PLAN DE CETTE PARTIE DE L*OUVRAGE
nos plus précieuses archives , une quantité considérable de fragments antiques. — On le voit , il est peu de pays moins renseigné sur son passé par les écrivains, mais aussi nous n'en connaissons guère de plus riche en souvenirs archéologiques. Débris de temples, d'autels, de tombeaux, de bas-reliefs , de statues, couvrent le sol et fournissent par leur style, par leurs dates, par le mode d'exécution qui les distingue , des éléments très-propres à porter la lumière sur le lointain horizon de notre histoire. Donc , à vrai dire , plus encore pour l'ère gallo-romaine que pour l'ère celtique , nous ne pourrons arriver à connaître le pays que par l'étude de ses anciens monuments. Ce ne sera même qu'après avoir tracé le rapide tableau des cinq siècles de la domination impériale et après avoir suivi la marche ascensionnelle ou décroissante des arts dans les Gaules, pendant cette longue période, que nous saurons reporter utilement à leur date ce qui nous reste d'inscriptions , de bas-reliefs , de fragments antiques quelconques. A ce point de vue, notre travail est une œuvre d'antiquaire qui demande toute la patience d'un faiseur de mosaïques et qui serait plus exactement nommé , il faut en convenir, Etudes sur les antiquités vellaviemies, qa'Histoire du Velay antique. En effet, il est du devoir de l'historien de n'admettre que des faits
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scrupuleusement yérifiés ; s'il en produit quelquefois de moins positif , ce ne peut être qu'avec une extrême réserve ; les conjectures ne sont pas de son domaine. L'archéologue, au contraire, procède d'après une méthode différente. Il appelle à son aide rhistoire et la comparaison ; il cherche à résoudre, en manière de problème, Tâge, la forme, la destination d'un monument qui n'est plus , à l'aide de quelques fragments caractéristiques.
Les circonstances particulières dont l'ensemble
constitue les annales d'une province nous manquent
entièrement. Nous savons , il est vrai , que les Yé-
launes furent au nombre des quatorze peuples
qu'Auguste sépara de l'ancienne Celtique pour les
réunir à l'Aquitaine; nous savons aussi que les liens
de clientelle qui les unissaient aux peuples de l'Ar-
vemie se trouvèrent brisés dès le moment où les
uns et les autres furent proclamés libres. Là se
borne ce que nous aurions à raconter si notre
tâche ne consistait qu'à reproduire les écrivains
antérieurs; mais nous ressentons, pour tout ce
qui touche la patrie, plus d'affection jalouse que nos
devanciers et nous irons déchiffrer patiemment les
inscriptions des colonnes perdues sur la via Bolena,
nous interrogerons avec prudence les ruines de
Rue$siv/m, de Podemmacv/rn et à^Amcium, et sans
doute alors il nous restera à rempUr plus d'une page