‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1111 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-SEPTIEME

biens de cette abbaye dissipés par des concessions libellaliques , ou par les usurpations des seigneurs voisins; en sorte que les moines étoient réduits à la mendicité. Il se plaint entre autres de Pierre, évêque de Pavie, qui pilloit les biens de l'abbaye, en même temps qu'il disoit du bien de l'abbé à l'empereur, dont il étoit chancelier. Toutefois , cet évêque , étant devenu pape sous le nom de Jean XIV, il lui porta aussi ses plaintes (1).

Après la mort d'Othon III , voyant que l'Italie étoit sans maître, et qu'il falloit, ou se soumettre à une honteuse servitude sous plusieurs petits tyrans , ou lever des troupes, fortifier des places et faire la guerre ; il quitta le pays sans renoncer à son abbaye , où il laissa la plupart de ses meubles , et vint en France se retirer à Reims près l'archevêque Adalbéron. Il étoil toujours attaché à l'empereur Othon III , à sa mère Théophanie et son aïeule Adélaïde , et il aidoit l'archevêque à soutenir les intérêts du jeune empereur contre les entreprises de Henri, duc de Bavière, et de Ix)thaire , roi de France , comme l'on voit par les lettres qu'il écrivoit, partie en son nom, partie au nom d' Adalbéron, à Norger, évêque de Liège, à Thierry , évêque de Metz, à Egbert , archevêque de Trêves, à Villise , archevêque de Mayence , et à d'autres (2).

Au milieu de tant d'affaires, il ne laissoit pas de cultiver les sciences. Il gouvernoit l'école de Reims , et le jeune Robert , depuis roi , fils de Hugues-Capet , y fut envoyé par sa mère pour étudier sous un si grand maître (3). II amassoit des livres de tous côtés, et travailloit depuis long-temps à faire une bibliothèque. A Rome et dans le reste de l'Italie , dans la Germanie et dans la Belgique, où il se trou voit alors , il employoit beaucoup d'argent à payer des écrivains , et à acheter des exemplaires des bons auteurs avec l'aide de ses amis. Les auteurs qu'il nomme en diverses lettres sont Pline, Eugraphius, Jules -César, Suétone, Q. Aurélius, Cicèron, Victorin le rhéteur, Stace , Claudien , la dialectique et l'astrologie de Boëce, Manilius, un Espagnol nommé Joseph, qui avoit écrit de l'arithmétique, un médecin nommé Démosthène, touchant les maladies des yeux. Il avoit lui-même composé un livre de rhétorique, et faisoit des sphères de sa main , ce qu'il marque comme un grand ouvrage. Il entendoit aussi la médecine (4).

Entre les lettres de Gerbert , on en trouve une écrite au nom de l'archevêque Adalbéron à l'impératrice, où il lui demande un évêché pour Gerbert , comme serviteur très-fidèle de cette princesse. Cette lettre fait juger que Gerbert n'étoit pas sans prétention ; et dans une autre il dit expressément qu' Adalbéron l'a voit

(1) Tom.9,Conc. p. 734. (3) Conc. Rom. c. 27, t. Gerb. Ep. i bis. ô, Conc. p. 77.

(S) To. 9, p. 735.

(1) P. 738. 2, Analect. 241.

(i) Gerb. Episl. 152. (3; Sup. 1. LVI, n. 5.

Chr. Virdun. p. 173. Glab. (4) Sup. I. xxxvn,n. 8.

I, c. 4. Chron. Aurillac. to. Gerb. Episl. 83.

(1) Episl. 1, 2, 3, 4,5, 14, 23.

(2) Ëp. 0 bis, 35, 20, 33, 52, etc.

(3) Helgald vita Rob.

init.

(4) Ep, 24, 44, 72, 7, 4, 8, 17,25, 40,90,113, 130, 148,92,134,17.

HliSTOlAE bt CHRISTIANtSME.

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