BAS-RELIEFS CHRÉTIENS
bre , leurs dimensions , par les sujets qu'ils représentent , ont eu le privilège de solliciter plus particulièrement qu'aucun de ceux dont nous venons de parler l'intérêt des antiquaires. Ces bas-reliefs sont ceux qui servent de soubassement au mur absidal de Notre-Dame, et dont quelques fragments trouvés dans les terrains qui avoisinent cette église sont aujourd'hui déposés au musée de la ville. On y voit des combats acharnés d'animaux sauvages se poursuivant avec fureur à travers les arbres d'une forêt de chênes. Au premier aspect il est facile de s'y tromper et d'attribuer à l'antiquité païenne cette frise monumentale dont le caractère étrange semble, en effet, en certaines parties, une réminiscence de l'art antique. Telle avait été notre impression en 1846, quand nous publiâmes dans Y Ancien Velay nos études archéologiques. Depuis lors , et à la suite de controverses nouvelles , notre attention a été plus spécialement provoquée sur les dispositions exceptionnelles, sur les détails caractéristiques de ces grandes figures, et il est resté démontré pour nous que toutes proviennent d'un édifice de l'époque mérovingienne et représentent, sous la forme d'allégories bibliques et d'images données par les prophètes, les symboles de la foi primitive. — Nous devons même ajouter que les éléments qui ont le plus directement contribué à gui-
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der nos recherches sont les constatations précisées avec tant de soins sur les dessins de ces figures et dans les rapports soumis par M. Aymard au Congrès tenu au Puy en 1855. Cet antiquaire faisait observer avec raison qu'une tête d'âne qui sort brusment du milieu du corps d'un lion., qu'une seconde tète qui apparaît à l'extrémité de la queue du même animal , qu'enfin des mamelles mystérieuses auxquelles ces têtes semblent appendues pour en sucer le lait , constituent au plus haut degré une véritable allégorie. Seulement M. Aymard voulut voir dans ces signes quelques emblèmes théogoniques du paganisme (1), tandis que nous espérons démon-
(1) Congrès scient, de France , 22» session, t. II, p. 555. — Dans un second mémoire, M. Aymard, chercbant une interprétation mythologique de cette figure inexpliquée , a cru la trouver dans la Chimère. — Nous ne saurions accepter cette hypothèse. La Cbimère antique est un monstre qui a une tête de lion , un corps de chèvre et une queue de dragon. Elle personnifie une célèbre montagne delà Lycie, qui avait des lions à son sommet , des chèvres sur les pâturages de ses versants , des serpents à ses pieds ; et comme cette montagne lançait des flammes , les poètes font sortir du feu de la bouche du lion. — A leur tour les sculpteurs de Tantiquité , Interprètes des poètes , ont presque constamment reproduit ainsila Chimère qu'Ovide nomme Chimerifera. Cependant on trouve quelques représentations de ce monstre avec trois têtes au haut du corps; adroite celle du lion, à gauche