‹ Histoire du Velay (volume 3)Chapitre 6 sur 61 · LÉGENDE DE S. GEORGES ET DE S. FRONTON · texte numérisé non relu

LÉGENDE DE S. GEORGES ET DE S. FRONTON

Rome, vint se jeter aux genoux du Saint-Père et, les yeux baignés de pleurs, lui dit :

« Vous m'aviez associé à un homme entièrement » vertueux, et cet homme m'était, selon la parole » de Job, comme l'œil à l'aveugle, comme le bâton » au boiteux. Je n'étais pas digne, ô Saint-Père, » qu'un tel ange fût le guide, fût la sauve-garde de » mon voyage ; il est mort. Je reviens pour vous » l'apprendre et pour vous supplier de me choisir » un autre compagnon avec lequel je puisse accom- » plir l'œuvre dont vous m'aviez chargé. — Séchez » vos larmes, mon fils, dit le vénérable Pontife, » Dieu a permis ce trépas pour le plus grand » triomphe de la vérité, mais Dieu a d'autres des- » seins. Prenez mon bâton, retournez d'où vous » venez ; et quand vous serez sur le sépulcre de » votre ami, écriez-vous : Georges, serviteur du » Dieu vivant, je vous adjure, au nom de Jésus et "» delà part de Pierre, son vicaire en terre, de re- » prendre vie afin de remplir la mission qui vous » fut confiée (1). » Il dit, et lui donna sa bénédiction. — Trois jours après, Fronton, de retour à Bolsena, frappait le tombeau de Georges avec le bâton miraculeux, en prononçant les paroles de

(1) Histoire de Notre-Dame du Puy, Odo de Gissey, lib. i, cbap. 3, pages 16 et 17.

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