‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1149 sur 2407 · LVIII. Eglise d'Espagne · texte numérisé non relu

LVIII. Eglise d'Espagne

En Espagne, Bermond H gouvernoit le royaume de Léon depuis l'an neuf cent quatrevingt-deux (3). 11 fit arrêter sans sujet Goudeste, évéque d'Oviédo, et le tint en prison trois ans; mais on attribua à cette injustice une grande sécheresse qui survint, et qui attira la famine; le roi en étant touché délivra levêque, et la pluie vint aussitôt. Bermond écoula aussi les rapports de trois serfs de l'église de Compostelle, qui accusèrent leur évéque Athaulfc d'un crime abominable. Le roi le fit exposer à un taureau furieux, mais on dit qu'il laissa ses cornes entre les mains de révêque. Ce roi quitta sa f(*mme légitime pour en épouser une autre, et, de plus, enlretenoit deux concubines qui étoient sœurs.

On regarda comme la punition de tous ces péchés l irruption des Arabes dans ses états, sous la conduite de Mahomet Almansor, premier ministre d'issem, prince fainéant qui régnoit à Cordoue. Almansor étoit accompagné de quelques comtes, que le roi Bermond avoit exilés. Sur la nouvelle de sa marche, on enleva les reliques de Ltim et d'Astorga, et même les corps des rois qui y étoient enterrés, pour les mettre en sûreté. Almansor assiégea Léon près d'un an, la prit et en abattit les portes et les tours. 11 prit aussi Astorga et plusieurs autres villes, enleva tous les trésors des églises, et pilla entre autres celle de Saint- Jacques. Entin pendant douze ans qu'il fit la guerre aux chrétiens, il les mit plus bas qu'ils n'avoient été depuis le temps du roi Rodrigue et l'entrée des Arabes. Toutefois, à la fin Bermond , roi de Léon , secouru par Garcia le Irembleur, roi de Navarre, et Garcia Fernandès, comte de Caslille, gagna contre les Arabes une grande victoire , dont Almansor mourut de regret l'an de l'hégire trois cent quatre-

vingt-treize, de J.-C. mille trois. Le roi Bermond 11 mourut de la goutte après l'an mil, laissant pour successeur son fils Alphonse V, âgé de cinq ans, qui en régna vingt-neuf (1). Du temps de Bermond 11, l'évêque de Léon étoit Froïlan, illustre par sa sainteté 2). 11 na quit à Lugo en Galice, où sa mère Froïla est honorée comme sainte. Dès l'âge de dix-huit ans, il embrassa la vie monastique, et quelques années après il se retira dans un désert; mais

Î)lusieurs disciples s'étant attachés à lui, il bnda un monastère, où saint Attilan fut prieur sous lui. Celui-ci, néàTarngone, de parents nobles, vers lan neuf cent trente-neuf, les quitta dès l'âge de quinze ans, pour entrer dans un monastère, d'où il sortit quelque temps après attiré par la réputation de saint Froïlan. Le roi Ramir 111 fit venir Froïlan à Ijéon, et lui donna beaucoup d argent, avec permission de choisir tel lieu qu'il lui plairoit de son royaume, pour y bâtir un monastère, où l'on priât Dieu |iour la tranquillité de l'état, qui n'étolt pas moins troublé au dedans par les chrétien» rebelles, que par les infidèles au dehors. Froïlan fonda donc le monastère de Tabare, puis celui de Morcruèle, où il assembla au moins deux cents moines et en rétablit plusieurs autres.

L'évêque de Léon étant mort , le roi Bermond II lui donna Froïlan pour successeur malgré sa résistance ; il gouverna ce siège environ sei^e ans, et mourut Tan mil six, le troisième d'octobre, jour auquel l'Espagne 1 honore ccjtnme saint. En ce même temps où saint Ffoïlan fut fait évéque de Léon, saint Attilan, son disciple, le fut de Zamora, et on dit qu'ils furent sacrés ensemble le jour de la Pentecôte. Attilan quitta son siège au bout de dix ans, et alla en pèlerinage par esprit de pénitence; deux ans après il revint, gouverna son église encore huit ans, et mourut le cinquième d'octobre mil neuf, âgé de soixante dix ans. Il est honoré comme saint par toute lEglise (3).

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