‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 107 sur 131 · SCULPTURES ARCHITECTURALES · texte numérisé non relu

SCULPTURES ARCHITECTURALES

que les antiquités qui font Tobjet de notre examen a*aient pas, pour la plupart, des dates très-différentes, seulement il nous paraît juste de dire que les monuments auxquels on doit attribuer chacune de ces épaves des anciens âges ne sont ni en si grande quantité ni si importants qu'on se plai- -mt à le croire. — Il faut aussi prendre garde de ne pas trop systématiquement romani^^r les pierres dont l'origine peut, dans bien des cas, paraître au moins douteuse.

• La sculpture des bas-reliefs porte avec elle des 'caractères qui la font aisément reconnaître. Sans ^mrler des scènes qu'elle retrace et qui sont en général révélatrices de l'époque à laqueUe il faut les attribuer , elle trahit aussi sa date artistique par son style et son exécution. La sculpture architecturale, alors qu'elle n'est pas trop mutilée, offre également à l'archéologue d'assez faciles indications du temps où. elle fut exécutée; cependant, il serait plus aisé de se méprendre sur l'origine d'un pilastre, d'un fût ou d'un tambour de colonne que sur celle d'une main, d'un pied, d'une tête. Il y a bien une autre difficulté à composer une figure qu'à reproduire un ornement; et, dans l'histoire dé l'art, on voit la science du statuaire s'amoindrir et s'éteindre , tandis que les règles de l'architecte el le talent de l'ornemaniste se conservent encore.

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— n sera donc toqom tort sip de ne pas se prononcer trop péren^toi njy a m t qaund oo aura à dé* terminer bpro^cnance dTmiepîerTe apmt ^ppartaiii à quelque ancienne construction monumentale.

On montre an mosée du Pay un certain nombre de firagments d*ardntectare extraits des mors de Notre-Dame on de fooilks fûtes dans la contrée. Ce sent des parties de diapîteanx de différentes grandeurs, des trmiçons de adonne, des ^Kbris d'ardiitraTes , de pilastres, etc. — L'artavec lequel on a recueilli , entassé ou dassé sur un seul point tous ces restes , jadis épars, donne à Tensenir Ue une afqiarence assez req[iectable ; cependant il importe de ne pas perdre de Tue qu'on est en présence d*UDe collection départementale, que Margeaix, le Pontempeyrat, Solignac, Espaly et beaucoup d'autres localités ont envové des témoins 4e leur antiquité dans ce congrès de ruines, par conséquent qu'il ne faut pas faire tourner au profit exclusif d'un seul l'exhibition un peu confuse de ce trésor commun.

Parmi les matériaux dispersés et enfouis depuis des siècles et qui aujourd'hui se trouvent assemblés dans ce chantier de l'archéologie, il en est qui se font remarquer par leurs dimensions, par leur ri-

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chesse. Ceux-là ont été exhumés des terrains entassés au.pied ou aux alentours de la cathédrale, n semble en les rapprochant les uns des autres qu'ils ont appartffliu à un même édifice , sans toutefois qu'il soit permis de rien affirmer à cet égard. Mais ce qui , pour quelques-uns au moins , rend cette supposition vraisemblable, c'est qu'on arrive à reconstituer par leur juxta- position une partie de façade assez importante. — Voici sonunairement ceux sur lesquels a plus particulièrement porté notre examen.

N® 1 . — PuTs DE COLONNES , portant en moyenne 24 cannelures au pourtour, sur une circonférence de 3 mètres. Ce qui, d'après les règles indiquées par Vitruve, donnerait approximativement pour chaque colonne 8 mètres 50 d'élévation, c'est-à-dire^ huit fois et demi le diamètre de la colonne.

N° 2. — Tronçons de pilastres, ayant des cannelures conformes aux précédentes. Evidemment plusieurs de ces fragments se raccorderaient davantage, par leur diamètre, avec les colonnes, si presque tous n'a;¥aient été soumis à des recoupes pour être utilisés dans des constructions postérieures.

N® 3. — Chapiteau corinthien (envircm mètre =82

moamr . itrnt àt irœ ftiees de feuilles d*acaiiâif ÂsmsiM!^ « «uurteBiiBent Son tailloir, à ccàaoï.-rxDR^ cnDcims mL qntre fiioes, est garni «jo^ «"àifeiiar nib» f im iety en rosace.

V 4. — AIBOX 3C TiMIrfl • OK GHAPITEAD, plUS

icDd. w» riàîÈt ^m^^fmèotégBty eîqaine AemX i^our aiosnî^ fjR SKtiip dTêléTalioii. On raBar- ^q»^ àjoïs: ^f Èruwcï: na omcinait ocmunim à Kmii;^ ks JMTrvs Mr6e$ dTaitiâtectiune qae nous skiul>c:>: c^f$: «a À^nni chapelet de peries et

V ^. — FkuJKns » AKMmu^ •d'environ mètre 75 de kKiiear . — C^^ie partie de lentablement se coniiKxje de ticv* l*sî5^ ^^fwves par des baguettes perfcvs, et d une o>imi>^ sralptëe dans sa longueur d'un cordon r«ttlicr de (^lits fleorons en fers de bnce.

X*" 6. — rfcxGMExr? i^^nr lauier -de près de mètre 80 de hauteur « compoisê d*un cordon du^méme caractère que cehiî de rartfaitraTe, d*nn rang de denticnles sur un quart de rond taillé d'oves, et au-dessus d*une large salerîe de modillons en consoles encadrés de perles, comme les précédents motiCi.

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N® 7. — Couronnement de corniche. — Les ornements en sont éyidemment empruntés à rarchitrave et au larmier.

N« 8. — Il serait difficile de dire quelle frise accompagnait toutes les parties d'architecture que nous venons d'indiquer, car elle devait être différente suivant les dimensions, la forme et la destination de l'édifice. C'est pourquoi (et seulement dans le but de rendre notre pensée plus saisissable à l'aide d'une simple hypothèse) , nous dirons que si le magnifique mausolée, dont nous avons décrit quelques bas-reliefs, comportait dans son ordonnance grandiose l'emploi de colonnes; tout le système architectural ci-dessus indiqué pouvait parfaitement convenir à son ornementation extérieure. — Dans ce cas, il y aurait eu deux ou quatre colonnes dressées à droite et à gauche de l'ouverture centrale ou aux angles du monument; puis au-dessus, entre l'architrave et le larmier, se serait développée la grande épitaphe en manière de frise (1) , ainsi qu'on le voit dans quelques frontispices d'arcs de triomphe ou de mausolées antiques.

(1) Cette monumentale inscription, dont les lettres ont m. 14 de hauteur, devait, avec son encadrement, couvrir une surface de près de 5 mètres de longueur sur une élévation de plus d'un mètre.

Pour nous résumer en ce qui concerne la date, la destination et surtout la place précise des monuments dont nous venons de faire connaître les principaux débris, on ne saurait présenter que des conjectures. — 11 est permis de croire néanmoins que quelques-uns, si ce n*est tous, appartenaient au tenitoire d'Anicium, c'est-à-dire, à la montagne et aux vallées dont elle est le centre et qui partent de sa base pour s'étendre en rayons suivant le cours du Dolaison, de la Borne et de la Loire. Dans ce cas, l'opinion la plus vraisemblable serait que lorsque la ville du moyen-âge voulut bâtir ses premières églises, elle chercha à recueillir autour d'elle les matériaux le plus à sa convenance. On apporta des locaUtés voisines devenues tributaires, colonnes, bas-reliefs, pierres de tombeaux, etc.; puis les constructeurs, suivant certaines idées d'art ou de foi, suivant les besoins ou la fantaisie du moment , employèrent les uns dans les fondations, les autres dans les parements extérieurs des murailles , se préoccupant fort peu sans doute de cette promiscuité singulière qui aujourd'hui nous étonne et nous expose souvent aux plus étranges conamentaires.

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