représenter tous les jugements de la commission \
Mais si la commission agissait de la sorte, comment Carrier, avec les pouvoirs dont il était investi à Nantes, le souflrait-il?
Le préside^it. Est-ce vous qui avez organisé la commission militaire, et a-t-elle opéré pendant votre mission?
Carrier. L'établissement de cette Commission n*est pas mon ouvrage ; elle est cependant entrée en activité de mon temps, mais je ne m'occupois aucunement de leui*s travaux.
Le président. Avez-vous eu connoissance des fusillades?
Carrier. J'en ai entendu parler; on disoit qu'elles étoient ordonnées par la commission.
Le président. Pourquoi, en votre qualité de représenlant| ne leur avez-vous pas demandé compte de leurs travaux?
Carrier. Cette commission avoit été établie par mes collè« guesy et je croyois devoir respecter leur ouvrage, sans me permettre aucune inspection. Quant aux fusillades, on en usoit à Nantes à cet égard, comme à Angers, à Saumur, à Laval, et partout ailleurs '.
Les fusillades ainsi justifiées conduisaient aux noyades:
Le PRÉsn>ENT. Avez-vous eu quelque connaissance des noyades?
Carrier. Point d'autre que celle des prêtres, dont j'ai rendu compte à la Convention, comme d*un événement que j'ai toujours cru fort naturel; sans cela je n'eusse pas eu la maladresse d'en faire mention.
Le président. 11 est bien étonnant que vous ayez ignoré les noyades, tandis que tout Nantes en retentissoit; il est bien difficile de croire que Lamberty et Goullin ne vous aient point entretenu de ces noyades. Avez-vous ordonné à Goullin
i. Bulletin, 7* partie, p. 25.