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voirs envers le Saint-Père ,' le roi , le peuple et le clergé. Il fit venir auprès de lui le troisième fils de sa sœur Adélaïde, Etienne de Gévaudan , et, lui vivant, le nomma à sa place, sans même appeler personne pour concourir à cette singulière élection. Quel contraste frappant entre le premier et le dernier souvenir de cet épiscopat ! . . . Guy d'Anjou arrive pour faire triompher les droits de son Eglise, pour combattre les usurpateurs avec l'épée , et quand il part, c'est en laissant derrière lui l'exemple le plus audacieux des envahissements de la féodalité. 11 ose s'attribuer à la fois la double et souveraine autorité du pape et du roi, en cherchant à rendre, par une abdication impie, la puissance épiscopale héréditaire dans sa maison (1).
(1) Les auteurs de la Ga Ma christiana donnent pour successeur à Guy II, son propre frère Drogon d'Anjou. Il faut évidemment qu'ils aient fait quelque confusion entre le frère et je neveu. Dans aucune des histoires du Puy et des tables épiscopales de ce diocèse , il n'est question d'un évoque de ce nom qui, dans tous les cas, n'a pu exister, puisque nous voyons Etienne de Gévaudan succéder à son oncle de son vivant et se faire sacrer immédiatement après sa mort. Les événements relatifs à cette intrusion sont trop circonstanciés , pour qu'il soit possible de trouver place pour cet autre évèque de la maison d'Anjou. Du reste, les frères Sainte-Marthe semblent bien partager cet avis lorsqu'ils disent :... His opponitur nomen Dro gonis nullibi occwrere in catalogis aut in tabulis Anicien-
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Dès que Guy II fuAnort, Etienne de Gévaudan, qui s'était mis en mesure par ses intrigues et par le crédit des siens, n'eut rien de plus pressé que de se faire ordonner par deux prélats gagnés à sa cause, l'archevêque de Bourges, métropolitain de 1-église du Puy, et Pévèque de Nevers. Cette cérémonie à peine achevée, il vint en toute hâte prendre possession de son siège. — Cependant une pareille usurpation ne pouvait ainsi passer impunément. L'affaire portée à la connaissance du prince de l'Eglise fut aussitôt déférée à un concile qui se tint à Rome en 998, et qui fulmina contre Etienne et ses consécrateurs de terribles anathèmes.
Le concile indigné signale la conduite impie de l'audacieux Etienne et le prive de tout ordre sacerdotal pour s'être permis, du vivant de son oncle, de prendre possession du siège épiscopal, et de s'être ensuite, après la mort de l'évêque titulaire, fait sacrer , sans élections préalables, par des prélats sans pouvoirs... Le concile frappe d'interdit ces prélats eux-mêmes, jusqu'à ce qu'ils soient venus faire amende honorable aux pieds de la chaire de saint
sibus; unde altumdeipso in historia Gissei silentium. Prœterea nosterD. Jacobus Boyer, qui scrulatus est et excussit omnes tabulas Anicienses, nullum documentum invertit in quo Drogonis vel nomen oecurrat.— Gallia christiana, Ecclesia Aniciensis.
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Pierre, et ordonne qu'il soit procédé à de nouvelles élections épiscopales au Puy (1).
Grégoire V et vingt-sept prélats signèrent ces décrets dont l'exécution fut néanmoins retardée à cause de la mort presque immédiate du Souverain Pontife. Cependant, l'illustre Gerbert, auvergnat, ayant été appelé sur le trône pontifical, le peuple et le clergé du Velay crurent l'occasion favorable pour ressaisir leurs droits en repoussant l'usurpateur Etienne, qui persistait à vouloir être maintenu dans ses fonctions épiscopales. Ils se réunirent donc et, lisant du bénéfice que leur réservait la. 8 e canon du concile, nommèrent pour leur véritable et légitime pasteur Théotard, bénédictin d'Aurillac, ancien compagnon de cloître et ami de Gerbert. Celui-ci vit cette élection avec plaisir; aussi, par une bulle apostolique
(1) Labbe, tome IX , dit avoir tiré ce concile d'un manuscrit de Notre-Dame du Puy , trouvé dans les papiers du père Sirmond. — Le père de Gissey rappelle aussi en ces termes ce précieux document historique : « Il se trouve une ancienne bulle en écorce d'arbre avec certains articles d'un concile tenu à Rome qui lait foi comme Théotard fut pourveu de l'évêché du Puy à Rome l'an 998. Ce concile ne se retrouve point en entier, ny possible en parcelles , sinon qu'au Puy , où il 3e lit en un long parchemin, que les historiens ecclésiastiques n'ont pas vu. *— Histoire de Notre-Dame du Puy, liv. II, chap. vin. — Voir aux Preuves.
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de la première année de son pontificat (1), s'cmpressa-t-il d'ordonner lui-même le nouveau prélat, conformément aux prescriptions de998; puis, de peur qu'il ne fût inquiété par les consécrateurs d'Etienne, il voulut l'absoudre par avance des excommunica-
(1) Le père Odo de Gissey écrit (Histoire de Notre-Dame du Puy, p. 280 et suivantes) : «... J'avais délibéré de coucher ici tous les lambeaux de cette bulle, mais la voyant si gâtée, j'ai cru qu'il suffirait d'y mettre seulement ce que j'en ai pu tirer de plus entier... »
Sylvester, servus servorum Dei... Teotardo sanctœ Vallavensis ecclesiœ... Quoties questiones ex adverso oriuntur, opportet ut synodali concilio finis quœratur... Quocirca quia constat in generali synodo habita Romœ, Stephanum tuœ ecclesiœ invasorem a prœdecessore nostro jure damnatum , et ab omni sacerdotali officio depositum ; quod Guidone vivente episcopo avunculo , et prœdecessore suo, sit electus, sine cleri et populi voluntate t et a quibusdam tantum episcopis in episcopum post ejus mortem sit ordinatus, at quid.... Clericisin Vallavensi ecclesia Deo famulantibus, licentia alium eligendi episcopum prius concessa, tum ut eorum electus a Roman o pontifice in episcopum ordinaretur... te ab eisdem electum didicimus, ideo eorum electioni facente auctoritate apostolica , te in episcopum ordinamus ...l'astorali sollicitudine. te frater carissime t hortamur, ut solerli cura gregem tibi commissum custodias tcmetipsum sic in bonis moribus disponas. . ut si quis episcopus te excommunicare prœsumpserit aut anathematis vinculis ,• qui d fier i... nostro fretus muni-mine, ipsam excommunia cationem parvi pendus,,., etc.
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fions dont il pourrait élrc l'objet. — Les historiens canoniques attribuent à cette circonstance la prérogative dont jouissent les évoques du Puy d'être affranchis de la juridiction métropolitaine de Bourges, et de relever directement de l'autorité papale. C'est à p»u près tout ce que nous savons de Théotard et de son ambitieux compétiteur Etienne de Gévaudan (1).
(1) Voir à ce sujet, pour plus amples renseignements, aux pages 219, 250 et suivante ib notre Histoire de Sotre-Dame du Puy, ton). II.