‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1199 sur 2407 · Vila S. Henri. Vila S · texte numérisé non relu

Vila S. Henri. Vila S

^uneg. 3 niari. Boll. lo. o,

TOMK IV.

(5j Chr. Cass. lib. n , c.

iO. Ap. Dar. an. loii, lo- «, Conc. p. bia. Sup. 1.

LVl;n. 1.

r semble copiée sur celle d'Othon P% et on y voit, comme dans les précédentes, la réserve de la souveraineté de l'empereur. Celle dernière est souscrite par l'empereur Henri, puis par douze évc^jnes , tous d'Allemagne , dont les premiers sont Archambaud de Mayence, Héribert de Cologne, Poppon de Trêves, Thierry de Metz , Ebérard de Bamberg , puis trois abbés et plusieurs seigneurs. Le pape s'en retourna à Rome chargé de présents.

XL VU. Concile de Pavie.

On peut croire aussi que le pape fit confirmer en cette occasion un concile tenu à Pavie le premier jour d'août , où il avoit présidé (1). Les actes qui nous en restent commencent par un grand discours , où il se plaint que la vie licencieuse du clergé déshonore l'Eglise, et qu'ils dissipent les grands biens qu'elle a reçus de la libéralité des princes, les employant à entretenir publiquement des femmes et à enrichir leurs enfants. Il montre ensuite que les clercs sont obligés à la continence par le canon de Nicée, qui leur défend de loger avec des femmes , et par les décrélales de saint Sirice et de saint Léon, dont le dernier défend le mariage, même aux sous-diacres. Après avoir ainsi établi , en général, que tous les enfants des clercs nés depuis leur engagement sont illégitimes , il vient à ceux qu'un clerc, né serf de l'église, avoit eus d'une femme libre. On prétendoit que ces enfants étoient libres , suivant la règle de droit, que hors le mariage légitime l'enfant suit la condition de la mère ; mais le pape soutient que cette règle ne doit s'appliquer qu'aux enfants des laïques : premièrement , parce que les laïques qui ont fait cette loi nont aucun pouvoir de régler les droits de l'Eglise; ensuite parce qu'ils n'ont pu, en la faisant, avoir en vue les enfants des clercs , puisque les clercs ne doivent point avoir d'enfanls. Les clercs concubinaires objectoient ce passage de saint Paul (2) : Que chacun ait sa femme pour éviter la fornication; mais le pape répond que l'apôtre ne parle que des laïques, et que c'est Ihérésie de Jovinien de l'appliquer indifféremment à lout le monde. Il allègue une loi de Justinien, qui , en certains cas, déclaroit serfs les enfants des serfs, quoique nés de femmes libres, et se plaint hautement des juges, qui jugeoient suivant la maxime ordinaire.

Après cette préface, est le décret du pape divisé en sept articles (3). Il renouvelle la défense d'avoir ni femme ni concubine , et semble l'étendre à tous les clercs, sans exception. Il déclare que les enfants des clercs sont serfs de l'église en laquelle servent leurs pères, quoique leurs mères soient libres, et prononce aiia-

(1) To. y, Conc. p. 81'J Sup.liv. xviu, n. 3ôj XXVI,

^•2j 1 Cor. vu, -2.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

thème contre le juîïo qui les déclarera libres. Aucun sert' de 1 église , ou clerc laïque , ne pourra faire aucune acquisition sous le nom d'un homme libre, sous peine de fouet et de prison , jusqu à ce que l église ait retiré tous les titres de l'acquisition. L'homme libre, qui a prêté son nom , donnera à l'église ses sûretés, sous peine d'être traité comme sacrilège, et le juge ou le tabellion, qui aura reçu le contrat, sera frappé d analhème. Ce décret est souscrit par sept évèques , dont les premiers sont le pape Benoît, Aribert, archevêque de Milan , et Kaynakl, é\êque de Pavie.

L'empereur Henri , à la prière du pape, confirma ce décret, comme il étoit nécessaire, puisqu'il regardoit le temporel, et ût une ordonnance de sept articles conformes à ceux du décret. Elle porte confiscation de biens et exil contre les juges qui déclareront libres les enfants des clercs; et contre les mères, la peine du fouet et de l'exil , fiour ôter l'occasion du mal. Enfin, sur chaque article, elle joint les peines temporelles aux spirituelles (1).

XL VIII. L'empereur se réconcilie avec saint Iléribert.

Uempereur Henri étoit irrité depuis longtemps contre Héribert , archevêque dtî Cologne, qui n'avoit pas assisté à son élection , étant occupé aux funérailles de l'empereur Olhon, et avoit tardé à lui apporter les ornements unperiaux , et l'on avoit persuadé à Henri que l archevêque vouloit un autre empereur (-2). Au commencement de l'an mil vingt-un, l'empereur assiégea le comte Othon dans son château d Flamerstein , prés de Coblenlz, parce qu il pilloit les terres de l'église de Mayence, en haine de l'archevêque, qui Tavoit excommunié dans un concile pour un mariage illicUe. L'empereur, étant donc à ce siège, manda à rarchevêque de Cologne de venir le trouver avec ses troupes. Héribert, étant malade d'une grosse fièvre, ne put y venir, et l'empereur, croyant que c'étoit un prétexte , dit en colère : Eh bien î puisqu il est malade, j'irai le visiter. En effet, sitôt qu'il eut soumis le comte, il marcha vers Cologne, et les ennemis de l'archevêque ne manquoient pas de l'échauffer encore contre lui.

Quand il y fut entré l'archevêque le reçut avec l honneur convenable , et la nuit suivante l'empereur vit en songe un homme vénérable, revêtu d ornements pontificaux, qui lui dit : Prends garde , empereur, de rien faire contre mon confrère Héribert ; sache que c'est un homme agréable à Di(^u , et que , si tu l'offenses, tu en porteras infailliblement la peine. Le matin , l'empereur envoya quérir l'archevêque, qui se présenta les yeux baignés de

( An de J.-C. lOîL

larmes, voulant se plaindre de ce qu'il étoit irrité contre lui sans sujet ; mais l'empereur, se levant de son siège, courut l'embrasser, et, pour le remettre de son étonnement, il lui dit : J'avoue, mon père, que, depuis que je suis venu à la couronne , je me suis prévenu d'aversion contre vous , et ne vous ai pas fait justice; mais le ciel se déclare pour vous, et Dieu m'a fîiit connoitre que vous êtes au nombre de ses élus. Avant ainsi parlé, il l'embrassa encore jusqu'à trois fois, et le fit asseoir auprès de lui ; mais, non content de cette satisfaction, la nuit suivante, après matines, il prit un clerc avec lui , et alla à la chambre du prélat. H ne l'y trouva pas; il étoit en prières , suivant sa coutume, dans un oratoire de Saint-Jean, là proche. L'empereur ùta son manteau et se prosterna à ses pieds, le priant de lui remettre par sa puissance sacerdotale tous les pèches qu'il avoit commis contre lui. L'archevêque releva l'empereur, et lui donna l'absolution qu'il demandoit ; puis il lui dit en secret : Sachez qu'après votre départ nous ne nous verrons plus en ce monde. L'empereur, attendri de cette prédiction , l'embrassii de nouveau en pleurant, et lui baisa les yeux et les mains. Saint :Meinverc, évêque de Paderborn, étoit à Cologne avec l'empereur lors de cette réconciliation, et il exhorta le prince à réparer par (|uelque aumône l'injure qu'il avoit laitr au saint archevêque; c'est inmrquoi l'empereurdonna une terre en Westphalie au nouveau monastère de Paderborn. Saint Héribert mourut en effet le seizième de mars , la même année mil vingt-un, et fut assisté à la mort par Elie , abbé de Saint-IMartin de Cologne , Ecossoisde natiou , et compté aussi entre les saints. Saint Héribert fut enterré au monastère de Huit, qu'il avoit fondé. L'Eglise honore sa mémoire le jour de sa mort. H avoit rempli le siège de Cologne vingt-deux ans , et eut pour successeur Pilegrim, chapelain de l'empereur, qui le tint quinze ans (l).

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