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QUAI DEBILLY

a lâO mètres de longueur et est supportée par doux fermes en arcs équilibrés ; sa largeur est de 8 mètres. Les frais de construction se sont élevés à 280.000 francs. La Ville de Paris a obtenu de l'Exposition la cession de cette passerelle, qu'elle se propose de conserver pour l'affecter au service du public.

La moindre largeur du quai Debilly a été fixée à 17"*,70par une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII (signée Lucien Bonaparte) et à 27 mètres par une ordonnance royale du 27 septembre 1826. C'est au quai Debilly, près de la pompe à feu de Chaillot, que l'Américain Robert Fulton avait amarré le bateau à vapeur qu'il avait inventé. Le Moniteur du 20 thermidor an XI (14 août 1803) en donne la description suivante :

<« (Vest un bateau d'une apparence bizarre, puisqu'il est armé de deux grandes roues posées sur un essieu, comme pour un chariot, et que, derrière ces roues, est une espèce de grand poêle, avec un tuyau que Ton dit être une petite pompe à feu destinée à mouvoir les roues, armées de volants ou rames plates, et le bateau. »

Fulton fit avec succès, le 9 août 1803, des expériences de vitesse, sur la Seine, entre la pompe à feu de Chaillot et la barrière des Bonshommes. Le recueil polytechnique des Ponls et Chaussées (page 32 du VI'* cahier de l'an XI) rend compte de ces essais dans les termes suivants : « Aidé seulement de trois personnes, Fulton mit en mouvement son bateau et deux

autres attachés derrière En remontant le long du quai, sa vitesse contre

le courant de la Seine nous parut égale à celle d'un piéton pressé, c'est-à-dire de 2.400 toises par heure ; en descendant, elle fut bien plus considérable. Il monta et descendit quatre fois, depuis les Bonshommes jusque vers la pompe de Chaillot. Il manœuvra à droite et à gauche avec facilité. L'un des batelets vint prendre au quai plusieurs savants et commissaires de l'Institut, parmi lesquels les citoyens Bossut, Carnot, Volney, Prony, etc. Sans doute ils feront un rapport qui donnera à cette découverte tout l'éclat qu'elle mérite. »

Il est bien regrettable qu'on n'ait donné en France, à cette époque, aucune suite à ces expériences. Fulton retourna aux États-Unis et y transporta la nouvelle industrie des bateaux à vapeur qu'il venait d'expérimenter à Chaillot (1).

On peut voir, dans le jardin d'un hôtel du quai Debilly, près de la Manutention, un cèdre; c'est tout ce qui reste d'une propriété qui était connue sous le nom de maison du cèdre; elle a été occupée par Mme de Pom padour, lors de la construction de l'École militaire, puis quelques années plus tard par Sophie Arnould (1740-1802), cantatrice de l'Opéra, célèbre par son esprit frondeur et libertin. Le pavillon de cette propriété, qui était la retraite favorite de Sophie Arnould, au temps des fêtes galantes du xvni* siècle, a été démoli en 18()5, par suite des travaux exécutés pour lepercemeïit des avenues de l'Aima et du Trocadéro. Sophie Arnould eut du comte de Lauraguais trois enfants, dont l'un, Dioville comte de Brancas, colonel du il* régiment de cuirassiers, fut tué au combat de l'île de Lobau. Ayant quitté le théâtre en 1778, elle se retira à Clichy, puis à Luzarches (2), où elle

(i) Les premiers cssaÎR de fonctionnement d'un bateau à vapeur, avec roues à aubes avaient été faits, à la fin du xviii' siècle, par le man{uis Claude de JoufTroy dAbbans. (2) Voir aux annexes (p. 871) l'article de M. Chande))oiB sur Sopbie Arnould.

liovirit sijsjH^rte comme ayant été autrefois Taroîe d*aristocrates. Des agents du comité révolutionnaire étant venus faire une visite domiciliaire dans sa mode.Hte demeure : <' Mes amis, leur dit-elle, j'ai toujours été une citoyenne très active et je connais par cœur les droits de Thomme. » En continuant leurs perquisitions, ils s'arrêtèrent devant un buste du compositeur Gluck: « (l'est Marat, le père du peuple », leur déclara Sophie, et ils furent très satisfaits de ces réponses. Dans ses dernières années, elle obtint de François de NeiifcliAteau un logement à l'hùtel d'Angiviller, près du Louvre. Comme le curé de Saint-Cierrnain l'Auxerrois lui promettait le pardon: « Je suis comme Madeleine, dit-elle, beaucoup de péchés me seront remis, parce que j'ai beaiK^oup aimé. »

(icorges (ladoudal a habité le n"" 10 ancien du quai Debilly, de la fin (le 1H()3 an commencement de février 180i, à l'époque où il cherchait à renverser le gouvernement consulaire ; il y reçut le général Moreau et y cacha le comte Armand de Polignac ; le général Pichegru, qui conspirait contn"! Honaparte avec (ieorges (ladoudal, resta avec lui dans cette maison (lu tl on "IW janvier an "i ou .*{ février I8()i.

La nie (iaston-de-Sainl-i^aul est une voie privée, qui va du quai Debilly à Tavenne du TnxNMléro ; elle doit son nom au propriétaire qui Ta fait ouvrir.

La Manutention (subsistances militaires), comprise entre le quai Debilly, la rue do la Manutention, l'avenue du Trocadéro et la rue (jaston-<le-Saint- PauL (MTupe une partie de TemplacMMuent de l'ancienne manufacture royale de tapis de la Savonnerie. (Vest en \H'M) qu'on a construit la première partie des bâtiments (le la Manutention ; le mari^chal Maison, alors ministre de la (iuerre, venait souvent visiter les travaux : cet établissement était alors organisé de manière à ()ro(lnire iiO.lMM) quintaux de farine par an et à contenir les approvisionnements né(*essaires pour nourrir W).()00 hommes pendant trois mois. D'autres bjUiments ont été construits en 1840(1).

Le r/mï/ */(• Z^iss// est planté d'arbres, comme le quai Debilly. L'ordonnam*e royale du :\ juillet \H\1 en a lixé la moindre largeur à 20 mètres. Par dtMibération du 10 août iSii, le conseil municipal de Passy a accordé une subvention de :n.(M)o francs aux travaux d'amélioration de ce quai.

L'abbé Le Uagois, dont le nom est lié ù l'histoire des eaux minérales de Passy, a habité de 1717 î\ 1730 une maison correspondant probablement au W :\t du (|uai tie Passy ; il fui le confesseur de Mme de Maintenon et le précepteur du duc du Maine ; il découvrit dans son jardin deux nouvelles souives ferrugineuses, on I7l*>.

(Vesl sur le (|uai de Passy, au bas de la rue Beethoven, que se trouvait la harrifW «/c /Nrwsj; ipnvédomment des Houshomnies\et c^està cette barrière (i) que HaïUy, maiiv de Paris, et Lafayelto, commandant de la milice parisienne, vinrent ivoevoir. le 17 juillet t7S',>, Louis XVI venant de Versailles. ( .elle barrièiv a êlé démolie en ISt»7.

La ruelle Saint Pol, ou du Kief-Saint PoL ï>eniit son nom sous la Révolution, quanti on supprima toutes les appellations qui rappelaient la féoda-

\ Non- l.uiulo t!o M. lo « oinin.uut.uU 1>uIv,m^. intiUilô : * Incendie de la Manutention m;hJ,niv «ht «jxjai »lo I^Hh. îvV^ . p ùi à ;-» a»i U* xoïuiii^ «lu BaUeiim.

^ \,v.r .uu ,uuiovo- I» :^i larUoli* *Jo M. l.^N^iH^ia M^nr, intitulé : • No* Anciennes

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