M»» DE MOTTEVILLE
Après la mort d'Anne d'Autriche (1666), M'"*" de Motteville (Françoise Bertaut), sa confidente intime et son amie la plus fidèle, vint se retirer au cou- Tent de la Visitation de (Chaillot. pour lequel elle avait beaucoup obtenu de la générosité de la reine mère (4). De puissants motifs lui avaient fait choisir cette maison ; elle y retrouvait la reine d'Angleterre, Henriette de France, qui lui avait toujours témoigné la confiance la plus absolue et à laquelle elle avait suggéré rétablissement du nouveau monastère. D'autre part* sa S(Fur cadette, Madeleine-Eugénie Bertaut, qu'on avait surnommée Socratine. à cause de sagesse, avait quitté la cour le 14 août 1650 pour entrer au couvent des Filles de Sainte-Marie de la rue Saint- Antoine, puis était venue à celui de (Chaillot dès sa fondation et y avait fait profession. Animée par l'exemple de sa siFur, M""' de Motteville avait pris le parti de s'y retirer le plus fréquemment possible, mais néanmoins sans y contracter aucun engagement. Malgré le titre mérité de bienfaitrice séculière que lui avait donné les religieuses. ne voulant pas être à leur charge, elle leur avait fait don d'une certaine somme d'argent et s'était, en outre, engagée à leur servir une pension viagère qu'elle paya toujours très exactement.
Elle écrivit, dans le calme de la retraite qu'elle avait adoptée, plusieurs traités sur la religion et
(il Marie-Tliôrèsi' xennil souvent à la Visitation «le Chflilldt. pour y plfunT, loin <li*s ri'jjanls de Ia rour. les frùiileurs et les inli«iélilés de I^ouis XIV.
i'j) Voir les Heines rfii Monde^ article I.a Vallière, pnr Arsène lloussave.
(3i I^ ri'ïjjle austère qui régissait les Carnièlitcs lui avait fait préférer cet ordre à tout autre.
<^) .\nnc d'Autriche !»*éiait retirée de temps en lcii)|>*< à la Visitation de (Ilinîllol pour uuldier les Ira cas et le» souci» du la régence.
s'occupa surtout à revoir et ft retoucher ses Mémoires pour seruir à l'histoire dÀnne d'Autriche, ouvrage certainement inférieur par le style aux mémoires du cardinal de Retz^ mais aussi intéressant par le fond, pour qui veut bien connaître Thistoire des troubles de la Fronde et de la jeunesse de Louis XIV. M™« de Motteville mourut le 29 décembre 1689, âgée d*environ soixante-huit ans. Sa sœur était morte supérieure du monastère, en 1673.