PASSY ET CHAILLOT SOUTERRAINS
On sait qu’une assez grande partie du sol de Passy, et surtout du Trocadéro et de la partie de Chaillot qui l’avoisine au nord, a été minée, principalement aux xvn° et xvi® siècles, par des exploitations de calcaire grossier ou pierre à bâtir, qui ne furent interdites qu’en 1813 par un arrêté, renouvelé en 1860 pour la zone annexée à Paris. Une autre formation, parmi celles qui constituent le terrain tertiaire, avait aussi été l’objet des exploitations souterraines de notre région, l'argile
lastique ou glaise, qui fut exploitée de temps immémorial à Passy. Piganiol de la Force, dans sa Description historique de la ville de Paris, rapporte que les carriers de Passy vendaient autrefois en grande quantité, « à des apothicaires célèbres de Paris, qui en faisaient une espèce de vitriol pour guérir les fièvres intermittentes, » les pyrites qu’on trouve dans la glaise. Quant à la qualité de cette glaise elle-même, dépouillée de ses fameux pyrites, ni maîtres tuiliers (Â) ni sculpteurs ne nous ont laissé de renseignements précis sur elle.
(LEA principale tuilerie de Passy était à peu près située sur l'emplacement des numéros 40 à 50 de la rue de l'Assomption, der e le nouveau de jeunes filles : aussi le château qui l’avoit (actuellement couvent de somption) portait-il le nom de château de Ja Tuilerie.
Le groupe de Passy-Chaillot (1), formé d’un grand nombre d'exploitations séparées, comprend environ 6.600 mètres de galeries d'inspection. Ces galeries sont subdivisées en galeries principales, complètement consolidées, et en galeries secondaires, dans lesquelles on n’a exécuté que des travaux de faible importance. Les galeries principales du groupe de Passy-Chaillot ont 3.782 mètres de développement. Le palais du Trocadéro repose en partie sur une ancienne carrière de pierre à bâtir, exploitée au commencement du xvin® siècle. La consolidation de cette carrière a exigé des dépenses considérables qui ont dû s'élever certainement à plus de 300.000 francs. Sous chacun des points de la carrière correspondant aux points d'appui de l'édifice, on a élevé des maçonneries en moellons, hourdés de mortier de chaux hydraulique, de section variant suivant l'importance du point d’appui à consolider. En raison de la hauteur de l’exploitation, qui atteignait parfois 4 mètres, on a été conduit à donner à ces sections horizontales des dimensions considérables, dont la plus faible dépasse 3 mètres. Les quatre piliers qui supportent la tour de droite du palais ont un cube total de 800 mètres ! Par le fait du peu d'épaisseur du terrain de recouvrement, en certains endroits, on a été amené à asseoir les murs de fondation sur le sol même de la carrière. Les grosses conduites et le siphon de la cascade passent dans un grand tunnel, maçonné en briques et ciment, qui part de la façade du palais central et descend jusqu’au collecteur du pont de l’Alma, en traversant les remblais d’une ancienne carrière à ciel ouvert et l'emplacement des fouilles faites sous Napoléon Le”, pour la construction du palais du roi de Rome. Ce tunnel communique avec les vides qui, après l'exécution des piliers de soutènement, n’ont pas été comblés. Deux escaliers, dont l’un est situé sous la salle des fêtes et l’autre dans le jardin, permettent l'accès des galeries. En raison de la déclivité du sol du Trocadéro, l'épaisseur des terrains de recouvrement est très variable. Elle est de 12 mètres environ près de l'avenue du Trocadéro, de 9 mètres sous la salle des Fêtes et de 6 mètres sous le jardin, près de l'escalier.