‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 7 sur 218 · SM · texte numérisé non relu

SM

IL — Histoire des quartiers de Chaillot, de la Muette

et de la Porte-Dmiphine (Anciens territoires de Chaillot et de Passy).

Pour donner quelques indications historiques sur les rues qui ont été successivement établies sur le territoire de Tancienne commune de Passy, je les classerai, autant que possible, suivant Tordre chronologique de leur ouverture, totale ou partielle. Je commencerai donc par énumérer celles qui ont été percées avant le xix^" siècle (i); elles sont marquées sur le plan dessiné en 1731 par Roussel, dont un extrait se trouve ci-contre, ou sur le plan publié en 1800 par Picquet.

RUES QUI EXISTAIENT AU XVIIb SIÈCLE

Ces anciennes voies pourraient être divisées en deux catégories, dont la première comprendrait les rues bâties avant le xix" siècle (telles que la rue de Chaillot, la rue de Passy, etc.) et la seconde les routes et chemins qui étaient dès cette époque livrés à la circulation publique, mais n'étaient bordés en 1800 que de quelques maisons isolées, et ont été peu à peu transformés en rues (par exemple la rue de la Tour, la rue de Longchamp, etc.). Toutefois, je ne considère pas, dans cet ouvrage, comme rues existant au xvnp siècle, celles qui ont remplacé d'anciens chemins plus ou moins étroits et sinueux, mais pour lesquelles le premier classement ou le premier titre établissant leur reconnaissance comme rues est postérieur à l'année 1800 ; elles seront énumérées ci-après, suivant l'ordre chronologique de leur classement et comme ne datant que du xix*» siècle.

La rue de Chaillot exislQ depuis plus de douze cents ans; elle dépend du VIII et du XVI' arrondissement; je n'ai à m'occuper ici que de la partie située sur le XVP, qui est assez courte, mais comprend Véglise Saint-Pierre de

fi] J'ai clivi»é ce travail en trois parties : i" les rues qui existaient à la fin du xviii*' siècle ; 2* celles qui ont Hé ouvertes pendant la première raoilié du xix* siècle ; 3* cellofs qui ont été ouvertes de 1850 A 1901.

3o HISTOIBE DU XVl'' AMRONDISSEMENT

Chaillot (\), mentionnée, comme il a été rappelé ci-dessus, dans une bulle pontificale de Tan 1097.

L'église actuelle a été rebâtie d*abord vers la fin du xvn« siècle, puis en 1740 ; elle se compose d'une nef terminée par un chœur, avec bas-côtés, mais sans transept; la façade de l'édifice, sur la rue de Chaillot, n'olTre de remar quable que sa vieille tour, d'ailleurs peu élevée. La grosse cloche, posée en 1777 dans le clocher, eut pour parrain et marraine Louis XVI et Marie -Antoinette ; elle fut nommée Louise-Antoinette et fut bénie par le futur cardinal Dominique de La Rochefoucauld, alors archevêque de Rouen. Une nouvelle reconstruction de l'édifice eut lieu en 1785 et 1786.

Sous la Révolution, l'église de Saint-Pierre de Chaillot, conservée d'abord comme paroisse (2), en vertu de la loi du 4 avril 1791, fut fermée en 1793, mise en vente, adjugée le 24 août 1796. Rendue au culte le 29 avril 1803, elle devint alors troisième succursale de la paroisse de la Madeleine. Le curé racheta l'immeuble et le légua par testament à une dame, qui le vendit, à la date du 24 septembre 1821, à la Ville de Paris, moyennant la somme principale de 38.000 francs et une rente perpétuelle sur l'État de 530 francs au nom et au profit de la fabrique de l'église de Chaillot, pour l'acquittement de divers services dont l'édifice se trouvait grevé.

L'église suffisait à l'ancien village de Chaillot, mais elle n'était pas appropriée aux besoins d'un vaste et riche quartier de Paris. Reconnaissant cette insuffisance, l'administration municipale, sous le second empire, avait réservé, sur l'emplacement des anciens réservoirs de la pompe à feu de Chaillot, avec façade sur l'avenue d'Iéna,un terrain de 5.040 mètres carrés, où l'on aurait pu ériger une construction devant remplacer Téglise actuelle. La réalisation de ce projet fut ajournée, parce qu'on prétendit que cet emplacement, actuellement occupé par la place des États-Unis, était trop éloigné du centre de la paroisse. Les événements de 1870-1871 firent abandonner ce projet. On s'occupa ensuite de projeter une nouvelle église sur un terrain voisin de celui où on a construit le musée Galliéra; mais les négociations entamées pour l'acquisition du terrain nécessaire ne purent aboutir. 11 fallut donc se borner à améliorer sur place l'église de Saint-Pierre de Chaillot, dont la cure avait, dès 1866, pris rang de première classe. L'hôtel de M. de Tubiny, contigu à l'église, fut acheté ; sur son emplacement, on établit le presbytère, et M. l'architecte Paul Marbeau érigea une chapelle qui est dédiée à Notre-Dame des Victoires et qui communique avec l'église. Les extensions et améliorations exécutées dans ces dernières années à Saint Pierre de Chaillot ont donné des résultats très satisfaisants.

La rue de Chaillot (3) avait conservé dans toute son étendue, jusque vers 1865, son ancienne physionomie de grande rue d'un village formant faubourg de Paris; elle avait alors une longueur de près de 900 mètres, entre les Champs- Elysées et la rue de la Croix-Boissière ; mais, par suite des nombreux percements (avenue et place d'Iéna, rue Pierre Charron, etc.) exécutés dans ce

(i) La supcrflc-ie sous-miiiéc nu-dcssous de la chapelle annexe de Saint-Pierre de Chaillot isisc avenue Marceau- est de i^o niMrcs carrés. La dislance du sol au ciel de la carrière est de 12 m. 5»; la hauteur de la galerie d'exploitation est de 5 mètres. La consolidation a été opérée par colonnes do béton, piliers niaf;onnés et remblais bourrés.

i'i) Voir aux annexes (p. 33V l'arlide intitulé : «« Une émeute A Saint-Pierre-dc-(^ihailIol ».

(3; On trouvait, en 1849, à la rue de Chaillot des institutions :Bous({uetau n» i5 et Bigot ou n» ai) dont les élèves suivaient les cours du lycée Bonaparte.

KLE DE CHAILLOT 3[

quartier, conformément aux décrets rendus sous le second empire, elle a perdu 300 mètres de longueur et beaucoup d'aucteimes maisons ont été reconstruites (I).

La moindre largeur de la rue de Ctiaillot, qui avait été fixée à 1 1 mètres

e M. tlmlle Polin.)

par l'ortloniiaDce royale du 11 décembre ISi,';, a été portée à ii mètres par les décrets du (î mars lH"iH et du 'i juin IHHt.

]l existait en 18f>7, à la jonction de la rue Morny {actuellement rue Pierre Charron) et de la rue de Cliaillot, un espace triangulaire qui n'était pas assez

{ 1 , Vuir Annft l'hi'ftoii'c ilii i|uiirlitïr il'Autouil k'** inilii-iitiontt Juniiérs sur Siiin(e-P<-rinc, qui se trouvait aulrcfoiR rue de Cliailtot, jtrba de l'ciiiiil.'icoNient .icluellciucnt occupi^ pnr l'avenue Marceau, et qui, |>ar suite du percciuonl de celte avenue, a élé Iran^réréc A Auteuil.

vaste pour qu'on pût y élever des constructions ; en i868, il a été converti en un plateau planté, moyennant une dépense de 5. (KM) francs.

Vers la fin du xviii'' siècle, il y avait rue de Chaillot un certain nombre de ces immeubles galants qu'on a appelés petites maisons (i).

Barras, ancien membre du Directoire, eut, sous la Restauration, son hôtel au n** 76 ancien de la rue de Chaillot et y mourut en 1829.

Les renseignements sur l'ancienne rue des Batailles se trouvent aux alinéas concernant l'avenue d'Iéna.

La rue de Passy est aussi ancienne que ce centre de population et en a toujours été la voie principale. Elle se terminait autrefois par une grille, à la hauteur de son intersection avec la rue de la Pompe ; elle portait le nom de Grande-Rue ou de « rue qui conduit au bois de Boulogne ». Elle prit, en 1793, la dénomination de « rue Marat » ; mais peu de temps après, le nom de Grande- Rue lui fut restitué. Elle ne pouvait pas le conserver après l'annexion, parce que la dénomination de Grande-Rue s'appliquait à la rue la plus importante de la plupart des communes annexées ; l'arrêté préfectoral du 26 février 1867 lui a donné son nom actuel de rue de Passy.

Cette rue est très commerçante ; sa largeur minima à été fixée k 10 mètres par l'ordonnance royale du 22 décembre 1838, et cette môme ordonnance l'a classée comme route départementale n'*2 de Paris à Saint-Gloud (2). Elle était, avec les rues de l'Annonciation, Bois-le-Vent et Raynouard, la seule rue de Passy qui fût pavée il y a un siècle. Le pavage en pierre de la rue de Passy a été converti en pavage en bois entre le boulevard Delessert et la rue Jean-Bologne, de juillet à octobre 1897, entre les rues Jean-Bologne et de la Pompe, de juillet à septembre 1898. Les becs à incandescence y ont été installés en avril 190C).

Vimpasse des Carrières, dont la moindre largeur n'est que de 2 mètres, est fort ancienne ; elle a son entrée sur la rue de Passy, entre les n°* 24 et 26. Jusqu'à Tannée 1816, le numérotage des maisons de Passy commençait à la première maison de droite, en venant de Paris, et se continuait sans interruption, 1, 2, 3, 4, etc. ; arrivé à la dernière maison de droite, on continuait le numérotage en revenant sur ses pas,* par le côté gauche. Ce ne fut qu'en 1806 à Paris et en 1816 à Passy qu'on commença à appliquer le système de numérotage actuellement en vigueur : numéros impairs ù gauche et numéros pairs à droite. En indiquant, d'après les intéressantes communications faites par M. Léopold Mar à la Société historique d'Auteuil et de Passy, les demeures historiques (3) du XVI« arrondissement, je donne autant que possible les numéros actuels des maisons.

Au n" 58 de la rue de Passy, on remarque une porte d'entrée, cintrée à deux battants, avec applique et heurtoir de l'époque de Louis XV; Tornementation (lu haut est en fer forgé, encadré de petites boiseries sculptées.

En entrant dans la cour du n° 84, on voit la grande façade Louis XV de l'ancien cabinet de physique du roi.

(i) V. le volume de M. GaPton Capon, pp. 119 h 194. La grande rue de Passy et la rue Raynouard eurent aussi quelques petites maisons (pp. r.»'), ss.).— Paris, Darapon, éd., icpi.

(2) En i85i, la commune de Passy a contribué aux dépenses de reclitication de celle roule départementale pour loo.oaj francs, doul (jo.ckjo j)ro\enant de souscriplions de particuliers et le surplus d'inq>ositions extraordinaires.

(3) Je n'ai cru devoir mentionner ici (juc les maisons ayant été habitées par des pcr- 8onnag'»s actuellement décédé

es.

RUE rit: i>AHSY 33

Oa peut citer comme maisoas historiiiues de la rue de Passy : le n° 7, que le général Moreau habita en I7!t7et 1798 ; le a- li, occupée partir de 1861 par l'écrivaio socialiste Proudhon, qui y mourut eu lHG."i (il avait été élu représentant du peuple ea lKi8) ; l'ancieu ii" 38, habité sous Louis XVI par Mme de Genlis (1), gouvernante des eafants du duc d'Orléans (Philippe-Égalité); le n' 55, où le compositeur Oossé,dit (iossec, ancien directeur de l'Opéra, membre

'3tuatU'3tJ> 'v'avwU.W.

de l'Institut, mort en I8àit, à l'âge de quatre-vingf -quinze ans, a passé les six ou sept dernières années de sa vie ; la maison n" ii;î, qu'a habitée, pendant les sept dernières années de sa vie, le célèbre chansonnier (instave Nadaud \i),

{x\ Voir aux annexes (p. 288) la bitigra|ihie ilc Mme <k Genlis, i>;ic M. rCilmoml W.ihl.

(2) Voir la conférence de M. Léo (.larclie snrCuslave Nailiiml. tH»- '-i? " '^^'t ''" '"' ^"' iunie du Bulletin; voir ^galcincnl aux annexes [|i. Vifi I" woonnii-iil el Icciivre Je rUaflau*'-

mort le 28 avril 1893. Mme Maria Favart occupait un pavillon rue de Passy, n<>^ 76-78, en 1881, époque à laquelle elle donna sa démission de sociétaire de la Comédie-Française. Au n* 80 se trouve l'hôtel qui a été habité jusqu'en 1787 par la présidente de Bandeville (1) ; il a été occupé, sous le règne de Louis- Philippe, par le chimiste Orfila, qui a lutté contre Raspail dans le procès de Mme Lafarge. Le compositeur Piccinni habita et mourut dans une maison de la rue de Passy; Jenny Vertpré (Mme Garmouche), actrice du Gymnasse, habita vers 1850 la maison n"" 84, à l'angle de la rue de la Pompe, où était installé, au x\m* siècle, le cabinet de physique du château de la Muette ; Louis XV y venait pour assister (2) aux expériences de Tabbé Nollet. Le cabinet de physique du roi fut réuni, en 1790, à l'Observatoire de Paris.

Sur le côté pair de la rue de Passy, on voyait autrefois deux grands hôtels qui ont disparu. L'emplacement compris entre l'angle de la rue Gavarni et le n** 18 était occupé par l'hôtel de la Folie, où résidait, vers 1761, Mlle de Romans (3), maîtresse de Louis XV ; cet hôtel, dont le prince Paul Demidoff était propriétaire vers 1868-1869, a été habité par Arsène Houssaye et par Jules Janin ; il a été démoli en 1890. A la hauteur du n^* 70 se trouvait l'hôtel de l'amiral d'Estaing, guillotiné en 1794 ; il a été démoli pour le percement de la rue Guichard, vers 1854; quelques détails seront donnés à ce sujet dans l'historique du quartier de Passy qui a été construit, sous le second empire, sur l'emplacement de l'ancien parc Guichard.

Un« école communale de garçons et de filles et une école maternelle sont établies au n° 29 de la rue de Passy ; c'est M. François Delessert qui a donné à la commune l'immeuble dans lequel ces écoles sont établies; cette donation a été acceptée par délibération du conseil municipal du 10 octobre 1849. Cette école a 303 élèves.

La rue de Passy est comprise, comme beaucoup d'autres rues du XVI* arrondissement, dans la zone des anciennes carrières calcaires (4), dont plusieurs sont encore utilisées aujourd'hui comme caves.

La place de Passy, qui a 30 mètres sur 34 et où se croisent actuellement les rues de Passy, de l'Annonciation, Bois-le-Vent, Duban et Vital, ne date que de 1836. Antérieurement, il n'existait en cet endroit qu'un passage faisant communiquer la Grande-Rue (rue de Passy) avec la rue de l'Église (rue de J'Annonciation). La maison située à l'angle de la place et de la rue de Passy, et qui pendant longtemps a servi de mairie (rue de Passy, 67), était alors presque isolée, ayant devant elle (5) un horizon de feuillage et de verdure; cette maison eut pour hôtes J.-Jacques Rousseau et plus récemment Quillet, l'auteur des Chroniques de Passy.

(i) Voir aux annexes (p. 334) l'article de M. Léopold Mar sur l'hôtel de la Présidente de Bandeville.

{'2) Voir aux annexes (p. 335) l'article de M. Léopold Mar sur le cabinet de physique du Roi et une lettre écrite au sujet de ce cabinet en 1784.

(3) Voir aux annexes (p. 338) l'article de M. Léopold Mar sur l'hôtel de la Folie. Ce nom provenait du lieu dit « La Folie », situé vers l'emplacement des rues Gavarni et Claude-Chahu.

(4) La partie sous-minée de la rue de Passy a été consolidée par le service de l'inspection générale des carrières, sur une longueur de 45 mètres, entre l'oHgine et la maison no 6, de 38 mètres sous la place de Passy, et de 67 mètres entre les n»* 3i et 68.

(5) Quand la mairie fut transférée avenue Henri-Martin, cette maison fut exhaussée et entièrement remaniée par M. Robert, son propriétaire. Voir la note de M. A. Dauvergiief p. 258 du 1II<) volume du Bulletin.

PLACE DE PASSV 35

Par délibération du 21 décembre 1834, le conseil municipal de Passy, considérant que le local loué par la Mairie était insuffisant et qu*il y avait lieu d*acquérir une maison commune (1), autorisa l'acquisition à M. et à Mme Créciat de leur propriété, grande rue de Passy> 67, pour y installer la mairie, avec toutes ses dépendances, et y créer une place publique.

M. et Mme Créciat se mirent d'accord avec le maire de Passy pour fixer à 55.000 francs le prix d'achat des terrains (bâtiments et jardins), qui ont servi à établir la mairie et la place, mais sous la condition que la mutation de propriété serait faite à très bref délai. Comme ils ne voulaient pas attendre, pour le paiement, l'accomplissement des formalités permettant à la commune de faire face à la dépense, M. Possoz, maire de Passy, leur versa de ses deniers 40.000 francs ; M. Anceaume, adjoint, et M. Coade, conseiller municipal, payèrent également de leurs deniers, mais sous la garantie personnelle de M. Possoz, le surplus, soit 15.000 francs, le 1" mars 1835. En vertu d'une ordonnance royale du 25 du môme mois, l'acquisition faite par M. Possoz et consorts fut réalisée, les 4 et 10 mai suivants, au nom de la commune de Passy, par contrat notarié. Les frais d'actes d'acquisition se sont élevés à 3.852 francs, et les frais d'appropriation de l'immeuble à 8.197 francs ; la dépense totale a été couverte de la manière suivante :

Part à la charge de la commune de Passy cl acquittée par cette commune

au moyen d'une contribution extraordinaire 20.000 (r.

Subvention accordée par l'administration du département de la Seine

sur les fonds d'octroi de banlieue 20.000 »

Produit de la revente à M. Morison d'une partie de Timmeuble 15.000 »

Souscription de divers particuliers, notamment : 2.500 fr. fournis par la famille Delessert, 2.000 Ir. par M. Possoz, 1.000 fr. par M. Fulchiron, 100 fr. chacun par M. le comte Portails, M. le comte de Las Cases et M. Guichardde Mareil, etc , 12.049 »

Total 67.049 fr.

L'examen du registre des délibérations municipales montre que le projet de pavage et de cailloutage de la nouvelle place publique a été approuvé le 8 août 1835, que les fonds nécessaires pour l'installation des services de mairie ont été votés le 8 novembre de la môme année et que la mairie a été installée le !•' janvier 1836.

La nouvelle place ayant 34 mètres de largeur, prit d'abord le nom de « place d'Armes », et ensuite celui de « place de la Mairie », parce qu'elle bordait un des côtés de la mairie de Passy. En 1848, on l'appela « place Béranger », en souvenir du long séjour que l'illustre chansonnier avait fait à Passy ; mais peu de temps après, on lui rendit le nom de « place de la Mairie », qu'elle ne pouvait pas conserver quand il fut décidé que la mairie du XVP arrondissement serait établie à l'avenue Henri-Martin. Sa dénomination actuelle lui a été donnée par l'arrêté préfectoral du 26 février 1867.

La maison n^ 2 de la place de Passy, où se trouve actuellement une suceur* sale du Crédit lyonnais, formait, en 1827, le café-restaurant du Midi, avec

(i) La mairie de Passy avait été installée jusqu'alors dans des locaux loués par la commune, rue Franklin, n° 3 ; cette maison appartenait au maire et ancien notaire, M. Auge de Fleury.

jardins et bosquets; le premier étage de cette maison était occupé, dos 1863, par le cercle de Passy, qui n'existe plus depuis longtemps.

Le 8 août 1826, le conseil municipal de Passy accepta la proposition du sieur Bénit, demeurant rue de TÉglise (Annonciation), n"" 15, consistant à établir un marché sur un terrain dont il était propriétaire, rue Neuve-de-l'Église (Jean-Bologne). Un marché forain se tint ensuite périodiquement sur la place de Passy. Le premier acte concernant le marché couvert actuel consiste en une délibération municipale du 5 juillet 1853, demandant rétablissement d'un marché devant contenir 133 places et être établi auprès de la place de la Mairie. Les travaux de première construction du marché de Passy, qui appartient à la ville et est régi par elle, furent achevés le 25 novembre 1855 ; mais ce marché fut ouvert dès le 4 avril 1854. En vue de l'agrandir, la commune de Passy acheta à Mme Delahoussaye, le 10 août 1857, un terrain en partie couvert de bAtiments, pour 36.057 francs, y compris 4.657 francs de frais. Malgré cette extension, le marché était encore encaissé par des propriétés privées et avait besoin d'être aéré. En 1873, époque à laquelle les travaux de la nouvelle mairie de l'avenue Henri-Martin étaient poussés avec activité, il fut décidé que les terrains sur lesquels s'élevaient les constructions affectées aux divers services municipaux de l'arrondissement seraient aliénés, mais sous la réserve que l'emplacement occupé par la justice de paix et par le bureau de bienfaisance ne serait pas compris dans cette aliénation, et qu'il serait utilisé, pour agrandir encore le marché; il a ainsi obtenu une façade sur la petite place qui le sépare de la rue Bois-le- Vent.

La rue Beethoven se nommait autrefois rue de la Montagne, nom parfaitement justifié par son excessive déclivité. Elle avait son origine à la route de Versailles (quai de Passy), dans le voisinage de la Seine et auprès de la barrière des Bonshommes, qui était une des entrées de Paris; cette entrée s'est appelée aussi barrière de la Conférence (1), puis barrière de Passy. Après avoir formé un coude très prononcé et longé le mur de clôture de l'ancien couvent des Bonshommes, la rue de la Montagne aboutissait au carrefour de Passy où convergent les rues Raynouard, de Passy, de la Tour, Vineuse, Franklin et deux voies modernes (boulevard Delessert et rue Alboni). Ce carrefour s'est appelé autrefois la Croix Vineuse et le carrefour de la Montagne ; il constituait l'entrée de Passy et on y voyait avant la Révolution la potence seigneuriale. Quillet dit, dans ses Chroniques de Passy, qu'il y avait un second pilori, placé au bas de la rue de la Montagne, à l'encoignure du quai.

La rue Beethoven a lait partie de la route départementale n** % de Paris à Saint Cloud; elle n'avait que trois ou quatre maisons au milieu duxviii" siècle et elle ne forme plus aujourd'hui qu'une impasse, aboutissant d'un côté à la route de Versailles (quai Debilly et quai de Passy), et de l'autre à des escaliers, parce qu'une section, comprenant tous les numéros pairs du n**12 au n<* 26, a été supprimée pour l'alignement du boulevard Delessert, dont l'exécution a permis de faire communiquer la rue de Passy avec le centre de Paris par des pentes admissibles. La partie la plus élevée de la rue Beethoven a été démolie en 1893, pour la construction du large escalier constituant la rue Alboni.

La raffinerie de sucre de MM. Delessert avait une entrée au n^ 2 de la rue

(i) La barrière de Passy iHait un reculemenl de la barrière de la ('onfércnce, située précédemment auprès de la pompe à feu de Cbaillot.

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