TRAVAUX DE PARIS
« Un traité de 180 millions fut passé,le 18 mars 1858, entre l'Etat, représenté par M. Rouher et M. Magne, et la Ville de Paris. Les travaux de voirie devaient être exécutés en dix ans. L'Etat contribuait pour 60 millions dans la dépense totale nette. »
— L'article" énumérait en neuf paragraphes les travaux. Le 5° paragraphe nous intéresse spécialement.
« La place de l’Etoile était hors de l'enceinte de Paris, au moment de la conclusion du traité, et j'avais dû faire classer l'avenue de l’Impératrice, ouverte directement de cette place à la porte Dauphine du bois de Boulogne, sous le titre de route départementale, avec la largeur exceptionnelle voulue par le décret de 1854 et les dispositions spéciales dont la Ville de Paris, propriétaire du bois, couvrit les frais.
« Le plan primitif de l'Empereur ne prévoyait, en plus de cette voie et du boulevard Baujon (Haussmann), de l’autre côté de la place de l'Etoile, que l'ouverture d'une avenue nouvelle dans le prolongement de l'axe transversal de l’are de triomphe. Traversant les terrains occupés par l'ancien hippodrome et les pelouses de l'Etoile, elle aboutissait par le boulevard de Longchamp au Trocadéro, c’est-à-dire à l'emplacement du palais, jadis projeté, du Roi de Rome,
« Cette voie, appelée par nous avenue du Roide-Rome (aujourd’hui Kléber). fut continuée… et vint aboutir... après l’annexion… près de la porte d’Asnières,
« La réunion de ces deux avenues, sous l’are de triomphe, formait une ligne droite croisant d’équerre l'avenue des Champs-Elysées,continuée par l’avenue de Neuilly (de la Grande-Armée).…
« En dehors de ces indications, j'avais à tenir compte de l'existence de l'avenue de Saint-Cloud, autrefois de Charles-X, que nous sppelâmes avenue d’Eylau, mais qui n’a pas conservé ce nom: le gouvernement actuel... lui fait porter celui de Victor Hugo, qui l'habitait à sa mort.
« IL n’était pas facile, avec de telles sujétions, de trouver un arrangement symétrique de la place.
« Je commençai par ouvrir l’avenue de l’Impératice, à moitié distance de l'avenue de la Grande- Armée et de l’avenue d’Eylau, de manière à ménager deux terrains à bâtir égaux, à sa droite et à sa gauche; je fis un lot unique, à peu près double, du reste du quart de cercle compris entre les avenues de la Grande-Armée et du Roi-de-Rome.
« Je coupai de la même façon, mais dans un ordre inverse, le quart de cercle allant de cette dernière avenue à celle des Champs-Elysées, par les amorces des avenues d’Iéna et Joséphine (aujourd’hui Marceau).
« Je reproduisis cette disposition dans le quart de cercle allant de l’avenue des Champs-Elysées à l'avenue de Wagram.
« Enfin, je décrivis, au delà de mes douze lots à bâtir, une rue circulaire nommée rue de Tilsitt d’un côté de la place, et rue de Presbourg de l’autre, destinée à donner des issues aux hôtels d'architecture symétrique, précédés sur leurs faces de parterres, enceints de grilles uniformes, dont je fis déclarer l'établissement obligatoire. Je dégageais ainsi la place des encombrements que la circulation des voitures pourrait y produire à certains jours.
« Cette belle ordonnance, que je suis très fier d’avoir su trouver, et que je considère comme une des œuvres les mieux réussies de mon administration, apparait, dans son ensemble, comme sur un plan, du haut de l'arc de triomphe, où montent beaucoup plus d'étrangers que de Parisiens.
«Le 6° paragraphe du traité du 18 mars 1858 s’appliquait à deux boulevards de 40 mètres de largeur, partant du pont de l’Alma (rive droite), savoir :
« 4° L'un, nommé depuis lors avenue de l'Alma, percé dans le prolongement direct du pont et allant du quai de Billy à l'avenue des Champs- Elysées ;
“€ 2e L'autre, nommé avenue de l'Empereur (4)
(G) L'avenue de l'Empereur fut ouverte après l'annexion, de 1862 à 1866, d'abord entre la place du Roi-de-Rome à la Muette, puis, de cette place à tra celle d'Eylau, jusqu'à la naissance du quai de Billy, devant le pont de l'Alma, sur une longueur tétale de 1.400 mètres et une largeur de 40. Elle ne coûta guère moins de 2.350.000 francs, à cause des mouvements de terrains et des murs de soutènement. Elle se compose de deux trottoirs plantés de 6 mètres chacun, de deux voi rrossables de g mètres, d'une allée cavali centrale de 10 mètres, bordée de deux rangées d'arbres.
(maintenant du Trocadéro)... monte diagonalement d'abord... jusqu’au débouché de l'avenue Marceau; puis, prenant en écharpe le coteau du Trocadéro, il croise l’avenue d’Iéna, au point d’arrivée de la rue Pierre-Charron, et aboutit à l’ancienne barrière Sainte-Marie, sur le boulevard de Passy, au centre de la place du Roi-de-Rome (actuellement du Trocadéro).
« La seconde voie, prolongée (avenue Henri- Martin), après l'annexion, jusqu’à la Muette, où l'avenue Victor-Hugo vient se confondre avec elle, forme un des plus agréables accès du bois de Boulogne. »
— Plus tard, après l’annexion, intervint un troisième réseau. C’est celui-là qui acquitta pour 24 millions de dépenses de percements dans Chaillot et pour 20 millions de régularisation vers Passy.
« Le troisième réseau comprenait les travaux suivants :
« En bas de la butte du Trocadéro, la jonction de l'avenue d’Iéna et de la rue Pierre-Charron, d’un côté, avec l’avenue Delessert, continuation de la rue de Passy ; de l’autre, avec le quai.
« En haut, sur la place, une nouvelle étoile de larges voies formées par la convergence :
« D'une avenue centrale aboutissant au point de croisement des rues des Sablons, de Longchamp, des Belles-Feuilles et Decamps, à laquelle on a donné le nom d'Eylau, que portait jadis l’avenue Victor-Hugo ;
« Puis, à droite, de l’avenue Malakoff (autrefuis de Saint-Denis), partant de la porte de Neuilly, de l’avenue du Roi-de-Rome (Kléber) venant de la place de l'Etoile et de la première partie de l’avenue de l'Empereur (du Trocadéro) montant du quai Debilly. : .
«Et, à gauche de l'avenue Henri-Martin, d’une autre grande voie à percer quand on aura pu déplacer le cimetière de Passy, voie qui se dirigera vers le Ranelagh,et enfin de la rue de Franklin, élargie.
« Non loin de là, je fis régulariser le rond-point de l’ancienne avenue d’Eylau (Victor-Hugo), qui forme également une étoile régulière au croisement de cette avenue avec l'avenue Malakoff et l’ancienne avenue Dauphine (Bugeaud), en face de laquelle se bifurquent les rues Boissière et Copernic. »