CONFRÉRIE DE LA SAINTE-CROIX, AU POT
questre et ce qui restait de leur famille fut traité conune otage de guerre.
Les ligueurs exaltés cherchaient à stimuler le zèle de leurs concitoyens avec une ardeur inconcevable. Comme cette situation politique n*était suivant eux qu*une conséquence de leur fidélité religieuse, ce fut par la voix des prêtres, et du haut de la chaire, qu*ils professèrent leurs doctrines. Les églises ressemblaient à de bruyantes casernes où chacun s'allait enrégimenter sous les bannières de Tinsurrection. Notre-Dame surtout, transformée en quartier-général, était ouverte nuit et jour ; la sainte hostie, perpétuellement exposée, y recevait les serments qu'une colère fanatique offrait à Dieu comme un pieux hommage.
Ce n'était point assez encore de ces déclamations, dans lesquelles quelques prêtres charitables osaient à peine mêler timidement à tant de malédictions un peu de miséricorde. A ces furieux apôtres de la ligue, prétendus régénérateurs du christianisme, à ces fils des martyrs, il fallait aussi des martyrs. Dans ce but et contre toutes les règles suivies jusqu'à ce jour, malgré la défense de Févêque.les ligueurs établirent au Puy , dans l'église conventuelle des Glarisses, une confrérie dite de la Sainte-Croix. Plus de deux mille habitants accoururent se faire inscrire sur les registres des bayles, prenant l'in-
CONFRËRIE DE LA SAIKTB-CROn, AO PUT. ?S5
violable engagement demouriravant d'abandonner leurs saints guidons (1).
Les assemblées étaient fréquentes et fort agitées. Elles avaient lieu à l'issue de la grand'messe qu'on célébrait exprès pour elles te dimanche dans l'église du monastère. Tous les initiés portaient la robe, le chaperon et le bonnet violet. Prêtres, juges et soldats en même temps, ils priaient, ils condamnaient el se battaient pour la mAme cause. — En tète de l'association étaient : Jacques de Coubladour, seigneur de Montréal, Marcellin Rousset, procureur du roi en la cour commune, et quelques autres dont les noms figuraient aussi dans le conseil des dix ou sur la liste des officiers et des principaux magistrats de la cité.
Alors, tout servait de prétexte à ces impatientes
(1) Le jour de la Croix de may de l'an 1SS9, les babilanU de la ville du Puy, comme vrayment cbrestlens et cathorqnes, Toyanl les malheureai traitements plus que barbares que l'évéque et le sieur de Ctiaste falsol^nt ordinairement, voulant ensuivre la trace du roi con-.me barbare et hi^rttlque qu'il es-lollet qu'il l'avoit bien montré aux massa créa, ayant dans leur cœur le vray slgn^ de la sainte croix, Urenl de bon cceur et bonne dévotion assemblée d'environ !,000 personnes dans l'église des sœurs de Salnle-Clalre. Tous ensemble ont lait vœu à Dieu et promesse de vivre ei mourir pourlssoustânemenl de la sainte croix... - "■
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