‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 177 sur 218 · ET DE PASSY · texte numérisé non relu

ET DE PASSY

C'est avec une profonde douleur que je viens dire un dernier adieu, sur celte terre, à Eugène

Manoel, le cher et vénéré Président de notre Société historique d*Auteuil et de Passy.

U y a déjà longtemps qne j'ai commencé à le connaître et à Taimer, car j*ai été pendant plasieurs années son condisciple à la pension Jauffret (collège Charlemagne), qu'il a <|uittée en 1843 pour entrer à FÉcole normale, digne début dans rUniyersité de sa carrière qui devait être si bril* Itnte.

Les orateurs qui m'ont précédé vous ont rappelé les éclatants services qu'il a rendus à l'Université de France, à la littérature, à Tart dramatique et à la poésie, qui lui doit tant d'œuvres exquises, animées du souflle patriotique, de l'affection pour les humbles, d'un ardent amour pour rhumanité et de l'esprit de famille.

Il a consacré une bonne partie de ses dernières années à notre Société historique, qu'il dirigeait avec autorité, prudence et douceur, avec un grand esprit de conciliation et un tact parlait, sachant la maintenir toujours en dehors des préoccupations politiques. C'est à lui qu'elle doit de s'être aug* mentée d'un grand nombre de membres et d'avoir largement prospéré sous sa glorieuse présidence. Nous avions tous pour lui une telle estime et une telle déférence que ses conseils étaient toujours écoutés. C'est qu ils étaient marqués au coin de la sagesse et de la modération — cette qualité des sages.

Voyant sa santé décliner, Eugène Manuel manifesta à plusieurs reprises l'intention de quitter la présidence de notre Société. Nos vives instances l'ont retenu, jusqu'à la fin de sa vie, à notre tète. Nous espérions le conserver lon^mps; la mort, qui ne compte pas avec les espoirs des hommes, vient de nous l'enlever; c'est pour nous une perte rrép arable !

Page 1