‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 26 sur 128 · PARC GUICHARD · texte numérisé non relu

PARC GUICHARD

SOUS le nom de cité Dupont, avec une largeur de 4 mètres, par M. Dupont, propriétaire des terrains.

La rue Marteau, qui est voisine de la villa Dupont et aboutit également à la rue Pergolèse, a été ouverte, en 1854, par M. Dupont, sur des terrains ayant appartenu à M. Marbeau, trésorier général honoraire des Invalides et père du fondateur des crèches.

La villa du Redan, qui débouche sur Tavenue Malakofl, près des fortifications, est une voie privée, de G^j^lO de largeur, fondée en 185i par M. Cessard, propriétaire des terrains, qui, à l'occasion du mariage de l'impératrice, lui donna le nom de « villa Eugénie ». L'arrêté préfectoral du l*""^ février 1877 lui a donné sa dénomination actuelle, en raison du voisinage du redan de la porte Maillot.

L.e boulevard Emile- Augier ^oM^on nom îixi membre de l'Académie française (18^1889), auteur de tant de pièces de théâtre qui ont eu le plus grand succès. Comme il était très modeste, il disait : « Je suis né en 18^0 et, depuis, il ne m'est rien arrivé. » La partie de ce boulevard qui se trouve auprès du château de la Muette a été exécutée en 1854 et est restée fort longtemps à l'état d'amorce, n*ayant que 25() mètres de longueur. L'achèvement de ce boulevard a coïncidé avec celui de la ligne de chemin de fer qu'il suit parallèlement. On avait d'ailleurs réuni, en 1890, au boulevard Emile-Augier, le « boulevard Flandrin prolongé », qui formait impasse sur une longueur de 50 mètres, à partir de l'avenue Henri-Martin, à gauche du chemin de fer. Ces deux tronçons ont été réunis grâce aux travaux (1) exécutés de décembre 1898 à juillet 190(); maintenant, le boulevard Émile-Augier constitue une voie continue, longeant le chemin de fer d'Auleuil depuis la chaussée de la Muette jusqu'à l'avenue Henri-Martin.

La rue Rude a été ouverte en 1854, lors du percement de l'avenue du Boisde- Boulogne, sur des terrains appartenant à la Ville et provenant de l'ancien promenoir ou pelouse de l'Étoile. On l'a d'abord appelée « rue Neuve ». Le décret du 2 mars 18G7 lui a donné sa dénomination actuelle en l'honneur du sculpteur François Rude (1784-1855), grand prix de Rome en 1808. 11 avait commencé par être poôlier-fumiste ; on lui doit le Jeune Pêcheur napolitain, la statue en bronze de Godefroi Cavaignac au cimetière Montmartre et le fameux bas-relief de l'arc de l'Étoile, intitulé le Dépari, ou la Marseillaise conduisant les soldats français au comhal. Un autographe de Rude porte : « Je crois celte fois avoir réussi, car il y a là dedans quelque chose qui me fait passer à moi-même chaud et froid dans l'âme : nos guerriers courent à la défense de la patrie et non à la gloire. »

Le vice-amiral comte d'Estaing (i), né en 17^9, avait rue de Passy un hôtel, qui était surtout remarquable par l'étendue et la beauté de son parc. 11 s*illustra par ses campagnes de 1778 et 1780, battit la flotte anglaise près Sainte- Lucie et prit la Grenade; il fut exécuté sous la Terreur, le 28 avril 1794.

Le parc de Thôtel d'Estaing (3), qui a été nommé ensuite parc Guichard,

[ij Ces travaux de voirie ont été dirigeas par M. l'inspocleur géïK^raï Boreux et par MM. les ingénieurs Babinet et Bret.

(2) Voir aux annexes (p. 42o)rarliclo de M. Antoine Gutilois, intitulé: « I/Ainiral d'Est^iing à Passy et à Sainte-Pélagie ».

;3; M. de Riancey a occupé le (ireniier étage de l'hùle! d EsUûng, depuis i848 jusqu'à i^a démolition.

PLACE POSSOZ 125

^U date du 5 décembre 1858. Il résulte de cette délibération, pour laquelle ^* Guibert s'était abstenu de voter, que les rues du parc Ciuichard avaient ^lé dès 1854 assainies par des égouts, qu*elles étaient nivelées avec les rues adjacentes, garnies de caniveaux pavés, trottoirs et a[>pareils d'éclairage. En conséquence, ces rues, établies par la Société civile formée entre MM. (iuichard, Guibert et Lesar, ont été remises à la commune de Passy, pour être entretenues par elle, et classées comme voies publi(|ues.

La « rue Sainte-Claire » avait été ainsi nommée parce que Mme Ohnet,

dont le mari était Tarchitecte de la compagnie du parc Guichard, portait le

prëaom de Claire. Le décret du 3 décembre 1885 a donné à cette rue le nom

du jurisconsulte Faustin Ilélie (1799-1881), qui a habité la rue Singer de 1859

à 1H71), et ensuite Thôtel n" 18 de la rue Desbordes-Valmore jus(|u'à sa mort,

survenue en 1884. Faustin Hélie a été président de la Cour de cassation; sa

théorie du Code pénal et son traité d'Instruction criminelle font autorité.

La rue Delaroche (nommée précédemment « rue Saint-Georges », en raison du prénom d'un des cointéressés de M. (luiberl) a reçu son nom, le "-li août iHCl-, en rhonneur du peintre llippolyte, dit Paul Delaroche (1797-1856), merubre de Tlnstitut, qui a décoré l'hémicycle du palais des Beaux Arts.

Lai rue Desbordes-Valmore ({), nommée précédemment rue Notre Dame,

paroe que Téglise de Passya été consacrée sous le vocable de Notre-Dame-de-

GrAoe, a été ouverte, comme les rues précédentes, en 1851, sur les terrains de

Tanoien parc Guichard. Klle a reçu son nom acluet par décret du :21 août 1864,

ea l^tionneur de Marceline Desbordes, dame Valmore (1786-1859j, qui a publié

des r'omances, contes en vers, élégies et autres poésies, .1 celles qui pleurent, la

^^iiiée^ etc. — Il résulte de conventions acceptées par les propriétaires

qu'iji ne servitude /ïon a///as /o//em// limite, sauf pour les maisons d'angle, la

haut^eurdes constructions sur le côté droit de la rue Desbordes-Valmore,

eiitr^î les rues de la Tour et Nicolo, ce qui conservera aux numén)s pairs de

celte section leur caractère d'élégants petits hôtels.

La p/ace f*o«soz, qui a 45 mètres sur 35, doit son nom à Jean-Frédéric

Possoz (1797-1875), qui a été maire de Passy sous la monarchie de Juillet (^),

aiixsi que pendant les premières années de l'empire jusqu'à l'annexion. Il

résulte d*une lettre de M. Guibert, administrateur de la Société des terrains

d© l'ancien parc Guichard, que cette Société avait résolu de donner à cette

ç\ace le nom du maire Possoz, sans l'en prévenir. M. Possoz, dernier maire

d« Passy, s'y était fixé en 18:27; il fut maire de I8;u à 1818 et membre du

conseil général de la Seine pendant le même temps; réintégré comme

conseiller général en 1810 et comme maire de Passy en 185:2, il fut, jusqu^en

1870, le doyen du conseil général de la Seine.

On voit, sur deux eûtes de la place Possoz (d'une part, entre les rues Cor-

tambert et Delaroche; d'autre part, entre les rues Faustin Ilélie et (luichard),

des parties non bâties qui constituent des amorces de la voie projetée pour

relier directement la place du Trocadéro à la rue Mozart et à la chaussée de

la Muette ; cette voie, projetée dès le second Km pire, n'a pas été exécutée.

W) La voie Bous-minéo .i élt^ roiisolidiV imi iST/», sur .V» iiiMros do loiii^iHMir; devant l<» n« 6, la distance du 8ol au ciel do la trarrièro est do >^'°^^V^ ot la hauteur do la galerie fl'exploitation est de 3">,n().

\rx) Voir aux annexes (pp. \'i\ et \\\^ ) les hio^rraphios de MM. l*osso/. et Dauvergne. uiairefi de Passy.

120 IIISTOIHE DU wr ARRONDISSEMENT

Le boulevard Fiandrin, dans l*axe duquel passe le chemin de fer, s'est d'abord nommé « boulevard latéral au chemin de fer dWuleuil n;il» compose, en effet, depuis la station de Tavenue Henri-Martin jusqu'à lame Dufrénoy, de deux voies séparées Tune de l'autre par la voie ferrée ; la largeur entre les constructions et la clôture du chemin de fer est de ii mètres.La partie comprise entre la rue de la Tour et la rue du Puits-Ârtésien (rue Dufrénoy] a été ouverte par la Ville de Paris, en 1856, sur des terrains désaffectés du bois de Boulogne. Le cùté pair a été ensuite continué depuis la rue da Puits-Artésien ius(|u'à la rue de Longchamp prolongée, sur un terrain appartenant à M. Théry, au moyen d'un échange fait entre ce propriétaire cl la Ville, eu IHiw. Le prolongement entre la rue de Longchamp et la rue do (iénéral Appert (1) a été exécuté, par les propriétaires riverains, comme voie privée. Du cùté de la porte Dauphine, le boulevard Fiandrin avait été ouvert dès la création de la station du chemin de fer, dénommée station du Bois-d^ Boulogne ; mais le boulevard est resté fort longtemps en lacune, aux abords de rimpasse (lolhenet, ce qui réduisait également ces deux sections du côté pair du boulevard Fiandrin à l'état d'impasses. Il sera bientôt achevé, puisque le conseil municipal de Paris a, par délibération du 11 avril 100(), autorisélc préfet (le la Seine à ac(iuérir, moyennant 100.000 francs, la partie de l'inimeuble sis impasse (^othenet, n** \± his, d'une superficie de 480 mètres carrés, nécessaire pour compléter, sur ce point, l'ouverture du boulevard Fiandrin.'

Le nom actuel de ce boulevard lui a été donné par décret du 2 octobre 18(w, en Thonneur d'ilippolyte Fiandrin (1809-186^1), peintre d'histoire, élève d'Ingres, grand prix de Home en 18.*^. On lui doit la vaste frise de Saint- Vincent de Paul, les peintures murales du château du duc de Luynes, à lUuupierre, et de l'église Saint-llermain-des-Prés. Un monument lui a été élevé dans cette église : «» A Uippolyte Fiandrin, ses amis, ses élèves, ses admirateurs : — enlevé prématurément aux arts qu'il honorait par son caractère et son talent. »

Los glacières «lu btus de ni>ulogne si>nt établies sur le cùté impair du boulevard Fiandrin, près de l'angle de la rue Dufrénoy. Barthélémy Saint- Hilairo . IS<»:MS*>:; . philosophe et helléniste ;2 , traducteur d'Aristote et de Vliî'iiic, se rclaire gênerai île la présidence de M. Thiers, sénateur, que la S.> icte historiiiue d Auleuil et de Pa^sy s honorait de compter parmi ses m-ml»re<, lialntait, au boulevard Fiandrin, l'hôtel portant le n^' 14.

lu le rel du :^ nvuembre IS^ti auli>risa la Ville de Paris à acquérir de MNl. i!i-r\ et iMival la propriété d une partie du chemin ouvert par eux sur '►^•.ir^ •.'•:Taiu< pour établir une communication entre Favenued^Eylau (avenue V- '. r H ;j^ et le boulexard latéral au chemin de fer d'Auteuil. Cette acqvii- - v . •; :; :aiI'^ en Iv»:. p,ir contrai notarié des 10 et iO mars: la nou- X-' -- » .:. :\ •.,: M miîie> iic lari^ieur, fut nommée rue du Puiis-Ariésien », - : . N >;::.,;- i; p.:it> ar-oicn, fore de ISV» à IStl'i, au square Laraar- .-- \ . > '.v,>. - -to r :e î ;î ;'r^^î*»:uee i ar la Ville jumiu au boulevard l.annes.

•> :o \» ni^r lia infnt* rai -Appert a \ \..:o '^.>;;-='-mînê< esl île i\ mètres.

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