‹ Histoire du VelayChapitre 14 sur 125 · LA FOIRB DES ROGATIONS AU PUT · texte numérisé non relu

LA FOIRB DES ROGATIONS AU PUT

miner ces lieux de négoce local , et de leur accorder proportionnellement l'aide , la protection , les privilèges nécessaires pour qu'ils fussent toujours l'objet de ces convocations spéciales connues sous le nom de foires.

Depuis longtemps le Yelay suivait à cet égard de vieilles traditions que régularisèrent successivement, — le roi Philippe par ses ordonnances de 1345 (1), — les administrateurs consulaires par divers règlements promulgués dans les villes et bourgades voisines (2), — Charles VIII par ses privilèges (3), etc. Les guerres civiles vinrent tout-à-coup suspendre ces relations, paralyser le travail, effrayer la confiance. Ce n'étaient pas, en eSet, les classes mercantiles , celles dont la fortune dépendait de la sécurité générale, qui pouvaient accueillir avec le plus d'empressement les doctrines nouvelles. Du reçte,

(1) 1* Salvagardia pro civibus Aniciensibus (j&QV. 1343). 2* Gerta impositio , seu coastuma ordinata super rébus ven-

ditis in civitate Anicii (mars 1845). — - Ces pièces se trouvent dans le 59* volume de la collection de Decamps (Manuscrits de la Biblioth. impériale).

(2) Voir les Manusc. originaux de Médicis. — Au feuillet 204 et suivants il nous conserve plusieurs pièces en langue du pays.

(3) Lettres de Charles VIII, qui défendent d'arrêter qui que ce soit dans les foires du Puy. (Se trouvent dans Medicis.)

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quelle que fut la terreur inspirée par ces bandes nomades rançonnant , pillant au nom du maintien de la foi et de l'indépendance , nous voyons encore le commerce forain se convoquer à petit bruit, les jours de calme, et courir les chances d'un combat plutôt que de rester dans une stagnation mortelle. De leur côté , les religionnaires-routiers ne manquaient pas de diriger leurs invasions sur les lieux désignés; de telle sorte que les foires ne furent bientôt plus possibles loin des centres considérables et bien gardés. Pour concevoir les précautions auxquelles la prudence forçait alors à recourir, nous citerons un seul exemple, celui de la foire des Rogations, de Tan 1563, au Puy.

Encore émue des récentes violences de l'armée de Blacons, la ville de Notre-Dame n'avait pas hésité à fondre ses cloches pour en faire des canons (1) et à

(1) Que1qu*ande lacompaignie va dire que pour l'assurance et la fortification des églises et de la viUe, il serait bon, utile, nécessaire d'avoir pièces d'artillerie qui ctiassassent les ennemis du plus loing. « Hais c'est chose frustre, dict-il, quand on » n'a pas les estoffes^ que trop seroient chères, considéré la » paoureté du peuple» si les églises de leur part ne vouloient » fournir partie de leurs cloches pour ce faire, ce qui seroit bien » faict. » Plusieurs dicts ou contredicts furent sur ce ventilés en la dicte assemblée, et fut conclud que l'opinion n'étoit pas mal déduicle. Medicis, tome 11, feuillet 315 verso.

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