PREMIERE LETTRE
M On Coufin, quoiqu'il vienne d'arriver un bruit de Paris que M. votre Frère a pris parti avec le Parlement , qui eft a prefent dans une rébellion toute déclarée ; je ne puis y ajouter de foi quand je fais réflexion qu'il fçavoit ce que j'ai réfolu pour ce qui regarde votre établiflcment , & que je voulois faire pour fes intérêts particuliers 6c pour ceux de toute la famille : Mais quoiqu'il en foit , je fuis fi afiurée que non feulement vous n'y prendrez aucune part , mais que vous décéderez fon action , fi elle fe trouvoit véritable , que je ne vous fais ces lignes à autre fin que pour vous témoigner Ix confiance entière que j'ai en vous 6c vous aflurer de la continuation de mon affection i me remettant du furplus à mon coufin le Cardinal Mazarin que je fçai mieux que perfonne être le meilleur de vos amis ; cependant je demeure
Votre bonne Coufine Anne.
A S. Geniuin m Ujt U 1 1. Jêmitr 1 «
PREUVES
IL LETTRE
M On Coufin , envoyant par delà le Sieur Hervart pour des affaires qui regardent le Service du Roy Monfieur mon Fils ; je vous fait ces lignes pour vous prier d'avoir entière confiance & pleine créance en ce qu'il vous dira de ma part : Et s'il eft befoin que pour le contentement des Officiers de l'armée que vous commandez , il s'oblige en mon nom , de leur payer ce que vous conviendrez avec eux , ne faites point difficulté de garantir ce qu'il promettra , car je vous atfiire & vous donne nia parole que j'y fiuisfcrai à point nommé j cependant je demeure ,
Votre bonne Coufirie, Anne.
A S. Gtrmain tn Ityc le x». Janvier i«o- '
///. LETTR E
M On Coufin , la faute où eft retombé votre frère le Dhc de Bouillon , dans le tems même qu'il fçavoit que j 'avois fait ou réfolu tout ce qui pouvoit regarder fes avantages & ceux de fa Mailon , me touche principalement pour le déplaifir que je fçai qu'elle vous caufera $ car pour le refte je fuis tellement perfuadée de votre affèûion 8c de votre attachement aux intérêts du Roi Monfieur mon Fils Se aux miens , que je fuis certaine que votre zele augmentera plutôt dans ces conjonctures , qu'il n'eft à craindre qu'aucune confidération de proximité y puiffe apporter la moindre altération. Alfurez-vous aufli que je redoublerai les effets de ma confiance & de ma bonne volonté , & que votre confidération me fera toujours fi recommaodable, que je ne ferai point de difficulté , quelque grand que foit le crime de votre frère, de faire pour votre égard (cul ce que vous pouvez fouhaiter pour les honneurs de la Maifon , & me remettant à ce que j'ai charge mon Coufin le Cardinal Mazarin de vous mander , je demeure avec beaucoup de tcndrdTè ,
Votre bonne Coufir.e, Anne.
A S. Gttw.iia en L«yt le *ï. Unvier 1H9.
ir. LETTRE.
M On Coufin , quoique je vous aye déjà mandé les bonnes intention* que j'ai pour vous , & à votre considération pour toute votre Maifon ; j'ai voulu néanmoins, dans l'occalion du voyage du Sieur de Ruvigni par delà , vous faire cette Lettre pour vous les expliquer encore plus particulièremenr. Je vous dirai donc touchant les honneurs de votre Maifon , que des la première fois que je vous verrai , je vous ferai jouir fans autre délai des prérogatives dont il avoit été rémis de parler après la majorité du Roi Monfieur mon Fils. A l'égard de la Souveraineté de Sedan , 8c pour ce qui concerne le Duc de Bouillon votre frère , quoique fa faute (oit aufli grande qu'elle fe peut concevoir , d'autant plus qu'il n'ignoroit pas les intentions favorables que j'avois pour tout ce qui le pouvoit regarder ; je ne me difpoferai pas feulement à l'oublier & à la pardonner , pour l'amour de vous , dèsqu'il rentrera en fon devoir, mais pour la mêmeraifon je le ferai joiiir déflora defdites prérogatives qui avoient été remiles à la majorité ; & touchant l'échange de Sedan , il y fera traité aufli favorablement, & aux mêmes conditions qui avoient été arrêtées en dernier lieu. Vous devez prendre toutes ces avances pour une pure marque de l'affection que je vous porte, & être alTuré qu'en toutes autres rencontres où j'aurai lieu de vous obliger , vous> n'en recevrez pas des effet* moins folides: cependant je demeure ,
Votre bonne Couûne,ANNB.
A S. Germàm en Isytltt). Jenvitr 1(47.
BREVETS DU ROI EN F A V E U Ride la Maifon de Bouillon.