PRÉFACE. XI
cédé à un sentiment d'hostilité pour celle-ci ?
Je ne le crois nullement. Ce que j'ai dit sur rinde anglaise est moins violent que les discours des grands orateurs anglais. Sur tout le reste, j'ai eu présente cette maxime que l'historien qui parle d'un peuple étranger doit y bien regarder avant de condamner ce qu'il connaît trop peu. Il devrait plutôt entrer dans ses idées, tenir compte de la tradition de ce peuple, et de la violence naturelle de ses moments passionnés K
L'époque de ces luttes sauvages et fratricides , grâce à Dieu, est finie. J'écrivais l'autre jour à Darwin, le grand naturaliste : « Par les idées communes, même par les intérêts communs, le détroit semble déjà comblé. Je vois avec bonheur l'entreprise du pont, ou plutôt du tunnel, qui, passant de Calais à Douvres, rendrait les deux
* C'est ce que j'ai tâché de faire, et que n'a pas fait le professeur Sybel dans son aigre dogmatisme. (Voy. les critiques fort justes et excellentes que M. Avenel a faites de son ouvrage, dans le journal la République.) Au reste, les idées qu'attaque si violemment cet Allemand sont celles de l'Allemagne elle-même et de toute l'Europe au dix-huitième siècle. M. Avenel remarque très-bien que tous alors également adoptaient, croyaient, enseignaient cet évangile de la raison qui, par Rousseau, Basedow, Pestalozzi, circula et parut un moment le Credo de l'Allemagne.