XIV. Frodoard et ses écrits
En France, Flodoard ou Frodoard mourut l'an neuf cent soixante-six , et l'église gallicane perdit en lui son plus grand ornement pour ce siècle. Il naquit vers l'an huit cent quatre-vingt-quatorze, à Epernaysur Marne, fut instruit dans l'école de Reims par les disciples de Rémy et d'Hubaiild , dont j'ai parlé en leur lieu , et fut chanoine de Reims et curé de Cormicy (1). Il alla à Rome vers l'an neuf cent trente-six , et le pape Léon Y II lui donna des marques particulières d'estime. Comme Flodoard n'approuvoit pas l'intrusion du jeune Hugues dans le siège de Reims, il fut maltraité, et même retenu quelque temps comme prisonnier chez les chanoines de Reims par le comte Hébert. Au contraire, il fut toujours attaché à Tarchevéque Artaud, assista avec lui au concile de Verdun en neuf cent quarante-sept, et eut part à l'élection d'Odalric en neuf cent soixant-deux.
Il avoit été élu lui-même évéque de Noyon , mais il fut obligé de céder à Foucher, doyen de Saint-Médard, comme il parott par une lettre d'Adaldague, archevêque de Brème. Frodoard vécut soixante- treize ans , et mourut l'an neuf cent soixante-six, le vingt-huit de mars, aussi estimé pour sa pureté et ses autres vertus que pour sa doctrine.
Ses écrits imprimés sont son histoire et sa chronique; l'histoire de l'église de Reims , divisée en quatre livres , en comprend toute la suite depuis la fondation jusqu'au temps de l'auteur, qui l'a tirée de ses archives dont il étoit gardien , des actes des martyrs et des autres sainis , des actes des conciles , des lettres des papes et des autres pièces originales ; elle
(1) £k)«. S«e. 5,BeBed. p. 325. Sup. l. LV,n. i, d. U.
est dédiée à un évêque que Von croit être Raoul de Laon. La chronique comprend tout ce qui s'est passé de plus mémorable de son temps en France et dans les pays voisins, rangé par années; elle commenroit h l'an neuf cent dix-sept, et finissoit en neuf cent soixante cinq ; mais nous ne l'avons que depuis neuf cent dixneuf, avec une continuation jusqu'en neuf cent soixante-dix-huit. Frodoard avoit écrit en vers des histoires des saints , qui se trouvent manuscrites, et dont on a donné, il y a quelques années , ce qui regarde les papes depuis Grégoire II jusqu'à Léon VII (1).