GAVARNI, GARDE NATIONAL
Intelligent et occupé comme il l'était, Gavarni, qu n'avait pu se décider à prendre la chose au Sérieux, était fort réfractaire au service de la
Garde nationale sédentaire, garde qui ne gardai
‘pas grand’chose, belle et noble institution qui ne
semblait, au moins àcette époque, avoir été créée que pour le bonheur des bons bourgeois aimant à Jouer au soldat, fiers d’être mis en faction pour protéger l'Obélisque, et souvent heureux de quitter un instant le foyer conjugal. Institution bénie surtout des cafetiers et des restaurateurs ! Belle occasion, en effet, qu’un jour de garde, pour parfaire à l'aise une bonne petite noce, ou, pour le moins, sa partie de piquet ou de dominos ! Mais pour Gavarni, son fusil de garde national et son Sabre n'étaient pas, comme ceux de Joseph Prud'homme, le plus beau jour de sa vie, il ne demandait guère à s’en servir pour défendre nos inslilutions et au besoin pour les combattre à aussi tâchait-il souvent, sous un prétexte plus ou moins fallacieux, d'échapper à la corvée, ce qui finit, hélas! par le conduire à la maison d’avrèt de la rue de la Gare, c'est-à-dire à l'Hôtel des Haricots (1), où il laissa sur les murs des fameuses cellules 7, 8, ou 44, des traces artistiques de son passage, en compagnie de celles d'A. Dévéria, de Decamps, de Français, de Célestin Nanteuil, de Traviès, de Charlet, de Bertall, d’Yvon, etc. (2), et des poésies fantaisistes d’ALfred de Musset, de Théophile Gautier, de Frédéric Bérat, de Théodore de Banville et de tant d’autres illustres réfractaires.
Voici, à l'appui de notre dire, ce qu’il écrivait un jour, de sa nouvelle maison du Point-du- Jour, au Président du Conseil de discipline de la Garde nationale de Passy, dont il relevait :