‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 124 sur 2407 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

(4) Contin. 2, Fredog. c.

(5) Coint. an 732,

(O; Acl.SS.Bca. t. 3, p.

Les barbares, irrités de ce que les moines leur etoient échappés avec ce qu'ils avoient de plus précieux , voulurent obliger Fabbé à les découvrir ; et comme il le refusa, ils le chargèrent de coups, et le laissèrent demi-mort. Le lendemain, qui étoit leur grande fête, ils se préparoient à faire un sacrifice, le saint abbé ramassa ses forces , et s'approcha d'eux pour leur faire des reproches de leur impiété. Ils en furent d'autant plus surpris, qu'ils le croy oient mort ; et celui qui présidoit au sacrifice lui jeta à la tête une grosse pierre, dont il le blessa mortellement. Après que les Sarrasins se furent retirés, les moines le trouvèrent étendu parterre, et le portèrent dans sa cellule, ou il vécut encore six ou sept jours. Il est honoré comme martyr le dix-neuvième d'octobre, et connu du peuple sous le nom de saint Chafre (1). On rapp(»rte sa mort à l'an sept cent vingt-huit, et à une des premières irruptions des Sarrasins.

Mais on rapporte à celle de l'an sept cent trente-un le martyre de saint Porcaire , abbé de Lérins (2). C'étoit le second du nom, car le premier, dont saint Césaire d'Arles fut disciple, vivoit deux cents ans auparavant. Celui-ci gouvernoit au moins cinq cents moines quand les Sarrasins, après avoir pris Arles et défait les François, se répandirent dans la province voisine. Saint Porcaire, ayant eu révélation de la ruine de son monastère, exhorta ses disciples à souffrir constamment les tourments (3). Il cacha les reliques de son église, fit embarquer seize enfants et trentesix jeunes moines, et les envoya en Italie. Voyant deux de ses moines, Colomb et Eleuthère, plus épouvantés que les autres, il les fit cacher dans une grotte sur le bord de la mer. Les autres demeurèrent auprès de lui, et se préparèrent à la mort par la prière et la sainte communion.

Les Sarrasins, trouvant l'île sans défense y entrèrent aisément. Ils firent prisonniers les cinq cents moines, séparèrent les vieillards , et les tourmentèrent les premiers pour intimider les autres, à qui ils faisoient de grandes promesses s'ils vouloient embrasser leur religion. Mais, les trouvant fermes, ils les firent tous mourir en diverses manières ; et en gardèrent seulement quatre jeunes, forts et bienfaits qu'ils enfermèrent dans le vaisseau de leur capitaine. Colomb, condamnant sa timidité sortit de la grotte , et fut aussitôt tué avec les autres. Les Sarrasins, ayant abattu les églises et rasé tous les bâtiments, s'embarquèrent et arrivèrent à Agat en Provence, où les quatre moines, ayant trouvé moyen de descendre du vaisseau, se sauvèrent par les bois, et arrivèrent à Arluc pendant la nuit. Y ayant trouvé une barque, ils repassèrent à Lérins ; et le ma-

(1) Mart.Ben.

(2) Ad. SS. Ben. t. 3, p.

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