LE PUITS ARTÉSIEN DE PASSY
L^étranger qui passe an »qaare Lamarlioe, situé entre Tavenne Henri-Martin et Tavenae Victor- Hago, à l'extrémité de la rue Spontini, est loin de se douter qu*au milien de ce sqnare se cache trop modestement, dans une touffe de verdure de forme octogonale, le fameux puits artésien de Passy dont le forage fut décidé lors de la transformation du bois de Boulogne. Il était d'abord destiné à fournir des eaux pour Tarrosement des parties hautes de ce bois et à suppléer an service d*eau de Seine dans ((uelques arrondissements de la rive droite de Pans. Il alimenta ensuite en grande partie le lac inférieur.
Mais n'anticipons pas, et résumons les articles très documentés qu'a publiés le Magasin pitto^ resque en 4862 sur la création de ce puits, ren-
voyant au précieux recueil lui-même les lecteurs arides de plus de détails techniques (i).
L'idée de transformer le bois de Boulogne en jardin anglais conduisit à y créer des lacs et des, ruisseaux. Un ingèoienr saxon, M. Kind, déjà connu par des sondages qu'il aTsit exécutés au Creosot, promit à cette occasion de faire jaillir dans la plaine de Passj (2) une fontaine artésienne: qui donnerait à elle seule douxe fois plus d'eau que le puits de Grenelle. U offrit de faire le travail à forfait en une année, moyennant 350.000 fr., et le préfet de la Seine sic la le traité proposé
5ar n . Kind. Les travaux furent commencés à la n du mois de septembre 4855. On eut bientAt construit une espèce d'édifice en planches (voir notre dessin) qui pendant longtemps attira des milliers de visiteurs. La cheminée longue et étroite qui s'élève à côté de la grande tour eo bois, appar* tenait à la machine à vapeur de cette usine temporaire et était destinée i mouvoir les gigantesques outils de perforation. Si rien n*avait dérangé les opérations, on en fût venu à bout pendant la période que M. Kind avait fixée; mais on rencontra des obstacles imprévus.
Le 34 mars 4857, le forage était déjà parvenu à la profondeur de 5S8 mètres, l'arrivée de Teau était imminente, on pouvait prévoir qu'elle jaillirait au bout de quinze ou vingt jours, lorsque tout à coup le tube en tôle qui retenait les argiles fut écrasé à 30 mètres an-dessous du sol. U s'ensuivit un retard de près de trois ans et une augmentation du triple dans les dépenses. Tous les calculs se trouvaient bouleversés par ce sinistre. M. Kind était dorénavant hors d'état de remplir les conditions de son marché ; l'administration municipale le résilia et prit à sa charge la continuation des travaux, qui furent mis en régie. M. Kind resta, comme par le passé, charsé de la direction du sondage, mais il dut s'entendre avec la commission de surveillance, qui devenait en quelque sorte responsable de la réussite de l'opération.
Enfin, après bien des travaux, longs, pénibles et même dangereux, on arriva à une profondeur de 587 mètres et l'on trouva la nappe aquifere, qui jaillit à la surface du sol le 24 septembre 4864 à midi. U a fallu six ans d'un travail continu. Le volume d'eau quotidien atteignit, au premier coup de sonde, 45.000 mètres cubes; il s'éleva bientôt jusqu'à 25.000 et ne redescendit pas au-dessous de 47.000 tant qu'on laissa couler l'eau au niveau du sol. Il est actuellement — la force ascensionnelle ayant été réduite — d'enriron 40.000 mètres cubes par jour.
Jusqu'au jour où la nappe d'eau jaillit du. puits de Passy, le puits artésii>n de Grenelle donnait 630 mètres cubes, ce qui était son débit normal; mais vingt-quatre heures après il ne donnait plus que 560 mètres, et, après avoir diminué successivement, il tomba à 460 et même à 430 mètres.
(i) Jouve et C'*, éditeurs, rue Palatine, n* 5, à Paris (ancienne maison Fume).
(a) A cette époque, tout le joli quartier qui avoisine le puits faisait partie de ce qu'on appelait alors à juste titre fa plaine, c'est-a-dire un grand espace plat et sans constructions rapprochées.
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Construction ti élevées pour le forage du puits artésien de Passy (cOté est) [Dessin in«dlt de M. L. Hsr.)
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HISTOIRE DU J^Vl^ ABftONDISSEMBNT
coulait alors ayec la même vitesse qoe si le plan de déversement eût été élevé à 78 mètres au-dessus du niveau de la mer.
I^ tableau suivant des couches traversées donnera aux géologues de notre Société une idée exacte de la constitution du terrain de Passy.
Épaisseur
de chaque
couche