‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 287 sur 329 · NOTICE SUR HENRI-FRANÇOIS D’AGUESSEAU · texte numérisé non relu

NOTICE SUR HENRI-FRANÇOIS D’AGUESSEAU

Si la ville de Limoges s’enorgueillit d’avoir vu naître Henri-François d’Aguesseau, le 4°* novembre 1668, le village d'Auteuil est également fier d'avoir été affectionné par ce grand magistrat, honneur du barreau français, qui, pendant plusieurs années, habita la maison ayant appartenu à Boileau, et dans laquelle mourut sa femme le 17 décembre 4733.

. Ce fut d'Auteuil que d'Aguesseau partit pour Versailles s'opposer à l’enregistrement de la bulle «Unigenitus» ; et, à cette occasion, Mme d’Agues- Seau lui adressa ces paroles, au moment de son départ : « Mon ami, allez oublier, devant le Roi,

(1) Il n'est pas contestable que c'est au quatrain qu'il faut ajouter foi. et la piété filiale ne saurait Changer la vérité et l'histoire.

Il les conserva jusqu’en 4750, remplissant en sage la charge qu'il avait acceptée en bon citoyen. Il mourut à quatre-vingt-trois ans, le 9 février 1751:

D’Aguesseau demanda a être enterré dans le cimetière d'Auteuil, où reposait le corps de sa femme, qu'il avait tant aimée.

Coulanges avait dit à l’époque de son mariage, qui eut lieu en 4694, qu’on avait vu pour la première fois « les Grâces et la Vertu s’allier ensemble ».

En 1753, leurs enfants firent mettre leurs cendres dans un monument élevé aux frais et par ordre de roi Louis XV, en face de la porte de l'Eglise (1).

En 1793, alors que tout sentiment de respect était étouffé et que le ravage et la destruction faisaient leur œuvre, la sépulture de d'Aguesseau fut violée et les cercueils de plomb ouverts,

(1) Ge monument était composé d'une pyramid à base de marbre, couronné d'un globe d'or surmonté d'une croix.

Mais les ossements furent réunis par: les soins et en présence du maire, M. Benoit, dont on ne saurait assez louer la pieuse vigilance, dans un cercueil de bois que l’on replaça sous le monument.

Le 30 frimaire an IX, le tombeau fut restauré(1) et, à cette occasion, M. Benoit prononça un discours duquel il faut retenir ce passage :

« Dans un de ces moments où d’Aguesseau

& Quand il eut le malheur de perdre sa femme, « la douleur de d’Aguesseau égala sa tendresse « pour elle. Cependant à peine eut-il essuyé ses « larmes qu'il se livra aux fonctions de sa place. « Comme on craignait que le poids des affaires, « joint à celui de l’affiction, ne l’aceablât : « Je « me dois au publie, disait-il, et il n’est pas « juste qu'il souffre dans mes malheurs domesti- « ques. »

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« méditait sur ses devoirs, on croyait l'entendre « dire à la Patrie : Je n'ai à t’offrir que ce que « m'a donnélanature,ma vie courte et passagère; « mais j'en déposerai dans ton sen tous les ins- « tants. — Reçois le serment que je fais de ne « vivre que pour toi!

« Il était digne d’avoir pour amis le sage au- «teur de l'Art poétique et l'auteur sublime « d’Athalie.

« Il n’avait point l’orgueil de protéger ces deux « hommes, l’honneur de leur siècle ; mais il ap- « prenait d'eux à honorer un jour le sien.

(1) On peut lire aux Archives de la mairie des lettres du consul Lebrun relatives à cette restauration,

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Je terminerai en citant une des quatre inscriptions latérales du tombeau de d’Aguesseau :

La nature ne fait que prêter les grands hommes à la terre ; ils s'élèvent, brillent et disparaissent; leur exemple et leurs ouvrages restent.

Henri pe Forces pe MonraGxac.

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